Lettre ouverte de
Georges Dupuy

Messieurs Guy Crevier et Sylvain Lafrance,
Les Conférences La Presse / Radio-Canada
2075 University Bur. 1217
Montréal, Québec
H3A 2L1

Laval, le 29 octobre 2006

Messieurs Guy Crevier et Sylvain Lafrance,


J’ai reçu le programme de vos conférences «Comment ça va, les hommes?» aussi accessible à www.lesconferences-lapresse-radio-canada.ca . Bien qu’il soit louable de s’intéresser enfin à la situation des hommes, nulle part les raisons d’origines institutionnelles de cette situation ne semblent être abordées.

Par exemple, toute la question de l'assujettissement du système policier et judiciaire aux dogmes du féminisme victimaire est complètement occultée. Or, un corpus incontournable d'études psychosociologiques nous permet aujourd'hui d'affirmer que l'équation réductrice "femme = victime, homme = bourreau", fait davantage partie du problème que de la solution, car elle ne permet pas d'appréhender la dynamique complexe de la violence conjugale, et donc d'intervenir efficacement.

En ce qui concerne  la violence conjugale, chaque année au Québec environ 14 000 procédures sont entamées contre des hommes, en grande majorité à partir de fausses allégations. Suite à des procès iniques les hommes perdent ou savent qu’ils vont perdre maison, enfants et emploi. Rien d’étonnant à ce que ce soit par centaines qu’ils en arrivent chaque année à se suicider suite à de véritables sagas judiciaires, après avoir parfois tué femmes et enfants. Évidement, le battage médiatique est plutôt autour de la douzaine de femmes de plus que d’hommes tuées chaque année au Québec par leur ex. Donner la mort ou détruire quelqu’un par fausses allégations judiciarisées est-il plus acceptable? Il faudrait à ce sujet analyser le sexisme d’une Politique d'intervention en matière de violence conjugale du gouvernement québécois qui propage des préjugés haineux envers les hommes, ce document déclarant plus de 120 fois en 77 pages que l'homme est un agresseur, que l'homme est violent ou que la femme est une victime. De plus, cette politique se propose ouvertement d'influencer le système policier et judiciaire, incluant la magistrature et même les avocats de la défense!

De plus, nulle part il n’est question dans notre société comme dans vos conférences d’ailleurs de la mise en place dans les universités d’Unités d’études sur la condition masculine. Pas plus dans l’octroi de la connaissance que dans l’octroi des subventions il n’y a d’égalité. Pour ne citer que ces quelques raisons institutionnelles de la situation actuelle.

Enfin, parmi les conférenciers, je ne retrouve aucun représentant des différentes associations d’hommes et même de femmes qui ont l’habitude de poser les vraies questions que ce soit l’Après rupture, l’Association des nouvelles conjointes du Québec, le Mouvement Égalitariste, Fathers-4-Justice ou même la Coalition pour la défense des droits des hommes du Québec,  pour ne citer que ces associations.

Si vous décidez un jour de faire une conférence sur les hommes, sur les vraies raisons de leurs problèmes, sur les raisons reliées à nos institutions et sur lesquelles nous avons un devoir d’agir, je pourrais vous rencontrer à votre convenance pour approfondir la concrétisation d’un tel projet. Je suis moi-même l’auteur d’un livre Coupable d’être un homme. «Violence conjugale» et délire institutionnel, publié chez VLB en 2000. Je suis déjà intervenu avec des membres de notre conseil d’administration auprès de l’ONU en vertu de la Procédure 1503 puis auprès du parlement du Québec dans le cadre d’une Commission sur l’égalité. Nous sommes surtout spécialisés dans l’analyse du comportement du système policier et judiciaire à l’égard des hommes en situation de rupture conjugale et je peux vous assurer que la discrimination y est bien systémique contrairement à ce que déclarent les féministes.

Veuillez agréer, Messieurs Guy Crevier et Sylvain Lafrance, mes salutations distinguées.


Georges Dupuy, président
Coalition pour la défense des droits des hommes du Québec