Le Ruban blanc et les chiffres
de la « violence
faite par les hommes aux femmes »
Le Ruban
blanc (The White Ribbon Campaign), dont le siège social est
à Toronto (http://www.whiteribbon.ca/francais/violence/),
intervient à chaque année pour dire «ce que chaque
homme peut faire pour mettre
fin à la violence faite par les hommes aux femmes».
Pour
appuyer son plaidoyer, cet organisme cite encore et toujours, avec
une
régularité qui ne se dément pas dans la
totalité des groupes de pression d’allégeance
féministe, les chiffres de la même vieille enquête
de Statistique Canada de
1993, soit l'Enquête sur la violence envers les femmes (EVEF). La
complète
conformité de l’approche du Ruban blanc aux tactiques
employées par les groupes
de pression féministes signifie que ce sont probablement les
groupes féministes
qui contrôlent réellement l'organisme du Ruban blanc et
que celui-ci n’est
qu’un paravent servant a diffuser la propagande du lobby
féministe, car le
discours des gars du Ruban blanc est un copier-coller absolument
conforme du
vieux discours féministe pétrifié et
momifié, inchangé depuis plus de trente
ans. Les gars du Ruban blanc sont incapables de faire preuve de la
moindre
originalité.
L’imitation
est poussée si loin que les gars du Ruban blanc omettent toujours, comme les
plus malhonnêtes des féministes, de mentionner que
tous les chiffres
qu'ils citent dans leur texte sont des taux de prévalence
à
vie, alors que la façon dont ils les présentent
peuvent laisser
croire qu'il s'agit de taux de prévalence annuelle (ce qui
refléterait alors
une situation tout à fait dramatique). Aux yeux des hommes du
Ruban blanc, s’il
est inacceptable de dénigrer les femmes
(car dénigrer les femmes est
défini comme de la violence psychologique), il semble qu'il
soit par
contre parfaitement acceptable et légitime de dénigrer
les hommes en citant des
chiffres présentés de manière
trompeuse sur l'ampleur de la «violence
faite par les hommes aux femmes», car les définitions
opérationnelles de ces
«violences» dans l’Enquête sur la violence envers les
femmes sont dans certains
cas nettement plus larges que celles du Code criminel canadien, ce que
les gars
du ruban blanc «oublient» opportunément de
mentionner. Ce qui est laisse
planer un doute sérieux sur leurs bonnes intentions et qui
risque d'entacher
durablement leur crédibilité.
Mais il y
a pire encore. Les bons gars du Ruban blanc mentent par omission
(ce qui
est une forme particulièrement subtile et insidieuse
du mensonge et
qui laisse croire qu’il peut s’agir de la mise en oeuvre d'une
stratégie
élaborée en vue d'induire la population en erreur) en
évitant soigneusement et
systématiquement de citer les chiffres des Enquêtes
sociales générales (ESG) plus
récentes menées en 1999 et en 2004 par Statistique Canada
sur la victimisation
subie par les hommes et les femmes.
Ces deux
enquêtes plus récentes de Statistique Canada
reflètent plus fidèlement la
situation actuelle de la victimisation. Pourquoi insister pour parler
uniquement des chiffres plus anciens, ce qui a tout à fait
l’apparence d’une
opération de basse propagande? De plus, ces deux enquêtes
plus récentes ont
mesuré la victimisation subie par les hommes et les femmes, (ce
qui permet de
comparer la situation des hommes et des femmes) alors que
l'enquête de 1993 n'a
mesuré que la victimisation subie par les femmes.
C'est un
procédé particulièrement malhonnête de citer
des chiffres alarmistes sur la
victimisation subie par les femmes, alors que cette enquête
a été conçue
de manière à éviter d'avoir les chiffres
correspondants chez les hommes,
pour être mieux en mesure de les culpabiliser. On a l’impression
des vieux
trucs employés par les anciens curés qui ne manquaient
aucune occasion de
culpabiliser leurs ouailles pour les maintenir dans la soumission
à l’Église. À
défaut d’un point de comparaison, il est facile dans un tel cas
de dire n'importe
quoi aux chiffres, ce dont les gars du Ruban blanc ne se privent
pas.
Les bons gars du Ruban blanc dont le siège social est situé à Toronto, devraient être familiers avec cet aspect problématique de l'enquête qu'ils citent, car la publication des résultats de l'Enquête sur la violence envers les femmes de 1993 a donné lieu en à une virulente polémique au cours de laquelle plusieurs chercheurs ont dénoncé dans les journaux de Toronto les nombreux biais méthodologiques que comportait cette enquête. Il serait trop long d’exposer ces biais en détail, mais les lecteurs intéressés peuvent se référer à l’ouvrage de John Fekete, intitulé Moral Panic : Biopolitics Rising, dont la lecture est fortement conseillée à tous ceux qui veulent comprendre les origines de la psychose victimaire créée de toute pièce par les groupes de pression féministes au Canada. Statistique Canada a été incapable de fournir un semblant de justification à ces multiples biais méthodologique et l’EVEF n’a jamais été reconduite. Le module sur la violence conjugale élaboré pour l’EVEF a été intégré par la suite au questionnaire de l’Enquête sociale générale (ESG).
Ce tollé
de protestations a amené Statistique Canada à
mesurer dans ses enquêtes
ultérieures tant la victimisation subie par les
hommes que celle
subie par les femmes. L'Enquête sociale générale
(ESG) de 1999 et celle de
2004 montrent que les hommes subissent de la victimisation
criminelle (toutes
formes confondues) en proportion plus grande que
les femmes.
Mais les bons gars du Ruban blanc prennent un grand soin
d'éviter de
mentionner ces chiffres plus actuels, ce qu'ils feraient s'ils
étaient aussi
honnêtes et aussi bien intentionnés qu’ils le
prétendent. Est-ce que les si
bons gars du Ruban blanc ne trouvent rien à redire contre
la violence criminelle
(toutes formes confondues) subie par les hommes?
Pire
encore, Ils évitent également avec soin de mentionner que
le taux sur cinq ans
de la prévalence de la violence conjugale subie par les hommes
est «similaire»,
selon les termes mêmes de Statistique Canada, à celui de
la violence conjugale
subie par les femmes. Il s'agit de la violence conjugale physique
(incluant les
agressions sexuelles) subie par les hommes et les femmes de la part du
conjoint
actuel ou d'un ex-conjoint.
Ils
évitent tout aussi soigneusement de mentionner que les taux de
violence
psychologique rapportés par les hommes et les femmes (ces taux
sont mesurés au
moyen de sept énoncés ayant trait à des conduites
contrôlantes exercées par le
conjoint actuel ou un ex-conjoint; par exemple, «le conjoint est
jaloux», ou
«la conjointe est jalouse») sont similaires chez les hommes
et les femmes. Les
hommes du Ruban blanc peuvent être assurés d'une chose: il
y a bien des femmes
au Canada qui n'hésitent pas à suivre leur exemple et
trouver le moyen de
dénigrer de manière incessante leur conjoint, en les
accablant de tous les
défauts du monde. Pourquoi les bons gars du Ruban blanc ne
trouvent-ils rien à
redire à la violence psychologique exercée par les
femmes? Ou à la violence
psychologique de masse commise par les groupes de pression
féministes qui
fabriquent et diffusent des fausses statistiques hostiles aux hommes?
Cette
violence psychologique va bien souvent au-delà des formes de
violence mesurées
dans les enquêtes de Statistique Canada, quand des femmes
dominées par le
ressentiment entreprennent de détruire auprès de ses
enfants la réputation du
conjoint qu’elles viennent de quitter ou quand elles tentent
d’empêcher tout
contact entre un père et ses enfants. Comment se fait-il que ces
formes de
violence pourtant courantes envers les pères (et leurs enfants)
ne soient
jamais dénoncées, ni même mentionnées par
des groupes comme les gars du Ruban
blanc? Que ces formes de violence psychologiques ne sont jamais
mesurées dans
les enquêtes? Elles sont pourtant
bien
réelles.
Pire
encore. Les si bons gars du Ruban blanc ont la
malhonnêteté de présenter ces
chiffres qui datent du printemps 1993 (soit il y a près de
17 ans) comme
s'ils étaient toujours actuels et représentatifs de la
réalité présente. Ce qui
est un mensonge additionnel de leur part. Plusieurs études, dont
une étude de Statistique
Canada parrainée par toutes les ministres de la Condition
féminine au
gouvernement fédéral et dans les dix provinces,
indiquent qu'il est
survenu une baisse très importante des taux de prévalence
de la violence
conjugale au Canada et au Québec depuis 1993. Il vaut la peine d’examiner cela de plus
près.
Dans le cas
de la violence conjugale, les données de l’ESG de 1999 et celles
de l’ESG de
2004 indiquent une baisse considérable des taux de
prévalence de la violence
conjugale par rapport aux données de l’EVEF de 1993. À
titre d’exemple, le taux
annuel de la prévalence de la violence conjugale subie
par les femmes
est passé de 3,4 % en 1993 à 1,8 % en 2004 au
Canada, soit une
diminution de 47 % au cours de la période. Au
Québec, le taux
correspondant est passé de 3,4 % en 1993 à 1,4 % en
2004, soit une
diminution de près de 59 %. Tant qu’il ya aura un seul
homme ou une seule
femme victime de violence conjugale, ce sera encore une victime de
trop. Mais,
même les féministes les plus convaincues devraient
être capables de reconnaître
qu’il s’agit d’une baisse très substantielle de la
prévalence de la violence
conjugale.
La baisse
est comparable si l’on mesure la prévalence sur cinq ans. Le
taux de prévalence
sur cinq ans de la violence conjugale subie par les femmes a
diminué de
41 % entre 1993 et 2004 au Canada, passant de 10,5 % en 1993
à
5,7 % en 2004. Dans le cas du Québec, la diminution est de
46 %,
passant de 9,6 % en 1993 à 4,2 % en 2004
(Source : Premier
bilan de l’évolution de la prévalence et du taux de
prévalence de la violence
conjugale au Québec et au Canada entre 1993 et 2004,
Institut de la
statistique du Québec, [En ligne] : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf2007/Bref_fev_07.pdf).
Un article de Douglas Brownridge,
professeur à l’université du Manitoba, publié en
juillet 2008 dans le journal Violence
Against Women (journal académique américain
publié par des chercheuses
féministes radicales), constate que le taux de prévalence
sur cinq ans de
la violence conjugale subie par les femmes mariées au
Canada est passé
de 6.8 % en 1993 à 3,0 % en 2004, soit une baisse de
56 % au cours de
la période. Dans le cas des femmes vivant en union de fait,
le taux de
prévalence sur cinq ans est passé de 16,1 %
en 1993 à 4,5 % en
2004, soit une baisse de 72 % entre 1993 et 2004 (Source : Douglas
Brownridge, « The Elevated Risk for Violence Against
Cohabiting Women: A
Comparison of Three Nationally Representative Surveys of
Canada », Violence
Against Women, vol. 14, n° 7, 2008, tableau 1, p. 816).
Pourtant, les groupes de pression
comme le Ruban blanc occultent ces progrès très
substantiels en continuant de
citer comme des moulins à prière tibétains les
vieux chiffres de 1993. Ce qui
entame sérieusement la crédibilité de leur
démarche.
Au nom du principe de l’égalité
des hommes et des femmes, L’après-rupture considère que
la violence envers les
hommes est tout aussi répréhensible et condamnable que la
violence conjugale
envers les femmes, que cette violence prenne la forme de l’agression
physique
ou qu’elle prenne la forme de l’agression psychologique.
Contrairement aux bons gars du
Ruban blanc et contrairement aux groupes de pression féministes,
L’après-rupture
s’oppose non seulement à la violence envers les femmes, mais
aussi à la
violence envers les hommes qui ont les mêmes droits fondamentaux
à la sécurité
et à l’intégrité de leur personne que les femmes.
Enfin, contrairement aux bons
gars du Ruban blanc et aux groupes de pression féministes,
L’après-rupture s’oppose
avec fermeté à la fabrication et à la diffusion de
fausses statistiques sur la
violence conjugale, à l’interprétation fallacieuse et
à la manipulation
tendancieuse des statistiques officielles sur cette question, en vue
d’occulter
la victimisation subie par les hommes de la part de leur conjointe ou
d’une
ex-conjointe.
Tant que des groupes de pression comme
le Ruban blanc persisteront à tenter de manipuler l’opinion
publique en
présentant des chiffres dépassés sur la violence
conjugale dans une perspective
de culpabilisation et de diabolisation collective des hommes,
L’après-rupture
continuera à dénoncer cette désinformation.