Lettres au
Ministre de la famille


St-Pie, jeudi 3 août 2006

   Madame Carole Théberge
       Ministre de la Famille
       425, rue Saint-Amable
       4ième étage
       Québec
       Qc. Ca.
       G1R4Z1

      (ministre@mess.gouv.qc.ca)

       Objet : Consultation sur le financement des garderies
       Sujet : Quelques commentaires



Madame le ministre,

Lors de ma récente rencontre avec votre attaché politique Claude-Éric Gagné, j’ai appris que votre ministère prépare une consultation sur le financement des garderies et bien sûr, les décisions qui en découlent.

Comme l’organisme que je représente n’a pas les ressources financières pour préparer et présenter un mémoire important sur le sujet, permettez-moi de soumettre humblement quelques considérations, basées sur des contacts personnels et les contacts  des autres directeurs de points d’aide de l’Après-Rupture avec des centaines de familles, contacts étalés sur plusieurs années.

D’abord, il me semble bien que la vaste consultation populaire qu’avait menée le parti Québécois avant l’établissement de ce qu’il était convenu d’appeler les « garderies à  5$  pour tous », avait mené à un résultat majoritairement négatif face à l’universalité des garderies subventionnées.  Les familles et les gens ordinaires consultés semblaient avoir compris qu’il serait inéquitable que des impôts provenant de familles traditionnelles à un seul revenu qui choisissent d’assurer eux-mêmes la garde et l’éducation de LEURS enfants puissent servir à aider financièrement des familles à deux revenus et des familles souvent parmi les mieux nantis et quelques fois les moins dévoués à leur progéniture.

Peut-être ai-je mal perçu le but et le mode de votre consultation prochaine sur le financement des garderies, et je me demande si les familles utilisatrices des services seront consultées, mais surtout si les familles traditionnelles (un seul revenu, deux conjoints) qui constituent 25 à 35% des familles, et qui paient des impôts sans utiliser ces services, pourront se faire entendre.

Les garderies d’état et les garderies subventionnées ne sont pas un droit pour les parents.  Ils sont et doivent demeurer un privilège que l’état accorde à ceux qui veulent occuper des emplois, donc créer la richesse collective, et sont dans l’impossibilité d’assumer à plein temps la responsabilité de LEURS enfants.


Les garderies, particulièrement celles de l’état, nous paraissent un frein à la diversité idéologique de nos citoyens en emprisonnant, jusqu’à un certain point, nos tout-petits dans des moules d’éducation et de socialisation préfabriqués par les différents gouvernements, particulièrement par les temps qui courent où le respect des enfants mâles, quel que soit leur âge, est pour le moins discutable.


Toute la question des garderies ne doit pas être étudiée sans ses liens évidents avec le rapport entre emplois créateurs de richesses et emplois de service.  Les garderies permettent, certes,  d’augmenter et de faciliter l’accès aux emplois créateurs de richesse.  Cependant, les emplois de service nécessaires à la gestion, la création et l’opération des garderies sont un coût financier extraordinaire (nous nous acheminons vers les 2 milliards par an, à peu près 3% du budget national) et à un coût social qui reste à étudier. Bref, le gouvernement doit rester un bon gestionnaire de la richesse collective et s’assurer que ces programmes ont un excellent rendement financier et social, et non tenter de plaire à  des lobbies et à des groupes de pression, souvent subventionnés par les deniers publics.  Autrement dit, les deux milliards investis dans les garderies sont-ils gage de mariages plus nombreux, d’une plus longue durée des couples avec enfants, d’un plus haut taux de natalité et d’un plus bas taux de suicide, particulièrement chez les hommes? Aucun représentant de votre ministère n’a encore osé poser ces questions, encore moins tenter d’y répondre


Il nous apparaît également évident que, si les garderies demeurent un privilège à certains parents, ces privilèges ne peuvent pas s’étendre aux familles où un des parents est disponible pour la garde de SES enfants, étant sur l’aide sociale, l’assurance emploi (assurance-chômage) ou, en congé sabbatique.


Il apparaît également tout à fait logique, que les mieux nantis, ceux qui profitent le plus du système, doivent contribuer d’avantage que les moins fortunés au programme.  Le 5$ par jour m’a toujours paru comme un leurre digne des pays socialistes pour attraper l’approbation générale, alors qu’en fait, il est aussi inéquitable que d’offrir des pantalons à tous et que ces pantalons soient tous de la même pointure.


Tant et aussi longtemps que le gouvernement subventionnera des familles par les garderies, par souci d’équité, il devrait aider celles qui assument elles-mêmes la garde et l’éducation de LEURS petits sans avoir recours aux programmes gouvernementaux, … une sorte de péréquation!


En guise de conclusion, le système actuel est une obligation dans notre société, mais cependant il doit être peaufiné et ses inéquités doivent disparaître dans le plus bref délai.

Dans l’espoir que cette humble contribution ait une utilité,

Je demeure,

Respectueusement,

        Jean-Claude Boucher
        Président de l’Après-Rupture 
        Directeur du point d’aide de St-Pie
   
    205 St-Jacques
    St-Pie
    Qc. Ca.
    J0H1W0
   
    450-772-6812
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