| L'homme-phallus
(bis) Publié dans cyberpresse 27 janvier 2010 Mario Roy En ligne: http://blogues.cyberpresse.ca/edito/?p=2343 Des hommes, en particulier les masculinistes, considèrent comme un héros le tueur de Polytechnique, Marc Lépine… L’affirmation est épouvantable. La possibilité qu’un être humain, homme ou femme, puisse idéaliser ce jeune homme dont l’existence se résume à la perpétration d’un massacre est tout simplement répugnante. Pourtant, pourtant… L’idée n’a jamais cessé de circuler, comme une légende urbaine, et on la retrouve dans le film de Patric Jean, La Domination masculine (dont je traite en colonne éditoriale) : des hommes font de Marc Lépine un héros ! Qu’y a-t-il de certain à ce sujet ? Dans les faits, un homme, un seul, a été mis en accusation (en décembre dernier) en rapport avec des menaces de mort présumément liées à une forme d’idéalisation de Marc Lépine. Cet homme, Jean-Claude Rochefort, a été dénoncé à la police par Jean-Claude Boucher, président du regroupement masculiniste L’Après-Rupture. Ironiquement, une émission de la radio de Radio-Canada diffusait à peu près au même moment les propos de Mélissa Blais (co-auteure de l’ouvrage Le Mouvement masculiniste au Québec ) accusant L’Après-Rupture de se livrer à ce type «d’héroïsation du meurtrier» ! L’affaire était soumise à l’ombudsman de Radio-Canada, Julie Miville-Dechêne. Et un mois plus tard, celle-ci jugeait que l’émission Dimanche Magazine avait bel et bien diffusé des propos inexacts et lui demandait d’émettre un rectificatif (ce qui fut fait). Voilà l’état de la situation. En cherchant bien, trouvera-t-on encore des adorateurs de Marc Lépine sur le net ? C’est possible. On trouve de tout, y compris les pires ignominies, sur le net, qui est l’exact reflet de la nature humaine dans ce qu’elle a de meilleur et de pire… Commenter ce genre de choses est difficile parce que Polytechnique et ses suites remuent des sentiments qui sont, chez plusieurs (et c’est compréhensible), encore à vif. Essayons ici de demeurer respectueux, calmes et pondérés. |