Prix Citron/L'après-rupture

Nathalie Collard
LaPresse, Montréal

10 décembre 2009

L’APRÈS-RUPTURE est heureux de décerner le premier des prix citron du journalisme à madame Nathalie Collard qui, dans un éditorial de La Presse, écrivait dernièrement: 

« Le seul dossier qui semble avoir un tant soit peu évolué est celui de la violence faite aux femmes. Elle existe toujours, c'est vrai. Les statistiques montrent en outre qu'il y a davantage de cas que par le passé. » 

En ligne: http://www.cyberpresse.ca/opinions/editorialistes/nathalie-collard/200912/05/01-928306-vingt-ans-deja.php
 

Affirmation complètement dénuée de rigueur scientifique. D’ailleurs, madame Collard prend bien soin de ne pas mentionner de quelles statistiques elle parle. Les documents officiels et crédibles disent exactement le contraire de l’affirmation de madame Collard. 

Les données de la DUC2 sur les infractions de violence conjugale enregistrées par les services policiers n’ont pas encore été publiées par le ministère de la Sécurité publique, même si le communiqué émis par la ministre de la Condition féminine cite le nombre d’infractions pour 2008 (mais pas la statistique importante, qui est le taux de prévalence annuel). 

Voici quels étaient les résultats pour 2007 : selon le ministère de la Sécurité publique du Québec

En ligne : http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/prevention.asp?txtSection=statistiques&txtCategorie=conjugale&txtSousCategorie=2007#taux

Voir aussi le document PDF pour 2007 : http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/statistiques/conjugale/2007/statistiques_2007_violence_conjugale.pdf
 

En 2007, 17 343 infractions ( allégations et non condamnations devant les tribunaux, il s’agit donc de présumées victimes ) contre la personne commises dans un contexte conjugal ont été enregistrées par les corps policiers.  Ces infractions composaient 22 % de toutes les infractions contre la personne consignées au cours de l’année.

Les infractions ( allégations) contre la personne commises dans un contexte conjugal ont légèrement diminué en 2007, le taux d’infractions par 100 000 habitants étant de 3 % inférieur à celui de 2006.

Un peu plus de la moitié (9 488) de ces infractions étaient des voies de fait de niveau 1 (emploi de la force, tentative ou menace de l’utiliser). Suivaient principalement les menaces (2 681), le harcèlement criminel (2 038) et les voies de fait de niveau 2 (porter, utiliser ou menacer d’utiliser une arme en se livrant à des voies de fait) (2 229). Quant aux homicides (12), aux tentatives de meurtre (40) et aux voies de fait de niveau 3 (blesser, mutiler, défigurer ou mettre la vie en danger en se livrant à des voies de fait) (37), ils composaient moins de 1 % de ces infractions.

Toutes les catégories d’infractions ont connu une diminution de leur taux par 100 000 habitants, sauf les enlèvements ou séquestrations 1 ainsi que les voies de fait de niveau 2, dont les taux ont légèrement augmenté.

Sur les 17343 infractions de violence conjugale en 2007, 14389 sont des infractions dont les femmes sont les présumées victimes et 2954 sont des infractions dont les hommes sont les présumées victimes. 

En 2006, il y a 14913 infractions dont les femmes sont les présumées victimes et 2907 infractions dont les hommes étaient les présumées victimes, pour un total de 17820 infractions. 

Maintenant le communiqué de la ministre St-Pierre  émis le 22 novembre 2009 affirme ceci :
 

    « En 2008, selon les données des Statistiques 2008 sur la criminalité
commise dans un contexte conjugal au Québec du ministère de la Sécurité
publique, 17 321 infractions contre la personne commises dans un tel contexte
ont été enregistrées par les corps policiers. De ce nombre, 14 242 étaient
contre des femmes et 3 079 contre des hommes. » 

Ces données démontrent que la violence conjugale n’augmente pas, car le nombre total d’infractions enregistrées est de 17321 en 2008, comparativement à 17343 en 2007. Il y a 22 infractions de moins.De ce nombre, il y a eu en 2008, 14242 infractions dont les femmes sont victimes (comparativement à 14389 en 2007, soit 147 infractions de moins contre les femmes). Compte tenu de l’augmentation de la population entre 2007 et 2008, le taux annuel de prévalence des infractions de violence conjugale est sans doute le plus bas enregistré depuis l’an 2000. Seule une féministe peut voir une augmentation de la violence dans ces chiffres. 

En ce qui concerne les hommes,  il y a eu en 2008, selon la ministre St-Pierre 3079 infractions dont les hommes sont les présumées victimes, comparativement à 2954 en 2007, soit une augmentation de 125 infractions en 2008. Il se pourrait que cela se traduise par une hausse légère du taux annuel de prévalence des infractions de violence conjugale contre les hommes. Point important: les 2/3 des allégations de violence conjugale portées à l’attention de la police sont jugées non fondées devant les tribunaux selon les professeures Sonia Gauthier et Danielle Laberge. 

Il aurait suffi de trois clics à Mme Collard pour vérifier auprès de sources sérieuses toutes ces informations et se rendre compte que les rumeurs propagées par les groupes féministes sont contraires aux faits une fois de plus.