La page éditoriale


La dissidence est un droit, mais c'est aussi un devoir, celui de chaque citoyen de penser par lui-même.
(JCB)

14 septembre 2010

Pourquoi certains féministes

font-ils « fausse route » ?

 

Pourquoi leur idéologie perturbe-t-elle

les hommes, les femmes

et surtout l’éducation des enfants  ?

 

Pourquoi est-il possible de critiquer leurs propos

sans être ni « macho » ni « réactionnaire » !

 

 

Au XXIème siècle, des mentalités rétrogrades, survivances de la société patriarcale traditionnelle, semblent encore résister aux conquêtes sociales. Peu de personnes osent cependant s’opposer ouvertement aux revendications des féministes tant elles paraissent légitimes et synonymes de progrès. Mais le sont-elles toujours ?

 

 Au XXIème siècle, qui peut raisonnablement contester le principe de l’égalité devant la loi entre les hommes et les femmes et la nécessité que les droits soient respectés ? 

Qui peut dénier le besoin d’aller vers plus de parité dans les instances politiques et économiques ?

Qui peut s’opposer aux mesures visant à empêcher les violences conjugales, les discriminations à l’embauche et sur les salaires … ?

Qui peut douter du devoir de lutter contre les préjugés sexistes ?

Les féministes combattent à juste titre l’idéologie de la société patriarcale traditionnelle autoritaire et sexiste. Ils se sont battus pour la justice et luttent encore aujourd’hui pour qu’elle soit respectée. Ils ont fait et font encore ce que devraient faire tous les démocrates qu’ils soient hommes ou femmes.

Cela veut-il dire pour autant que tous les féministes ont toujours raison sur tout et que les critiquer équivaudrait à se placer du côté des « machos » et des « réactionnaires » ?

 

La guerre contre un système patriarcal dépassé mais tenace a été efficace. Elle a été menée par des féministes convaincus, combatifs et organisés. La cohésion indispensable s’est faite autour de slogans fédérateurs mais forcément simplistes et provocateurs.  Comme dans toute « révolution », il a fallu exhiber le danger contre-révolutionnaire pour maintenir la mobilisation des militants et demander beaucoup pour espérer obtenir un peu. Ceci est toujours nécessaire pour maintenir la vigilance et l’ardeur des combattants, mais présente aussi des inconvénients…

Cette lutte peut, en effet devenir chez certains, une guerre des sexes où l’esprit de revanche n’est pas absent. Celle-ci a pu transformer la juste revendication de démocratie en affirmation et défense d’une idéologie figée qui contribue à développer ce qui est le plus néfaste à la réflexion et au progrès des idées : la pensée binaire ! C’est ainsi que tout critique du féminisme est rejeté comme un pestiféré, dans le camp du mal, avec les sexistes et les réactionnaires. Le projet progressiste est dénaturé au profit d’une idéologie bien-pensante où il devient interdit de se poser des questions.

Les égarements de certains féministes peuvent s’expliquer par leur réactivité passionnelle qui leur fait adopter comme Vérité, le contraire des idées fausses dont ils peuvent démontrer brillamment le ridicule. Une de leurs principales erreurs, à l’origine de nombreuses autres, porte sur leur vision de la différence des sexes.

 

Aucune répartition des rôles sociaux n’est inscrite dès la naissance

Contrairement à ce qu’affirment certains féministes, par conviction ou parce que cela les arrange, le débat primordial sur la différence des sexes n’oppose pas uniquement les « naturalistes »[1] aux « constructivistes »[2]. Ainsi, ce n’est pas parce que les hommes de la société patriarcale ont voulu justifier à tort leur  domination par une différence naturelle, que celle-ci n’existe pas. Ce n’est pas non plus parce qu’ils se sont servis de l’éducation pour renforcer et maintenir leur pouvoir que les  différences ne proviennent que d’une construction sociale sexiste. En effet, toute inégalité à l’âge adulte n’est pas forcément une injustice. C’est pourtant ce que font croire certains féministes.

Catherine Vidal, éminente neurobiologiste, démontre, s’il en était encore besoin, les erreurs de théories naturalistes. Grace aux nouvelles technologies, elle apporte des preuves concrètes et irréfutables. Elle n’est cependant plus du tout dans la rigueur scientifique lorsqu’elle en déduit que les différences  ne peuvent s’expliquer que par une construction sociale sexiste puisqu’elle ne les a pas trouvées dans le cerveau à l’origine !

Françoise Héritier, brillante anthropologue, disciple de Levi-Strauss, montre la mise en place de la domination masculine et les conséquences que celle-ci peut avoir sur l’éducation des garçons et des filles. Son analyse est tout aussi convaincante. Est-il cependant autorisé d’en conclure que cette suprématie des hommes et la construction sociale qui en découle sont en grande partie et à plus forte raison seules à l’origine de la différence des sexes ? S’il est aussi possible de reconnaître à l’étude de Françoise Héritier un caractère scientifique, il n’est cependant pas honnête de vouloir accorder la même rigueur à ces déductions. Celles-ci n’engagent que des féministes qui ont intérêt à faire de chaque différence une discrimination pour pouvoir justifier leur combat pour un droit à une égalité totale, utopique !

Catherine Vidal, Françoise Héritier et d’autres féministes ont tout à fait raison de remettre en cause les théories naturalistes qui voulaient justifier une inégalité en droits entre les hommes et les femmes. Ont-ils pour autant raison de dénier ces différences naturelles et leurs conséquences sur les comportements ? Peut-on par exemple aujourd’hui, raisonnablement  ignorer le rôle de l’ocytocine qui envahit la mère au moment de l’accouchement pour favoriser l’accordage avec son enfant ? Peut-on tout simplement douter qu’une femme puisse être influencée par un corps susceptible de féconder et de porter un bébé ? Peut-on dénier que celle qui a senti, fait vivre en elle et mis au monde l’enfant a non seulement neuf mois d’avance sur le compagnon, mais aussi une approche différente ? Peut-on douter que la petite fille, du même sexe que sa maman, ait envie de l’imiter de même que le petit garçon ait besoin de montrer sa différence ?

On ne naît pas femme… mais on naît cependant petite fille !

 « On ne naît pas femme, on le devient » mais on naît cependant petite fille ! Catherine Vidal, Françoise Héritier et certains féministes nous montrent  que l’éducation peut entrainer des comportements particuliers et en déduisent que toutes les différences sont voulues et donc injustes.

Ces féministes, persuadés pourtant de la malléabilité de jeunes esprits feignent d’oublier la structuration du psychisme dans les premiers mois de la vie. Le petit garçon et la petite fille ne perçoivent pas pareillement celle qui leur a donné la vie physique et qui représente leur référence première, leur premier « amour » : la petite fille continue de se référer à celle qui est du même sexe qu’elle alors que le petit garçon est obligé de renoncer à celle avec qui il voulait rester dans la fusion et doit regarder ailleurs. Pour supporter cette souffrance terrible, cette castration psychique primaire, il la refoule en se prouvant qu’il n’a jamais voulu être comme sa maman et qu’il a toutes les raisons d’être fier de son sexe.  Ce petit garçon est ensuite tiraillé entre l’envie de fusionner avec sa maman, de goûter le plaisir de la communion et le devoir de montrer sa différence, d’éviter le risque de vivre à nouveau la rupture. Comment alors ne pas imaginer que cette petite fille et ce petit garçon puissent se structurer différemment et que leur inconscient soit marqué à jamais ?

Cette différence de structuration ne dépend en rien de la culture de l’époque ou du pays et n’est imposée ni par les hommes ni par les femmes. Elle découle du fait d’être de sexe différent et ceci est la loi de la nature : l’impossibilité d’être « tout » !  

Pendant des siècles, l’homme a infériorisé les caractères qui se remarquent le plus chez la femme. En les cultivant par une éducation sexiste et en les exagérant, l’homme s’est trouvé un prétexte pour dominer là où il n’y avait qu’altérité et besoin chez lui de refouler une castration psychique insupportable.  Aujourd’hui, des idéologies féministes devenues majoritaires croient qu’il suffirait de supprimer toute construction sociale sexiste pour atteindre l’égalité. Elles se montrent en cela beaucoup plus « politiquement correctes », mais, comme l’idéologie sexiste des hommes, sont tout autant dans le refus d’assumer en adulte la différence inévitable. 

Par égalitarisme, des idéologies féministes refusent de nommer « féminines » certaines qualités attribuées aux femmes, mais cependant, dans un renversement des valeurs, n’idéalisent que celles-ci alors que les caractères dits « masculins » sont dénigrés. Ils apparaissent comme des défauts dont la mauvaise éducation de l’homme est rendue responsable. Ainsi, la fermeté, la rigueur, l’autorité, le goût de l’effort, la résistance à la frustration, dont les hommes dominants ont abusés, sont aujourd’hui rayées des méthodes éducatives (quand toute méthode n’apparaît pas déjà suspecte et trop contraignante), pour laisser place à l’improvisation, à la spontanéité et la compassion. Alors que ces caractéristiques ne peuvent être positives que si elles sont utilisées à bon escient, elles le deviennent simplement parce qu’elles sont le contraire de celles dites masculines et liées au « machisme ». L’homme se voit ainsi sommé de faire « un travail sur lui » pour acquérir ces vertus et atteindre si ce n’est l’androgynat, le statut « d’homme nouveau » semblable à la femme.

Cette vision du monde influence nos comportements. Elle ne peut qu’entraîner le non respect de la différence. N’étant plus reconnue, celle-ci n’est plus prise en compte et n’est plus gérée. Elle devient, entre les hommes et les femmes, non pas une source d’enrichissement mais un sujet d’incompréhension et de conflits stériles ! Alors que pendant des siècles, les femmes étaient considérées comme « des hommes imparfaits », [3] c’est maintenant à l’homme de devoir se comporter comme une femme pour ne pas être considéré comme un attardé ou un malade. L’harmonie dans des rapports est préférée à l’altérité permettant la relation.

Ces dérives constituent ainsi un frein au « vivre ensemble ». Elles favorisent même un nouveau sexisme alors que leur but était de le bannir. Elles ont surtout de terribles retentissements dans la vie de famille et les enfants en sont les premières victimes.

Rejetant à juste titre les rôles traditionnels, ces idéologies confondent cependant l’égalité en droits et le droit à l’égalité. Revendiquant une égalité-identité impossible, elles créent la confusion chez des parents modernes qui peinent à se situer pour vivre en couple et éduquer les enfants. Avec ces derniers, en effet, les indispensables fonctions symboliques de père et de mère sont de plus en plus difficiles à jouer. Et les conséquences pernicieuses de cet égalitarisme forcené sont nombreuses. Nous en constatons malheureusement tous les jours les résultats avec la généralisation des enfants-rois sans limites, incapables de vivre en société et d’apprendre à l’école … 

 

[1] Pour les naturalistes toutes les différences entre les hommes et les femmes s’expliquent par la nature.

[2] Pour les constructivistes toutes les différences sont construites par la société.

[3] Aristote

 

 

Jean GABARD

Auteur de « Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté », Les Editions de Paris, 2006.

Conférencier :    « La place des pères et des mères dans l’éducation des enfants »  « Le féminisme et ses dérives - Du mâle dominant au père contesté »

 

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Jean GABARD

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12 septembre 2010

Féminin, masculin et la théorie féministe

« Quelle est la part des construits sociaux dans les rôles féminins et masculins ? »

Puis-je essayer d'éclaircir un peu cette question qui, faute de temps, n'a pu être abordée comme elle le méritait. Elle se situe au cœur même de la théorie féministe actuelle et il importe de la maîtriser si on veut élever un peu le débat au-dessus de l'opinion sommaire.

D'abord, nous ne devons pas nous laisser berner par cette question d'allure savante. En français courant, ça veut dire :

« Qu'est-ce que la société veut produire comme comportements « féminin » et « masculin », et comment distribuer les rôles ? »

Cette question sous-entend qu'il n'existerait pas de « nature » masculine ou féminine, mais que la masculinité est carrément, comme la féminité, une fabrication culturelle. C'est la question que résume Simone de Beauvoir en affirmant qu' « On ne naît pas femme, on le devient. » Ça veut dire que la société fabriquerait notre genre par l'éducation et les modèles médiatiques qu'elle favorise. Il n'y aurait pas de genre « naturel » à proprement parler. C'est ce qu'on veut dire quand on affirme : La féminité et la masculinité sont des « constructions » sociales. Ceci nous oblige à poser la question que vous avez très bien formulée en me citant : « Comment redéfinir l'homme ? » (après 50 ans de féminisme). Autrement dit, faisons d'abord des plans avant de bâtir la maison ; définissons d'abord l'homme avec lequel nous allons construire notre société.

Qu'est-ce qu'un homme et comment le fabrique-t-on ?
(lire la suite…)

François Brooks

8 mai 2010

Lettre à une féministe


De : Joëlle Girard [mailto:my_human_nature@hotmail.com]
Envoyé : jeudi 6 mai 2010 12:37
À : info@editionscafecreme.com
Objet : question

Bonjour,

J'ai cru comprendre que vous êtes une maison d'édition masculiniste. Permettez-moi de m'adresser à vous pour un léger éclaircissement.

Corrigez-moi si je me trompe, mais les masculinistes sont pro-vie ?

Les masculinistes semblent aussi en défaveur de l'aide gouvernementale apportée aux filles-mères...

J'aimerais donc connaitre l'alternative que l'idéologie propose dans le cas où une fille tombe enceinte, qu'elle ne peut se faire avorter, mais que l'on supprime l'aide gouvernementale dont elle pourrait avoir grandement besoin pour prendre soin d'elle et de son enfant, pendant et après la grossesse. J'aimerais comprendre la vision masculiniste de la société sur ce point en particulier.

Merci,
J. G.
 



 

Bonjour Mme Girard

En tant que coauteur et conseiller philosophique du collectif 300 000 FEMMES BATTUES, y avez-vous cru ?, l'éditeur m'a confié la tâche de répondre à vos questions.

D'abord merci de nous avoir soumis ces questions pertinentes qui méritent toutes d'être examinées avec la plus grande attention.

1. Pour commencer, l'appellation masculiniste est une injure madame. Nous ne sommes pas plus masculinistes que vous êtes fémininiste. Voir le texte Distinguons masculisme et masculinisme. Accepteriez-vous de vous laisser nommer par celui qui vous déteste ? Wafa Sultan, honorable féministe qui combat l'ingérence islamiste dans sa vie personnelle, saura mieux vous convaincre que moi : Voir Choc des civilisations.

 

2. Nous ne nous sommes pas prononcés sur la question de l'avortement en tant que groupe. Aucun de nous n'est militant pro-vie. Nous nous interrogeons seulement sur la pertinence d'ouvrir le robinet des subventions pour couvrir universellement toutes les demandes d'avortement alors que notre pays souffre de dénatalité. Le fait de porter des couilles ne doit-il pas engager la même responsabilité que celui d'être doté d'un utérus ? Les enfants à naître ne sont pas des jouets que l'on décide de casser quand le jeu est terminé. La contraception est largement répandue et disponible. Comment se fait-il que notre époque ait tant besoin de recourir à l'avortement ? Pire, comment se fait-il qu'on demande à l'État d'assumer la responsabilité financière d'une jouissante nuit d'étreintes dont il ne tire aucun bénéfice ? Et puisque nous sommes en démocratie, et que le gouvernement c'est nous, pourquoi payerions-nous madame, avec notre argent, son droit à l'irresponsabilité ? Le féminisme est-il un mouvement de déresponsabilisation de la femme ?

 

3. L'aide gouvernementale aux filles-mères mérite un débat plus nuancé que de simplement se prononcer « pour ou contre ». La manière dont vous posez la question fait un bourreau de quiconque s'y opposerait. Essayons donc de donner à votre question binaire une plus noble dimension. Nous pensons que la paternité doit être valorisée aussi bien que la maternité. Le gouvernement qui se substitue aux pères en subventionnant les mères célibataires cause un tort énorme aux enfants. C'est comme s'il instituait un régime de mères porteuses. Nous ne partageons pas l'avis d'Élisabeth Badinter sur les mères porteuses. Nous pensons que chaque enfant doit jouir du droit fondamental de connaître ses deux parents biologiques dans un univers familial équilibré où il n'est pas sujet aux tiraillements comme s'il était un bien de consommation qu'on peut produire, s'approprier ou vendre. Un père est beaucoup plus qu'un guichet automatique ; une mère, beaucoup plus qu'une femelle pleine à alimenter. Il s'agit du respect de la dignité familiale. Là encore, le devoir de l'État est d'aider les parents à bien jouer leur rôle parentaux et non à essayer de faire ce travail à leur place. Pour comprendre l'enjeu du débat, il faut bien distinguer chacun des trois niveaux : la personne, la famille et l'État. Chaque niveau a des devoirs, des droits et des responsabilités. Lorsqu'un niveau s'arroge le droit d'empiéter sur un autre, il ne peut remplir ses devoirs adéquatement et devient nécessairement irresponsable.

Par exemple, si l'État édictait une loi pour réglementer la disposition des meubles dans votre maison, vous penseriez que ce droit n'est pas légitime, ou tout au moins, vous réclameriez que l'État se tienne responsable des bris causés par une mauvaise disposition. Ceci est un droit personnel ou familial parce que c'est la personne ou la famille qui assume. De la même manière, si l'État interdisait l'avortement et mettait votre bébé en crèche pour l'adoption dès la naissance, vous penseriez encore que ce droit n'est pas légitime au nom de vos droits personnels et familiaux. J'introduis ici la notion de droits de la famille en tant que droits distincts de ceux de l'État, régis par une éthique universelle et non pas confisqués par l'État. Il s'agit moins de droits démocratiques variant selon les humeurs de l'époque que du fondement même de la paternité et la maternité, morale ancestrale mais toujours renouvelée. Pensons que le père a aussi des droits familiaux puisqu'il est responsable. Comment peut-on le responsabiliser si on le remplace? D'où dénatalité dans un pays où le père déresponsabilisé ne trouve plus de raisons pour fonder une famille et enfanter. Puisqu'il sait qu'à tout moment son droit de paternité et ses responsabilités familiales peuvent lui être confisqués, pourquoi remplirait-il son devoir de renouveler la population ? Ainsi donc, hommes et femmes restent garçons et filles sans jamais enfanter jouissant comme des nourrissons de mille plaisirs blasants dont ils ne sont jamais satisfaits et qui trouvent leur miroir dans la consommation.

Quand Élisabeth Badinter milite en faveur des mères porteuses, elle ouvre la porte toute grande à la marchandisation des enfants et à l'emprise de l'État dans ce domaine. Il faut comprendre qu'avec une telle idéologie, demain l'État payera les femmes pour lui fabriquer des bébés et renouvellera sa population à coup de subventions hors de toute intervention paternelle. On y est déjà d'ailleurs. Mais bientôt l'État confisquera aussi ce droit à la femme lorsque les bébés éprouvettes seront viables sans utérus. Notre mentalité féministe nous y a préparé. Il s'agirait que cet exploit technique soit possible pour que les femmes comprennent tout ce qu'elles auront perdu de leur humanité en refusant d'assumer leurs prérogatives féminines[2]. La question qui surgit alors est celle de la place de la famille dans la société. Voulons-nous du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley ? La famille a-t-elle encore une légitimité ou n'est-ce qu'un résidu décadent qu'il faut s'empresser d'abolir ? La transmission professionnelle est déjà chose du passé. On a presque aboli le rôle de père ; à part la fonction biologique, le rôle de mère ne tient plus qu'à très peu de chose. Pourtant, de nombreux indicateurs sociaux montrent hors de tout doute la dégradation sociale qui s'installe après l'éclatement des familles. Nous devons donc travailler à ce que celle-ci retrouve une nouvelle légitimité et supporter d'abord les couples qui veulent enfanter.

Pour supporter les filles-mères adéquatement, l'État ne devrait-il pas aller au-delà de l'alimentaire et veiller aussi à ce que le vrai père remplisse son devoir paternel ? Mais comment ce dernier peut-il s'impliquer quand l'État a pris sa place ? Son rôle unique auprès de sa famille lui a toujours apporté la motivation et la fierté de ses enfants. Comment peut-il en être fier alors que plus rien ne leur est transmis de ses valeurs qui toutes proviennent d'une société marchande et écolière qui bombarde continuellement les neurones de sa progéniture et remplace le rôle d'initiateur paternel dans le vaste monde ? Ne doit-il pas se réapproprier de son rôle de père pour retrouver la motivation de la paternité ?

 

4. Le cas hypothétique soumis doit être évalué dans une perspective personnelle et en fonction de la réalité spécifique de la situation. Nous ne pouvons donc pas théoriser sur un cas particulier comme si c'était un modèle. Une approche humaniste est toujours nécessaire et l'étude des besoins au cas par cas doit tenir compte de chaque situation. Le cas que vous soumettez exclut l'avortement contre lequel aucun de nous ne s'est catégoriquement prononcé. D'autre part, ne faut-il pas d'abord essayer de réduire le problème à la source avant d'être acculé à l'impasse morale ? Un ami me disait : « Je suis contre l'avortement jusqu'à ce que je sois impliqué personnellement. ». On pourrait aussi bien dire : « Je suis contre l'excès de vitesse jusqu'à ce que je dépasse moi–même la limite. » Mais si la fille tombe enceinte, c'est donc qu'il y a un garçon coresponsable. Pourquoi faudrait-il l'exempter de sa responsabilité ? Pourquoi l'État devrait-il le remplacer ? Je reviens donc ici sur l'importance de la responsabilisation paternelle. La fille n'est pas seule responsable. Aussitôt qu'elle commet la bêtise de « tomber enceinte », son corps appartient-il à l'État ? Encore une fois, le féminisme est il un mouvement de déresponsabilisation de la femme et du garçon ? Pourquoi abandonner nos libertés à un État froid, distant et impuissant à régir les familles adéquatement ? (Voir le film de Denys Arcand, L'âge des ténèbres.)

Il y a toujours eu des grossesses indésirées comme il y en aura toujours. Le problème est question de proportion. Nous pensons que la responsabilisation constituerait un pas très efficace contre le fléau des grossesses involontaires dans une société où la contraception n'a jamais été aussi accessible et à si bon marché, mais où l'État a confisqué la responsabilité paternelle et familiale. J'ai connu personnellement le cas d'un jeune couple adulte baisant sans précaution et dont la fille est tombée enceinte. Comme elle était aux études et vivait encore chez ses parents, ceux-ci ont mis sur elle toute la pression nécessaire pour l'inciter à se faire avorter aux frais de l'État sans même se préoccuper de l'avis du jeune homme qui envisageait pourtant d'assumer sa responsabilité. On a ici un cas typique de déresponsabilisation forcée de jeunes adultes, du couple et du jeune père en devenir. La fille est maintenue aux études de force dans un système éducationnel interminable qui lui interdit d'enfanter quand pourtant elle est adulte et biologiquement féconde. Ses parents décident et l'État paye ; tout ça au nom de la liberté de la femme. Mais où est la liberté d'une jeune femme dans un État qui décide à sa place de l'idéologie qui la gouverne ? Pourquoi mes taxes devraient-elles assumer la responsabilité d'une situation où droits, devoirs et responsabilités sont mal attribués entre l'État, la famille et l'individu ? Au nom de la liberté de la femme, on l'a déresponsabilisée ainsi que son partenaire. Ils sont devenus d'éternels nourrissons dépendant d'un État qui surscolarise l'individu et incite à l'avortement. Comment une telle société peut-elle prospérer ? On est loin ici de l'avortement thérapeutique qui a fait la gloire de la médecine et libéré la femme des dangers de l'enfantement. Nous nous sommes ainsi égarés dans l'avortement suggéré par les valeurs d'un État féministe irresponsable au service des caprices d'une idéologie déviante qui détourne l'essence même de la femme au profit d'une société consumériste qui la dénature. Ce féminisme heurte le féminin comme aucun patriarcat ne l'a jamais fait et il me fait penser à la clitoridectomie pratiquée dans certains pays d'Afrique par les femmes mêmes. N'est-il pas temps que les femmes ouvrent les yeux et s'en libèrent ?

Comme vous le voyez, une généralisation hypothétique ne peut servir de modèle. L'examen de chaque situation au cas par cas peut présenter des solutions parfaitement viables pour peu que l'on respecte le couple impliqué et que l'on considère la famille comme une option valable pour de très jeunes adultes. L'avortement est envisageable dans la mesure où chacun assume sa part de responsabilité comme il le doit et que ce geste médical reste un geste thérapeutique, ou à tout le moins, à la charge de ceux qui en bénéficient. Encore faut-il que l'État respecte et encourage le droit de chacun à prendre ses responsabilités familiales et s'abstienne de s'y substituer. Mais curieusement, le féminisme a dévié de ses nobles objectifs initiaux pour s'égarer dans une déresponsabilisation des femmes où l'État surprotecteur et aveugle a remplacé le père responsable et pourvoyeur et où le pays sombre dans le manque de prospérité depuis 35 ans. Combien de temps encore pourrons-nous nous payer le luxe de jeter nos forces vives à l'égout de l'irresponsabilité ?

 

Nous vous remercions de nous avoir fourni l'occasion de réfléchir davantage sur ces questions cruciales. Nous espérons vous voir présente au lancement mardi prochain (voir les détails sur ce lien).

 

Cordiales salutations.

François Brooks
www.philo5.com



25 mars 2010

Hommes et suicides

Dans le numéro de mars, avril, mai 2010 du magazine des membres de Desjardins, « Desjardins  Caisse populaire de Québec.  Volume 47, numéro 2.

À la page 11 de ce magazine il y a un article signé Annie Boutet intitulé « Ensemble pour freiner le fléau.

Dans cet article, on y apprend qu’en 2008, 1103 personnes, dont trois hommes pour une femme se sont enlevé la vie par suicide.  En d’autres termes, 838 hommes se sont enlevé la vie et 275 femmes en ont fait autant.   Madame Louise Lévesque, directrice générale du JEVI, nous informe que ces données s’expliquent par différentes problématiques.

Inutile d’être un génie pour comprendre ça.

Par la suite madame nous explique que dans 80 à 90% des cas de suicide on retrouve un problème de santé mentale, dont la dépression majeure et des troubles de l’humeur ainsi qu’un cumul de pertes significatives ou de deuils, spécifiant que pour les hommes, le départ d’une conjointe entraîne souvent la perte du réseau social et d’un lien privilégié avec les enfants.

Plus loin, madame explique que pour tenter d’éclaircir le taux de suicide plus élevé chez les hommes, on explore différentes hypothèses.  On n’oublie surtout pas de mentionner les moyens soit disant plus violents et l’impulsivité du geste dans le cas des hommes comme élément de réponse.  J’aurais presqu’envie d’ajouter un smiley pour la forme.  On y apprend également que la place prise par les femmes vient remettre en question les rapports hommes, femmes et la question de l’identité masculine.  Madame y précise que oui, les hommes ont changé mais que la notion de pourvoyeur et de protecteur demeure très ancrée.

Madame explique que la situation semble renfermer des causes multifactorielles et qu’il devient dès lors nécessaire d’orienter le message vers la clientèle masculine.

En lisant cet article, je me suis dit que pour aider madame à comprendre un peu mieux la dynamique du suicide chez les hommes ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de l’informer de certaines réalités qui semblent lui échapper.

Lorsque les lois sur la justice familiale ont été adoptées, voilà près de 40 ans, le gouvernement s’est livré m’a-t-on dit à un sondage auprès des hommes pour savoir de quelle façon ils voyaient la chose.  Les hommes de l’époque étant surtout confinés dans le rôle de pourvoyeur estimaient, semble-t-il, que la femme était plus apte à s’occuper des enfants et que la plupart d’entre eux préféraient que la femme obtienne la garde exclusive des enfants en échange de quoi, l’homme continuerait d’assumer le rôle de pourvoyeur étant donné le peu d’options disponibles alors pour les femmes et les hommes dans la société en général. 

Au cours des années qui ont suivi, le combat des femmes pour obtenir les mêmes droits et les mêmes privilèges que les hommes en société nous a conduit à une situation où la majorité des femmes sont maintenant financièrement indépendantes de l’homme et devraient, en principe être leur propre pourvoyeur.  Or le hic, comme on dit, c’est que le système judiciaire lui, n’a pas suivi. 

Aujourd’hui, la majorité des québécois sont d’accord avec le principe d’égalité mais lorsque survient une rupture dans le couple, les hommes n’ont plus aucun droit et on leurs refuse même leurs droits fondamentaux jusque dans les cours de justice.

95% des demandes de garde sont accordées de facto aux mères sans égard pour leurs compétences véritables.  Et dans les cas où elles sont véritablement incompétentes, elles bénéficient de toute l’aide possible et imaginable.

Malgré que les femmes sont aujourd’hui en très grande majorité leurs propres pourvoyeurs et qu’elles gagnent généralement mieux leurs vies que la plupart des hommes, les hommes sont encore obligés de continuer à jouer le rôle de pourvoyeur et n’ont aucun droit de regard sur la question.  Et ce, qu’ils puissent voir leurs enfants ou non.

Dans un très grand nombre de cas, les hommes se font littéralement voler maison, enfants, pension et salaires sans aucune espèce de justification valable.

Dans bien des cas lors d’une rupture, ils perdent également leur réseau familial et leur réseau d’amis.  Le mal étant encore et toujours attribué à l’homme.

Depuis l’avènement des lois sur la justice familiale, environ 30,000 hommes se sont enlevés la vie, sans parler de ceux qui ont emporté des membres de leur famille avec eux.  Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme en science sociale pour établir un lien de cause à effet.

Le fait que les organismes de prévention de suicide se penchent dorénavant vers les problématiques spécifiques aux hommes est bien sûr encourageant mais ça ne règlera en rien les problèmes et l’oppression continue que doivent subir les hommes d’aujourd’hui.

Perte du patrimoine familial, perte des enfants, perte de salaire, perte de réseau, perte d’estime de soi et obligations cumulées pour simplement arriver à joindre les deux bouts après s’être fait spolier d’une partie de leur salaire.  Isolation, souffrance et dépression.  Absence totale se ressources spécifiques aux besoins de ces hommes.

La seule façon de pouvoir contrecarrer cette réalité qui a fait du Québec le détenteur du record mondial du suicide chez les hommes, est de convoquer d’urgence une commission parlementaire extraordinaire pour entamer une réforme en profondeur du système de justice familial et criminel où les hommes devront désormais être traités de façon égale aux femmes.

M.Miousse

 



9 mars 2010

Discrimination sexiste ?

 

Etant défenseur de la démocratie et donc de l’égalité en droits entre les hommes et les femmes, je m’étonne que des personnes réclament, sans aucune gène, des mesures qui ne sont plus contre les violences conjugales, mais de plus en plus « contre les violences faites aux femmes ».

Je m’étonne que ces revendications venant de personnes persuadées de l’égalité homme-femme, fassent la « une » des médias sans étonner davantage de citoyens.

Il me semblait que la démocratie se devait de condamner, non pas les personnes, mais les actes et donc que le sexe de la personne n’intervenait pas pour décider de la sanction !

S’il est réclamé des mesures contre les violences faites aux femmes, ne peut-on pas pourtant en conclure que ces mesures visent surtout les hommes qui exercent des violences, au lieu de condamner les actes de violence ?

Cela veut-il dire que les femmes qui exercent des violences contre des hommes ne mériteraient pas la même sanction que les hommes qui exercent des violences contre les femmes ?

N’est-on pas alors en présence de mesures discriminatoires envers les hommes en raison de leur sexe ?

 

Ou alors, ceci voudrait-il dire que les violences physiques faites aux hommes par des femmes seraient moins graves que les violences physiques faites aux femmes par des hommes ?

Je suis personnellement tenté d’aller dans ce sens.

Mais, alors si l’on ne dénie pas la différence des sexes et si l’on croit que la violence physique des hommes sur les femmes est beaucoup plus destructrice pour ces dernières, ne faudrait-il pas alors considérer que la violence psychique des femmes sur les hommes puisse être aussi beaucoup plus destructrice pour eux ?  

J’aimerais avoir une explication avant de porter plainte pour discrimination sexiste envers les hommes.

Jean GABARD

 

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Du mâle dominant au père contesté » Les Editions de Paris.

 

 

Thorée 42520 Maclas Fr.                                           

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tél : 04 74 87 34 56

port : 06 74 57 57 56

 



15 février 2010

La place du père

Dans certaines revues les pères sont inexistants dans la vie des enfants. À titre d'exemple, j'ai analysé les numéros d'octobre et de décembre dernier dans Enfants-Québec:

La rédaction des textes est le fait des femmes, à une exception près

Lorsque le sujet porte sur un parent, c'est presque exclusivement sur la mère seulement: Voir dans le numéro d'octobre aux pages: 1-5-11-21-27-31-45-48-52-55, et dans le numéro de décembre aux pages: 13-23-72-75. Un seul homme en page 20. Aux pages 41 et suivantes, 6 femmes et un homme écrivent sur leur vécu à Noël, et encore, l'homme est cosignataire avec sa conjointe.

Quant aux publicités, je relève, au sujet des produits annoncés, pour octobre: page 14 "choisi par la maman...", page 16 "... les mamans savent ..." page 22 "Ce qu'en disent les lectrices...", page 24 " maman, vous pouvez aussi travailler, naviguer, et jouer!".
 
Quant aux publicités de décembre: Page 4 "Rien n'égale la satisfaction d'une mère qui regarde chaque jour son enfant grandir, apprendre et s'amuser", page 25 "Le confort des couches ...Voilà pourquoi tant de mamans leur font confiance..." page 68 "On ne peut passer l'inspection de maman..." page 79 "quel est son plus beau souvenir d'enfance... L'instinct maternel à son meilleur".

Soit dit en passant, pages 80 à 87 d'octobre portent sur les maquillages pour enfants: 5 maquillages tendres pour filles et 2 cruels pour garçons. Ceci dénote une éducation sexiste négative envers le masculin.
 

Robert Provost