Porter le ruban blanc...du mensonge

Mis en ligne le 27 novembre 2009


Le Ruban blanc et les chiffres de la « violence faite par les hommes aux femmes »

 

Le Ruban blanc (The White Ribbon Campaign), dont le siège social est à Toronto  (http://www.whiteribbon.ca/francais/violence/), intervient à chaque année pour dire «ce que chaque homme peut faire pour mettre fin à la violence faite par les hommes aux femmes».

 

Pour appuyer son plaidoyer, cet organisme cite encore et toujours, avec une régularité qui ne se dément pas dans la totalité des groupes de pression d’allégeance féministe, les chiffres de la même vieille enquête de Statistique Canada de 1993, soit l'Enquête sur la violence envers les femmes (EVEF). La complète conformité de l’approche du Ruban blanc aux tactiques employées par les groupes de pression féministes signifie que ce sont probablement les groupes féministes qui contrôlent réellement l'organisme du Ruban blanc et que celui-ci n’est qu’un paravent servant a diffuser la propagande du lobby féministe, car le discours des gars du Ruban blanc est un copier-coller absolument conforme du vieux discours féministe pétrifié et momifié, inchangé depuis plus de trente ans. Les gars du Ruban blanc sont incapables de faire preuve de la moindre originalité.

 

L’imitation est poussée si loin que les gars du Ruban blanc omettent toujours, comme les plus malhonnêtes des féministes, de mentionner que tous les chiffres qu'ils citent dans leur texte sont des taux de prévalence à vie, alors que la façon dont ils les présentent peuvent laisser croire qu'il s'agit de taux de prévalence annuelle (ce qui refléterait alors une situation tout à fait dramatique). Aux yeux des hommes du Ruban blanc, s’il est inacceptable de dénigrer les femmes (car dénigrer les femmes est défini comme de la violence psychologique), il semble qu'il soit par contre parfaitement acceptable et légitime de dénigrer les hommes en citant des chiffres présentés de manière trompeuse sur l'ampleur de la «violence faite par les hommes aux femmes», car les définitions opérationnelles de ces «violences» dans l’Enquête sur la violence envers les femmes sont dans certains cas nettement plus larges que celles du Code criminel canadien, ce que les gars du ruban blanc «oublient» opportunément de mentionner. Ce qui est laisse planer un doute sérieux sur leurs bonnes intentions et qui risque d'entacher durablement leur crédibilité.

 

Mais il y a pire encore. Les bons gars du Ruban blanc mentent par omission (ce qui est une forme particulièrement subtile et insidieuse du mensonge et qui laisse croire qu’il peut s’agir de la mise en oeuvre d'une stratégie élaborée en vue d'induire la population en erreur) en évitant soigneusement et systématiquement de citer les chiffres des Enquêtes sociales générales (ESG) plus récentes menées en 1999 et en 2004 par Statistique Canada sur la victimisation subie par les hommes et les femmes.

 

Ces deux enquêtes plus récentes de Statistique Canada reflètent plus fidèlement la situation actuelle de la victimisation. Pourquoi insister pour parler uniquement des chiffres plus anciens, ce qui a tout à fait l’apparence d’une opération de basse propagande? De plus, ces deux enquêtes plus récentes ont mesuré la victimisation subie par les hommes et les femmes, (ce qui permet de comparer la situation des hommes et des femmes) alors que l'enquête de 1993 n'a mesuré que la victimisation subie par les femmes. 

 

C'est un procédé particulièrement malhonnête de citer des chiffres alarmistes sur la victimisation subie par les femmes, alors que cette enquête a été conçue de manière à éviter d'avoir les chiffres correspondants chez les hommes, pour être mieux en mesure de les culpabiliser. On a l’impression des vieux trucs employés par les anciens curés qui ne manquaient aucune occasion de culpabiliser leurs ouailles pour les maintenir dans la soumission à l’Église. À défaut d’un point de comparaison, il est facile dans un tel cas de dire n'importe quoi aux chiffres, ce dont les gars du Ruban blanc ne se privent pas. 

 

Les bons gars du Ruban blanc dont le siège social est situé à Toronto, devraient être familiers avec cet aspect problématique de l'enquête qu'ils citent, car la publication des résultats de l'Enquête sur la violence envers les femmes de 1993 a donné lieu en à une virulente polémique au cours de laquelle plusieurs chercheurs ont dénoncé dans les journaux de Toronto les nombreux biais méthodologiques que comportait cette enquête. Il serait trop long d’exposer ces biais en détail, mais les lecteurs intéressés peuvent se référer à l’ouvrage de John Fekete, intitulé Moral Panic : Biopolitics Rising, dont la lecture est fortement conseillée à tous ceux qui veulent comprendre les origines de la psychose victimaire créée de toute pièce par les groupes de pression féministes au Canada. Statistique Canada a été incapable de fournir un semblant de justification à ces multiples biais méthodologique et l’EVEF n’a jamais été reconduite. Le module sur la violence conjugale élaboré pour l’EVEF a été intégré par la suite au questionnaire de l’Enquête sociale générale (ESG). 

 

Ce tollé de protestations a amené Statistique Canada à mesurer dans ses enquêtes ultérieures tant la victimisation subie par les hommes que celle subie par les femmes. L'Enquête sociale générale (ESG) de 1999 et celle de 2004 montrent que les hommes subissent de la victimisation criminelle (toutes formes confondues) en proportion plus grande que les femmes. Mais les bons gars du Ruban blanc prennent un grand soin d'éviter de mentionner ces chiffres plus actuels, ce qu'ils feraient s'ils étaient aussi honnêtes et aussi bien intentionnés qu’ils le prétendent. Est-ce que les si bons gars du Ruban blanc ne trouvent rien à redire contre la violence criminelle (toutes formes confondues) subie par les hommes?

 

Pire encore, Ils évitent également avec soin de mentionner que le taux sur cinq ans de la prévalence de la violence conjugale subie par les hommes est «similaire», selon les termes mêmes de Statistique Canada, à celui de la violence conjugale subie par les femmes. Il s'agit de la violence conjugale physique (incluant les agressions sexuelles) subie par les hommes et les femmes de la part du conjoint actuel ou d'un ex-conjoint.

 

Ils évitent tout aussi soigneusement de mentionner que les taux de violence psychologique rapportés par les hommes et les femmes (ces taux sont mesurés au moyen de sept énoncés ayant trait à des conduites contrôlantes exercées par le conjoint actuel ou un ex-conjoint; par exemple, «le conjoint est jaloux», ou «la conjointe est jalouse») sont similaires chez les hommes et les femmes. Les hommes du Ruban blanc peuvent être assurés d'une chose: il y a bien des femmes au Canada qui n'hésitent pas à suivre leur exemple et trouver le moyen de dénigrer de manière incessante leur conjoint, en les accablant de tous les défauts du monde. Pourquoi les bons gars du Ruban blanc ne trouvent-ils rien à redire à la violence psychologique exercée par les femmes? Ou à la violence psychologique de masse commise par les groupes de pression féministes qui fabriquent et diffusent des fausses statistiques hostiles aux hommes?

 

Cette violence psychologique va bien souvent au-delà des formes de violence mesurées dans les enquêtes de Statistique Canada, quand des femmes dominées par le ressentiment entreprennent de détruire auprès de ses enfants la réputation du conjoint qu’elles viennent de quitter ou quand elles tentent d’empêcher tout contact entre un père et ses enfants. Comment se fait-il que ces formes de violence pourtant courantes envers les pères (et leurs enfants) ne soient jamais dénoncées, ni même mentionnées par des groupes comme les gars du Ruban blanc? Que ces formes de violence psychologiques ne sont jamais mesurées dans les enquêtes?  Elles sont pourtant bien réelles.

 

Pire encore. Les si bons gars du Ruban blanc ont la malhonnêteté de présenter ces chiffres qui datent du printemps 1993 (soit il y a près de 17 ans) comme s'ils étaient toujours actuels et représentatifs de la réalité présente. Ce qui est un mensonge additionnel de leur part. Plusieurs études, dont une étude de Statistique Canada parrainée par toutes les ministres de la Condition féminine au gouvernement fédéral et dans les dix provinces, indiquent qu'il est survenu une baisse très importante des taux de prévalence de la violence conjugale au Canada et au Québec depuis 1993.  Il  vaut la peine d’examiner cela de plus près.

 

Dans le cas de la violence conjugale, les données de l’ESG de 1999 et celles de l’ESG de 2004 indiquent une baisse considérable des taux de prévalence de la violence conjugale par rapport aux données de l’EVEF de 1993. À titre d’exemple, le taux annuel de la prévalence de la violence conjugale subie par les femmes est passé de 3,4 % en 1993 à 1,8 % en 2004 au Canada, soit une diminution de 47 % au cours de la période. Au Québec, le taux correspondant est passé de 3,4 % en 1993 à 1,4 % en 2004, soit une diminution de près de 59 %. Tant qu’il ya aura un seul homme ou une seule femme victime de violence conjugale, ce sera encore une victime de trop. Mais, même les féministes les plus convaincues devraient être capables de reconnaître qu’il s’agit d’une baisse très substantielle de la prévalence de la violence conjugale.

 

La baisse est comparable si l’on mesure la prévalence sur cinq ans. Le taux de prévalence sur cinq ans de la violence conjugale subie par les femmes a diminué de 41 % entre 1993 et 2004 au Canada, passant de 10,5 % en 1993 à 5,7 % en 2004. Dans le cas du Québec, la diminution est de 46 %, passant de 9,6 % en 1993 à 4,2 % en 2004 (Source : Premier bilan de l’évolution de la prévalence et du taux de prévalence de la violence conjugale au Québec et au Canada entre 1993 et 2004, Institut de la statistique du Québec, [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf2007/Bref_fev_07.pdf).

 

Un article de Douglas Brownridge, professeur à l’université du Manitoba, publié en juillet 2008 dans le journal Violence Against Women (journal académique américain publié par des chercheuses féministes radicales), constate que le taux de prévalence sur cinq ans de la violence conjugale subie par les femmes mariées au Canada est passé de 6.8 % en 1993 à 3,0 % en 2004, soit une baisse de 56 % au cours de la période. Dans le cas des femmes vivant en union de fait, le taux de prévalence sur cinq ans est passé de 16,1 % en 1993 à 4,5 % en 2004, soit une baisse de 72 % entre 1993 et 2004 (Source : Douglas Brownridge, « The Elevated Risk for Violence Against Cohabiting Women: A Comparison of Three Nationally Representative Surveys of Canada », Violence Against Women, vol. 14, n° 7, 2008, tableau 1, p. 816).

 

Pourtant, les groupes de pression comme le Ruban blanc occultent ces progrès très substantiels en continuant de citer comme des moulins à prière tibétains les vieux chiffres de 1993. Ce qui entame sérieusement la crédibilité de leur démarche.

 

Au nom du principe de l’égalité des hommes et des femmes, L’après-rupture considère que la violence envers les hommes est tout aussi répréhensible et condamnable que la violence conjugale envers les femmes, que cette violence prenne la forme de l’agression physique ou qu’elle prenne la forme de l’agression psychologique.

 

Contrairement aux bons gars du Ruban blanc et contrairement aux groupes de pression féministes, L’après-rupture s’oppose non seulement à la violence envers les femmes, mais aussi à la violence envers les hommes qui ont les mêmes droits fondamentaux à la sécurité et à l’intégrité de leur personne que les femmes.

 

Enfin, contrairement aux bons gars du Ruban blanc et aux groupes de pression féministes, L’après-rupture s’oppose avec fermeté à la fabrication et à la diffusion de fausses statistiques sur la violence conjugale, à l’interprétation fallacieuse et à la manipulation tendancieuse des statistiques officielles sur cette question, en vue d’occulter la victimisation subie par les hommes de la part de leur conjointe ou d’une ex-conjointe.

 

Tant que des groupes de pression comme le Ruban blanc persisteront à tenter de manipuler l’opinion publique en présentant des chiffres dépassés sur la violence conjugale dans une perspective de culpabilisation et de diabolisation collective des hommes, L’après-rupture continuera à dénoncer cette désinformation.