Centre
Hospitalier universitaire « MÈRE-ENFANTS» de
STE-JUSTINE :
… ET MOI LE PÈRE, OÙ SUIS-JE ?
Jeudi passé, quatre heures trente du matin. Mon fils de sept ans et demie se plaint de fortes douleurs au bas ventre. Le temps de nous habiller, de prendre un sac, les cartes de soin, et nous filons à l’Hôpital Ste-Justine de Montréal. À l’urgence, deux couples avec leur enfant, un père avec son grand fils et moi avec ma copine qui n’est pas la mère de mon fils. Donc quatre pères présents pour quatre enfants. Deux mères.
Après un premier diagnostic : appendicite probable. Arrivée des spécialistes et installation dans le lit de la salle de consultation des urgences. Là encore, trois autres pères attendent au chevet de leur enfant avec leur conjointe. Deux mères seules. Un père qui fait les cent pas.
Après de nombreux examens, on n’est toujours certain de rien. Le chirurgien en chef décide donc de garder fiston. Moment horrible pour moi, quand on introduit l’aiguille du soluté dans le petit bras de mon fils. Surtout après le deuxième essai de l’infirmière. Je réprime mes larmes. On entre dans notre chambre au cinquième vers onze heures trente. Mon fils a toujours mal. Mon ex, sa mère, vient d’arriver car elle avait un empêchement côté boulot.
La journée se passe en observations, en prises de sang, de température et de pression. En jeun complet aussi. Mon fils à toujours mal. Mon ex doit retourner au travail. Je reste donc avec junior et je m’apprête à passer la nuit à côté de lui.
Vers huit heures trente du soir après les demandes répétées de mon fils pour manger, il finit par s’endormir malgré la douleur. Je m’allonge à côté de lui et je surveille ses respirations. Mes yeux vont et viennent entre la poche de soluté qui se vide goutte à goutte et le gonflement du torse de mon fils. Lorsque je ne suis pas sûr, je m’approche de lui, je passe ma main sur son front pour voir s’il est encore «chaud» et je l’embrasse.
Vers sept heures, je rencontre plusieurs pères dans les couloirs. Ils ont dû dormir auprès de leurs petits eux aussi. Certains posent des questions aux infirmières du poste de garde. Ils ont l’air grave, inquiet, impuissant.
Aujourd’hui
jeudi, une semaine après, mon fils va bien. Ce
n’était que les ganglions. Dans le journal,
je lis la page de publicité de Ste-Justine, le Centre
hospitalier mère-enfants : « Donner toujours
ce qu’il y a de meilleur aux enfants, aux adolescents et aux
mères […] Nous désirons remercier
l’ensemble du personnel pour tous ces gestes posés, chaque jour
dans le but d’améliorer la santé des mères, des
enfants et des adolescents.»
Je me souviens alors de ce texte placé sur le beau panneau de bois à l’urgence de cet hôpital et qui vantait les services de l’institution essentiellement auprès des enfants et des mères…
Je me souviens également de la fois où j’y avais accompagné mon fils pour lui faire enlever un résidu de liquide dans son oreille… Je me rappelle très clairement cette Oto-rhino-laryngologiste qui à vingt centimètres de moi m’avait ignoré en s’adressant exclusivement à son assistante pour prendre des renseignements personnels sur mon fils. Pas un bonjour, pas un regard. Rien. Je devais être du mauvais sexe.
Je me souviens aussi des jours passés à signer mon livre «Papa, à quoi sers-tu ?» au dernier salon du livre de Montréal. Trois jours en face de l’énorme poster d’un bébé tétant un superbe sein gonflé. Le titre : « MON bébé, JE l’attends, JE l’élève… de 0 à 3 ans » Un livre parrainé par l’Association médicale canadienne.
Alors, je me demande : moi, le père, à quoi je sers ? Où suis-je dans l’environnement de mon enfant ? Partout où je vais on veut que je m’implique auprès de lui et je le fais. Comme la majorité des pères d’ailleurs. Mais quelle place me donne-t-on ? Faut-il que je me batte pour mériter mon badge de père ? Les services sociaux, les écoles, les centres hospitaliers veulent que les hommes s’impliquent. Il faudrait commencer par nous respecter pour ce que nous sommes : des hommes et des pères attentifs. Nous évacuer aussi sournoisement ne sert pas l’avenir de NOS enfants.
Auteur et réalisateur
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Disparition
du Conseil du statut de la
femme
et du Secrétariat à la condition
féminine
Monsieur,
Je viens d’accompagner mon fils Alix, sept ans et demie à l’école. J’ai de la chance, je suis parmi les rares 13% de pères qui ont une garde partagée. Remarquez, je n’en ai pas le mérite exclusif; mon ex est une femme intelligente qui a su rejeter les conseils des avocats et autres vautours de l’Industrie du divorce pour veiller à l’intérêt de notre Alix. C’est à dire veiller à ce qu’il est une mère ET un père pour la vie.
Fier d’être un père qui lutte
pour ses
enfants.
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Un féminisme
sclérosé ?
Serge Ferrand
Encore un autre article dans vos pages sur ce «pôvre»
féminisme qui se croit accusé de toutes parts.
Décidément, ces jours-ci, on se sent mal dans sa peau
quand on parle de féminisme. Mais ne parle-t-on pas ici que d'un
certain féminisme ; celui qui serait-il allé trop loin
comme le suggère Madame Élisabeth Badinter ?
Cette fois, il s'agit du texte « Débat sur l'école
ou charge contre le féminisme» signé par mesdames
Michèle Asselin, présidente de la
Fédération des Femmes du Québec et de Madame
Gisèle Bourret du même organisme. Un texte qui nous dresse
un soi-disant bilan de l'éducation au Québec, sur le ton
: tout va bien dans le meilleur des mondes et si les petits gars ont
des problèmes, après tout, c'est leur problème.
Ces deux auteures proviennent d'un organisme voué
essentiellement à la défense du droit des femmes ( donc
déjà biaisé au départ) et non pas de
personnes d'expérience ou reconnues comme interlocuteurs ou
interlocutrices valables pour parler d'enseignement. Bonjour
l'objectivité. Que Le Devoir ait édité ce texte
sous une chronique «opinion » est une chose, qu'il en ait
fait un article-promo de trois colonnes, pleines page, m'étonne.
Surtout à la veille des élections scolaires. Sentirait-on
dans certaines sphères le besoin de justifier une
idéologie qui aurait dépassé les bornes ?
Mais puisque vous avez «osé» publier ce texte, vous
«oserez» donc publier le mien. Tout comme les deux auteures
de cet article, je ne suis pas non plus spécialiste et, comme
elles, je suis engagé. Dans l'éducation de mes fils.
D'après les auteures de votre article, pas de différence
entre les filles et les gars. Les hommes et les femmes agissent,
pensent, et apprennent de la même façon. Les sexes sont
interchangeables peu importe la situation. C'est la
société qui crée les archétypes. On
enseigne donc de la même façon à un petit gars
comme à une petite fille. Tiens donc.
Etes-vous allé voir une cour de récréation ces
derniers temps ? Avez-vous observé vos enfants jouer ? La grande
majorité de gars courent, jouent au ballon, au hockey, se
bousculent même. La grande majorité des filles sont plus
calmes dans leurs jeux. Elles discutent souvent. Il y a effectivement
des filles qui vont jouer avec les gars et vice versa. Mais dès
que le jeu de foot ou de hockey commence à être un peu
plus «musclé» il y a beaucoup, beaucoup moins de
filles dans la partie.
Au Québec comme dans la majeure partie du monde
industrialisé, à peu près 50% de couples
divorcent. De plus en plus avec des enfants en bas âge. Dans 82%
des cas, la garde des enfants va à la mère; 85% des
professeurs sont des femmes au primaire, c'est-à-dire pour nos
enfants qui ont entre 5 et 11 ans, l'âge où la
personnalité se forme. Pas d'homme dans la famille, pas d'homme
à l'école. En tant que père présent,
j'ai intérêt à bien faire mon boulot si je veux que
mes fils aient un modèle masculin.
Jai deux garçons; mon dernier a sept ans. Conseil
d'éducation, comité du projet éducatif,
comité de service de garde, comité de communications,
etc& Je m'implique à l'école de mon plus jeune. Ce
qui ne me donne pas la prétention , comme celle de vos deux
auteures, d'être un expert en éducation. Aussi, je vous
propose un texte de Monsieur Jean-Guy Lemery, 32 ans d'enseignement
dont 23 à la direction d'écoles.
Monsieur Lemery donne depuis huit ans des conférences sur la
façon particulière d'apprendre des garçons. Ses
conférences ont déjà attiré plus de 5000
personnes au Québec et il sortira un livre sur le sujet en
février 2004. De plus, il n'appartient à aucun groupe de
défense de quoi ou de qui que ce soit. Et non, je n'ai pas de
pourcentage sur la vente de son livre. Je ne pourrais expliquer mieux
ce qu'il nous livre dans son exposé voilà tout:
« Depuis 1975, l'écart de la réussite entre les
garçons et les filles du primaire et du secondaire n'a pas
changé même si le taux de réussite s'est
amélioré dans les deux cas. Ainsi le décrochage
s'établit dans les dernières années à 39%
chez les garçons et 28% chez les filles. Comme plusieurs
reviennent poursuivre leurs études, la diplômation au
niveau secondaire 5 se situe à 77% pour les garçons et
à 88% pour les filles, soit un écart de 11%, le
même depuis 20 ans.
Mais si nous
regardons les résultats par matières
à la fin du primaire et du secondaire, nous voyons
apparaître des distinctions révélatrices. En
général, les garçons réussissent aussi bien
que les filles en sciences et mathématiques et souvent mieux en
résolutions de problèmes. La difficulté des
garçons se situe en lecture et en écriture où
l'écart s'établit autour de 20% en faveur des filles.
»
Habiletés langagières
« Il est évident que la véritable
problématique des garçons se situe au niveau des
habiletés langagières, et ceci d'ailleurs, peu importe la
langue et le pays. Il est trop facile, comme l'a fait le Conseil
supérieur d'attribuer ce résultat uniquement à des
«modes différenciés de socialisation» et aux
stéréotypes, ne se gênant pas pour blâmer les
pères de ne pas s'impliquer. Sous prétexte
d'égalité, notre société a une sainte peur
des différences. On peut être égal sans être
identique. Malheureusement pour les gars, le modèle
«partout pareil» a été, consciemment ou non,
plutôt féminin.
Le petit gars qui entre en maternelle a vite constaté (et son
père aussi ) que les seuls hommes dans l'école sont
souvent le concierge et l'enseignant en éducation physique (au
primaire 85% du personnel est féminin). Lui qui aime le concret
et manipuler pour apprendre, se rend compte qu'ici on écoute, on
raconte, on lit et on écrit. Les neurologues vous diraient que
les zones du langage se développent en général
plus vite chez les filles que chez les gars, mais en contrepartie, les
garçons seront plus habiles dans les processus spatiaux.
Lui, qui veut savoir pourquoi, doit souvent se contenter du comment et
bien répondre aux détails si importants pour son
enseignante. Celui qui aime souvent plus les sciences et les
mathématiques se fera dire que ce qui est important c'est le
français. Surtout ne pas trop manipuler les choses
concrètes car c'est bruyant et même salissant. Il se
retrouvera souvent devant des textes qui intéressent davantage
les filles. S'il aime mieux les textes de type documentaire, il risque
de se faire dire que ce n'est pas de vraies lectures. Il devra donc se
pencher sur des textes narratifs avec des émotions en
espérant un peu d'action.
Plus agité
Il se fera avertir beaucoup plus souvent que les filles car il est plus
agité. Il aura peu d'occasions de canaliser ses énergies,
pourtant si naturelles, car les règles de jeux en
éducation physique auront été changées pour
faciliter l'intégration des filles. Dans la cour, on verra ses
besoins de contacts physiques, qui pourtant lui servent souvent
à exprimer ses émotions, comme du tiraillage. Il sera
porté à demander moins d'aide que les filles qui ont une
approche plus verbale et séquentielle. Il cherchera
l'approbation de ses pairs plutôt que celle de son titulaire mais
souvent l'école ne le favorisera pas.
Il se fera avertir plus souvent sur la disposition de ses cahiers et sa
propreté car, centré sur le pourquoi, il a
négligé la forme et a oublié ce qui
représente pour lui des détails. Il aura peu de chance de
voir des modèles masculins dans son école car même
son père a l'impression que c'est réservé aux
femmes...
«Notre système d'éducation, nous dit Roger Sperry
dont les recherches lui ont valu un prix Nobel, tout comme la science
dans son ensemble, tendent à négliger l'intelligence non
verbale.» Madame Hélène Trocmé-Fabre,
spécialiste du cerveau, vous dirait que l'école
privilégie à 85% des approches qui utilisent
l'hémisphère gauche du cerveau, c'est-à-dire le
processus verbal et analytique avec un traitement linéaire et
séquentiel. L'hémisphère droit s'occupe de
synthétiser, de reconnaître les relations entre les
éléments et est plus efficace dans un traitement visuel
et spatial.
Mieux comprendre
Un grand nombre de nos gars privilégient
l'hémisphère droit dans leur façon
d'interpréter et d'apprendre. Ils sont donc
défavorisés dans l'école actuelle. Que ferait-elle
avec un Léonard de Vinci qui préférait dessiner ou
un Einstein qui disait rechercher laborieusement ses mots pour exprimer
sa pensée.
Pourtant, après avoir donné des conférences sur le
sujet depuis huit ans, je sais que les enseignants et enseignantes
souhaitent mieux comprendre la problématique des garçons
car leur expérience leur dit: «Un gars, c'est pas
pareil...» et qu'il faudrait adopter des pratiques
pédagogiques qui rejoindraient mieux nos garçons.
D'ailleurs même les filles y gagneraient car on
développerait chez elles des habiletés jusqu'alors
négligées dans nos écoles. »
De plus en plus de rapports de psychologues, de psychiatres et de
psycho-éducateurs/trices «osent» parler dinjustice
ou de mésadaptatation du système scolaire en ce qui
concerne les gars. Cest dailleurs ce qui provoque ces sorties
intempestives des groupes de pression comme celle des auteures de votre
article « Débat sur lécole ou charge contre le
féminisme ? » Auteures qui ont besoin de trois colonnes
pleines pages pour se justifier. Et que vous leur donnez gracieusement.
Hier soir, comme tous les mois, je suis allé à la
réunion du Conseil détablissement de lécole de
mon fils. Une représentante du MEMO, le Mouvement pour une
École Moderne et Ouverte, parti en lice dans les prochaines
élections scolaires nous a présenté son programme.
Sous le deuxième point en priorité dans les objectifs, on
lisait: « À Montréal, le décrochage scolaire
touche une majorité de garçons. Le MÉMO sengage
à mettre en place des mesures novatrices émanant des
milieux universitaires, de notre personnel, des élèves ou
de leurs parents, afin de lutter contre ce problème. Avec
laccord des conseils détablissements intéressés,
le MÉMO sengage à mettre en place des projets
dactivités ou de classes non mixtes.»
Je ne sais pas si la non mixité est une solution au
décrochage des gars toujours est il que devant lampleur du
problème, des expériences doivent être
tentées. Et puisquon nous serine depuis des années que
le professorat au primaire nintéresse pas les hommes encore
aurait-il fallu faire des efforts pour les y inclure nous pourrions
également mettre sur pied un programme comme celui de «
Chapeau les filles» pour les garçons. Ce programme
récompense dune bourse de 250 000 dollars toutes celles qui se
lancent dans les métiers non traditionnels. Nous aurions donc ce
type de programme adapté au masculin pour sensibiliser et
encourager les gars dans les métiers non traditionnels. Que ce
soit au primaire, au secondaire, au collégial, à
luniversité ou que sais-je encore ?
Au Québec, en plus du livre de Monsieur Guy Lemery qui doit
sortir en février 2004, celui de Madame Ginette Lajoie «
LÉcole au masculin» est prévu pour novembre 2003.
Madame Lajoie est une psycho-éducatrice dexpérience
ayant très longtemps travaillé avec les garçons.
Elle dit en substance :
« Force est de reconnaître qu'actuellement, la
démarche dapprentissage scolaire accorde une importance
considérable aux habiletés linguistiques en favorisant la
réflexion, en multipliant les explications et les consignes
verbales et ce, au détriment de la mise en action
concrète et la démarche de résolution de
problèmes qui pourrait canaliser l'énergie physique ainsi
que le besoin d'exploration manuelle et concrète des
garçons
Les garçons et les filles n'appréhenderaient donc pas la
réalité de la même manière. En raison du
développement hémisphérique de leur cerveau, il
n'est pas étonnant que la majorité des filles performent
mieux dans tous les domaines littéraires et relationnels alors
que la plupart des garçons, eux réussiront dans les
domaines cartésiens et rationnels.
Aisément, nous pouvons insuffler qu'en faisant appel au
fonctionnement des deux hémisphères
cérébraux pour décrypter en totalité
l'information, une approche pédagogique telle que celle «
des intelligences multiples, l'enseignement par projet, l'enseignement
différencié, la pédagogie alternative, ou autre de
ce type » serait bénéfique et favorable pour la
réussite de la majorité des élèves,
garçons ou filles. Cependant actuellement, le milieu scolaire
sollicite davantage l'hémisphère gauche des
élèves dans leur processus d'apprentissage. Avec les
méthodes pédagogiques traditionnelles, actuellement une
majorité de garçons sont perdants et un majorité
de filles gagnantes. »
Aucun des deux auteurs précités n'appartient à
quelque groupement de pression que ce soit. Par contre, tous les deux
ont éprouvé les pires difficultés à publier
leurs écrits qui démontrent la différence
cognitive entre garçons et filles et la mésadaptation de
notre système d'enseignement à cette différence.
Une mésadaptation et une différence ignorées ou
carrément niées.
J'espère que vous tiendrez compte du cinquante pour cent de la
population qui a le droit de vivre, tout comme l'autre d'ailleurs, avec
ses caractéristiques biologiques propres.
Dommage qu'arrivés en 2004, nous soyons encore à
répéter que les femmes et les hommes sont des sexes
complémentaires et non pas opposés. L'injustice envers
les femmes fut jugée intolérable dans les années
60. Cette même injustice envers les gars est elle plus
tolérable aujourd'hui ?
Fier d'être un père présent pour ses enfants.
Serge Ferrand
Montréal
Retour
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| Les difficultés scolaires
des garçons - Débat sur
l'école ou charge contre le féminisme? Michèle Asselin Présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) Gisèle Bourret Formatrice à la FFQ Édition du lundi 3 novembre 2003 Des expériences comme le «gars show» organisé récemment par une école secondaire de Magog ravivent le débat sur le décrochage scolaire des garçons et la non-mixité des classes ou des écoles comme éventuel remède à ce problème. Chaque fois qu'il ressurgit, ce débat donne lieu à la même levée de boucliers contre le féminisme et les féministes. Nous assistons alors à un amalgame d'affirmations qui se présentent comme des causes au décrochage scolaire des garçons: il y a trop de profs féminins, l'école véhicule des valeurs féminines, le féminisme a détruit l'estime de soi des garçons et des hommes, etc. Plutôt que de stimuler une recherche de solutions judicieuses pour contrer le problème réel du décrochage, ce discours nous éloigne du coeur de la question. Petit tour d'horizon pour tenter de mieux comprendre les éléments en jeu. La réussite scolaire Disons d'abord que la majorité des filles et des garçons qui fréquentent l'école y réussissent. Soulignons également que la concurrence actuelle entre les écoles, entretenue notamment par la publication annuelle du palmarès de classement des établissements, exerce une réelle pression sur le milieu scolaire. Dans ce contexte, l'obligation de résultats devient impérative et doit être remplie à court terme. Elle ne permet pas de se questionner bien longtemps sur les moyens à mettre en oeuvre pour favoriser la véritable réussite de toutes et de tous, sur ce qu'implique la réussite scolaire en dehors de l'acquisition d'un diplôme, ni, non plus, sur le rôle que l'école devrait jouer dans la société. Est-il nécessaire de rappeler que la réussite scolaire n'est pas seulement quantitative. Il est important de garder cela à l'esprit lorsque nous parlons de décrochage scolaire. Le phénomène du décrochage scolaire des garçons est loin d'être nouveau. Cependant, un coup d'oeil sur les statistiques nous permet de voir que les garçons décrochent en moins grande proportion aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Par exemple, en 2001, en formation générale, ils étaient 69 % à accéder à la 5e secondaire comparativement à 54 %, en 1982 (source : ministère de l'Éducation). Les chiffres nous montrent aussi que le décrochage, pour les garçons et les filles, commence au cours de la 3e secondaire. Si on regarde le taux de décrochage au secondaire selon l'âge et le sexe, on peut s'apercevoir que l'écart entre filles et garçons varie : il atteint un sommet à 19 ans avec 10 % d'écart comparativement à 5 % à 17 ans. On constate, de façon générale, que les jeunes femmes ont mieux réussi que les garçons à corriger leur situation par rapport au décrochage. (Notons d'ailleurs ici que plus le niveau d'études augmente, chez les femmes, plus se rétrécit l'écart qui existe avec le salaire des hommes.) Tout en nous donnant un portrait général, ces données ne nous permettent pas, évidemment, de rendre compte de toute la réalité. Par exemple, les statistiques de bon nombre d'écoles ou de commissions scolaires ne montrent pas d'écarts sensibles entre les résultats moyens des garçons et ceux des filles. Ces données ne nous renseignent pas, non plus, sur les causes diversifiées du décrochage chez les filles et chez les garçons. L'analyse est complexe et reste en bonne partie à faire. Plusieurs hypothèses pourraient être avancées, et certaines d'entre elles seraient fort utiles à la recherche de solutions au problème de décrochage des garçons. Ne devrait-on pas, entre autres, comparer les garçons qui réussissent et ceux qui échouent pour mieux saisir ce qui se passe ? Cette piste de solution mériterait sans aucun doute d'être considérée. Cependant,
plutôt que de s'attarder à poursuivre l'analyse
afin de trouver des moyens d'action adéquats, le discours
entendu actuellement se replie, trop souvent, sur des arguments qui ne
tiennent pas la route. En voici deux. |
8 décembre 2004
LE JOUR OÙ LE NOMBRE DE FEMMES
VICTIMES DE VIOLENCE A DIMINUÉ DE 285 791 VICTIMES
21 janveir 2005
| "Plus
ou moins 5000 femmes victimes de violence conjugale avec 115
maisons d’hébergement et des millions de dollars en services
sociaux
adaptés à leurs besoins et 10 000 hommes dans la rue
laissés à
eux-mêmes sans aide, sans rien. Sans compter les 2200 qui se
disent
victimes d’agression de la part de leur conjointe ou de leur
ex-conjointe et dont on n’entend pas parler. Voilà le vrai
visage de la
violence conjugale au Québec." Serge Ferrand, auteur et réalisateur du film "La machine à broyer les hommes" |
En 1980, le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme
secoue l'opinion publique avec la publication de l’étude La
femme battue un cercle vicieux ? Reposant sur leurs données de
1978, les sociologues, Linda McLeod et Andrée Cadieux affirment
que «chaque année, une Canadienne sur 10 est battue,
qu'elle soit mariée ou qu'elle vive en union de fait.»
Suite à ces données, le chiffre de 300 000 femmes battues
annuellement au Québec apparaît dans les dépliants
du Ministère de la Santé, dans les prospectus des CLSC,
du Ministère de la Justice, sur le site d’Amnistie International
section Québec, sur celui du Regroupement des maisons
d’hébergement, sur tous les sites défendant les droit des
femmes. À la lumière de ce chiffre hécatombe,
Québec adopte une série de mesures et de programmes.
Contestée, pressée par les scientifiques et les
journalistes de s’expliquer, Madame Linda McLeod finit par avouer au
62e Congrès, de l’ACFAS, le 17 mai 1994, soit 14 ans plus tard
:« Mon estimation n'avait aucun semblant de validité ou de
fiabilité statistique. je n'avais accompli aucune acrobatie
statistique. Pourtant, je me sentais sûre de ce chiffre parce
qu'il reflétait une réalité qui avait
été corroborée par les estimations de ceux qui et
celles qui travaillaient sur la ligne de front. C'était une
supposition admise; je n'ai jamais prétendu que ce soit autre
chose» — page. 13, actes du colloque Violence envers les femmes;
la controverse des chiffres
Vingt-cinq ans après les chiffres stéroïdes de
Madame McLeod, soit un quart de siècle plus tard, et
malgré le démenti fait par l’auteure elle-même,
tous les organismes et ministères déjà
mentionnés parlaient encore de ce 300 000 femmes battues au
Québec…jusqu’au 8 décembre 2004. Date à laquelle,
suite à des demandes d’accès à l’information
lancées par les groupes de pères, ce chiffre
disparaît subitement. Pourquoi?
Parce que le 8 décembre 2004, Madame Michelle Courchesne,
Ministre de l’immigration, des relations avec les citoyens et
responsable de la Condition féminine donne une conférence
de presse à Québec avec le Ministre de la Santé et
des Services sociaux, les représentants du Ministère de
la Justice et ceux du Ministère de la Famille, pour lancer la
Commission parlementaire sur le nouveau contrat social portant sur
l’équité entre les femmes et les hommes. Les chiffres des
ces différents ministères sur la violence conjugale ne
concordent pas et les demandes d’accès à l’informations
pour justifier le 300 000 femmes victimes sont gênantes. Aussi
décide-t-on d’adopter les statistiques policières.
Dans le texte de Madame Michelle Courchesne, il n’est donc plus
question de 300 000 femmes battues mais de 14 209 femmes et d’un peu
plus de 2200 hommes se disant victimes de leurs conjoints. En une seule
nuit, on vient donc de réduire la violence faite aux femmes de
285 791 victimes.
Mais d’où vient ce nouveau chiffre de 14 209 femmes battues
annuellement au Québec?
Ce 14 209 femmes battues provient des statistiques policières du
DUC 2, la Déclaration Universelle de la Criminalité que
le Ministère de la Justice publie chaque année. Il
représente les infractions relevées par les policiers
après une très brève enquête. Or, dans
l’étude de deux chercheures Sonia Gauthier et Danielle Laberge
de l’Université de Montréal et de l’Uqam,
intitulée : "Entre les attentes face à la judiciarisation
et l’issue des procédures—année 2000", les deux
scientifiques rapportent qu’en matière de violence conjugale il
y a 31,4% de culpabilité et 68,4% de remises en liberté.
Donc, sur 14 209 infractions relevées annuellement par les
policiers cela signifierait 4462 condamnations et 9718 remises en
liberté. Avec seulement 5% d’accusations retirées et 10,7
% d’arrêts de procédures.
Plus ou moins 5000 femmes victimes de violence conjugale avec 115
maisons d’hébergement et des millions de dollars en services
sociaux adaptés à leurs besoins et 10 000 hommes dans la
rue laissés à eux-mêmes sans aide, sans rien. Sans
compter les 2200 qui se disent victimes d’agression de la part de leur
conjointe ou de leur ex-conjointe et dont on n’entend pas parler.
Voilà le vrai visage de la violence conjugale au Québec.
Merci Madame Courchesne, Monsieur le Ministre de la Santé et des
Services sociaux et Monsieur le Ministre de la Famille pour avoir enfin
réduit ce fléau de 285 791 femmes victimes ce fameux 8
décembre 2004.
Mais les hommes et les pères dans tout ça ?
SERGE FERRAND,
Auteur et réalisateur
Dans le cas de pères qui quittent une femme avec leur enfant de
moins
de trois ans, la première réaction de l'homme, c'est
celle
de la
responsabilité. Que doit-il faire pour ne pas
«paraître»
comme un lâche
et un salaud ? C'est sur ce questionnement que jouent la plupart des
femmes d'ailleurs. La majorité des hommes s'en remettent
automatiquement à la femme parce que depuis des siècles
on
leur dit
que c'est elle qui s'occupe des enfants. ERREUR !
Aujourd'hui, depuis que la femme est sortie pour travailler, NOUS, les
hommes, avons non seulement le droit et le devoir de nous occuper de
nos enfants mais c'est un retour naturel des choses que de
revendiquer ce privilège. Elles ne sont pas plus faites pour
s'occuper
des enfants que nous, elles ne sont pas plus faites pour travailler que
nous.
Si on s'accorde sur un point avec les intégristes
féminines,
c'est bien
sur la répartition équitables des tâches. Elles
veulent
travailler, bien.
Nous, on veut s'occuper de nos enfants. Qui a dit qu'un père ne
peut
pas s'occuper de son enfant aussi bien qu'une mère.
Prétendre
cela
c'est du sexisme et c'est condamné par la loi.
Ne soyez plus considéré comme un père
porte-feuille
! Impliquez-vous
partout où vous pouvez être impliqué: École,
changement de couches,
biberons de la nuit, éducation, sport, visites chez le
médecin,
etc...
Exigez d'être respecté comme PÈRE, comme HOMME
partout
où
vous allez et montrez bien que votre démarche est celle d'un
père
et
non d'une mère et que, en tant qu'homme vous avez une approche
et
une démarche différentes: Vous parlez moins, vous agissez
plus !
Vous avez des colères plus retentisssantes, vous mettez le
respect
de
la parole donnée avant toute chose... C'est NORMAL, votre taux
de
testostérone est quinze fois plus élevé que chez
la
femme ! ET ALORS
? Va-t-on vous condamner pour cela ? Condamne-t-on les
homosexuels, les femmes pour leur taux d'oestrogènes ?
Soyez fier d'être un HOMME... et surtout d'un homme qui s'occupe
de
ses enfants.
EXIGEZ LA COPARENTALITÉ ! Pour vous, TOUT peut être
négocié
sauf LA COPARENTALITÉ. Vous avez prouvé que vous vous
occupez
de votre enfant, on ne peut vous le retirer.
Le problème des ado à l'heure actuelle, c'est que 82%
d'entre
eux ont
été élevés par des femmes puisque les
pères
se sont évacués
eux-mêmes ou ont été évacués par le
système.
Le résultat de cette
éducation par des femmes seulement est HORRIBLE ! Même les
intégristes féminines ne peuvent le nier, elles sont dans
un cul-de-sac.
Ces chiffres d'enfants ayant été élevés par
des femmes et ayant de
gros problèmes à l'adolescence ne sont évidemment
pas divulgués...ils
ne correspondent pas à la rectitude politique actuelle. Ces
VAGINOCRATES voudraient bien nous évacuer mais de plus de en
plus d'études démontrent que les enfants ont besoin d'une
MÉRE et
d'un PÈRE. Si vous jouez cette carte, PERSONNE ne peut le
contester
aujourd'hui.
Montrez et démontrez que vous êtes aussi capables qu'elles...
Elles sont allées sur le marché du travail,
impliquez-vous
sur le marché
de la famille. Vous y gagnerez !
Fiers d'être des hommes !
Texte rédigé en référence et
grâce
à la traduction de l'éditorial du NATIONAL POST du lundi
20 août 2001:
« Obstruction 2 »
Le journal La Presse de Montréal, dans son édition du mercredi 22 août publie deux articles, « Le Brésil élimine les lois sexistes de son Code civil» en page A 10 et un entrefilet éditorial écrit par Agnès Gruda, en page A 17 «Le mur du machisme». L'entrefilet reprenant la nouvelle du premier article dans le ton : «Dorénavant la famille (brésilienne) ne sera plus la propriété exclusive des hommes et les femmes seules, ces parias des sociétés patriarcales, pourront devenir les tutrices légales de leurs enfants. ». Bien.
Ceci se passait au Brésil, HIER SEULEMENT... et nous avons déjà ces articles dans notre bol de céréales ce matin. Quelle efficacité !
Moi, je voudais parler des parias des sociétés matriarcales: LES PÈRES... Ça m'étonnerait que ce qui suit vous l'ayez lu ou vu quelque part.
En décembre 1998, un comité spécial
multi-partis,
formé de 23 membres travaillant sur les droit de visite et de
garde
des enfants, présenta son rapport intitulé: « Dans
l¹intérêt supérieur de
l¹enfant».
Ce rapport concluait qu¹il était primordial que chaque
enfant
bénéficie de ses deux parents dans la vie. Le
comité
recommandait donc que les deux parents qui divorcent ou se
séparent
fournissent un plan détaillé de leurs intentions
parentales
lors de la brisure de leur union. Le comité concluait
également
que le gouvernement devait établir une politique bien
structurée
afin d¹assurer au parent non-gardien (le père en
général)
de vrais recours quand le parent gardien (la mère en
majorité)
aurait refusait à tort des droits de visite. Cette
proposition
aurait amélioré la qualité de la
parentalité
au Canada et aurait donné plus de pouvoirs aux parents à
qui on refusait d¹exercer leurs droits de
visites prévus par la loi.
Notre Ministre de la Justice du Canada, Madame McLellan et son département viennent sciemment de torpiller le projet. Ça se passe à Ottawa, PAS AU BRÉSIL... ça se déroule depuis février 1998, PAS LE 22 AOÛT 2001. Très peu de médias anglophones, à part le National Post, et AUCUN médias francophones en ont parlé.
Un peu d¹histoire:
En 1991, alors professeure de Droit à l¹Université de l¹Alberta, Madame McLellan exprimait déjà de fortes réticences à donner aux pères plus de droits, en écrivant que « la coparentalité ou garde partagée pourrait purement et simplement perpétuer l¹influence et la domination des hommes sur les femmes ». Et vous parlez de SEXISME ? Au BRÉSIL en plus ?
Ignorant des recommendations glanées dans plus de 500 audiences publiques, des documents du département de la Justice obtenus par le National Post indiquent clairement que Madame McLellan et quelques uns/unes de ses haut(e)s fonctionnaires avaient décidé très tôt de rejeter toute proposition de coparentalité. De tels «débats inconsistants », déclara un(e) de ces haut(e)s fonctionnaires, devraient être évités.
Les documents obtenus par le National Post montrent que Madame McLellan et ses plus haut(e)s conseiller(e)s, élaborèrent un « plan de communication » en trois phases, BIEN AVANT que le comité sorte son rapport sur «L¹intérêt supérieur de l¹enfant ».
Ce plan du Ministère de la Justice bien que reconnaissant la profonde sympathie éprouvée par les Canadiens à l'endroit des pères évacués et admettant que les articles et les éditoriaux écrits en faveur de la coparentalité dépassait largement en nombre ceux supportant le statu quo et les positions des groupements de femmes, refusait de renforcer le recours aux tribunaux et favorisait «l¹éducation, la médiation et toutes autres sortes d¹options moins radicales ». Il fallait absolument préserver 20 ans de précédent judiciaire qui avaient FAVORISÉ LES MÈRES AU DÉTRIMENT DES PÈRES.
En d¹autres mots, Madame McLellan et son équipe, avaient rejeté des propositions contenues dans le rapport «Dans l¹intérêt supérieur de l¹enfant » BIEN AVANT même d¹avoir lu le rapport.
Pour que le «Plan de communications » marche, il
était
essentiel de préserver les apparences d¹objectivité
du gouvernement. Ainsi, la première phase du plan de
communications
permettrait à la Ministre de la Justice de rendre hommage
à
l¹excellent travail du comité qui avait produit le fameux
rapport.
C¹est d¹ailleurs ce que Madame McLellan fit à sa
sortie.
La seconde phase misait sur la réponse du gouvernement dans les
150 jours suivant la sortie du rapport. C¹était le
temps
qu¹il fallait aux fonctionnaires pour déloger de
l¹esprit
des Canadiens que la coparentalité ou la garde partagée
étaient
dans «l¹intérêt supérieur des enfants
».
La troisième phase qui doit se dérouler incessamment,
devait
consister à introduire une nouvelle législation faites de
mesures
insignifiantes ou cosmétiques.
Le chat est sorti du sac quand le National Post a osé (lui)
publier «que les groupes féministes qui ne voulaient pas
participer
avec les hommes aux consultations fédérales provinciales
sur les droits de visite et de garde, exigeaient des consultations
privées
». Cela provoqua une réponse de Madame Virgnia
McRae,
haut(e) fonctionnaire du département de la Justice. Elle
déclara
qu¹aucun effort n¹avait été fait pour
accéder
à la demande des féministes.
Cette lettre devint une source de débats entre, d'un
côté,
la sénatrice libérale Madame Anne C. Cools et le
sénateur
libéral, Membre du Parlement, Monsieur Roger Gallaway qui
supportent
tous les deux la coparentalité, et de l¹autre
côté,
Madame McLellan qui répétait ses platitudes
familières.
« Notre but commun » écrivait la Ministre de la
Justice,
le 20 juillet, « est de créer un système familial
efficace
à travers tout le Canada, un système qui favorisera une
approche
centrée sur l¹enfant, sur ses besoins et ses
intérêts.
» Bref, rien n'est plus semblable à l'identique que
ce qui est pareil à la même chose.
Des rumeurs dans le cercle des libéraux, veulent que la
troisième
phase du plan de communications commence bientôt. Madame
McLellan
doit présenter un projet de loi omnibus sur la pauvreté
chez
les enfants. Ce projet de loi contiendrait en marge par ci, par
là,
quelques amendements sur les droits de visite et de garde
suggérés
par le rapport « Dans l¹intérêt
supérieur
de l¹enfant ». Le Parlement et les Canadiens ne
doivent
pas permettre une telle manoeuvre. Madame McLellan n¹a pas
été
franche au sujet de la coparentalité. C¹est le moins
qu¹on puisse dire...
Tout cela se passe à Ottawa, à deux heures de Montréal, depuis DEUX ANS, pas depuis HIER.. Pendant ce temps-là, 82 % des mères ont la garde de leurs enfants, 77% des femmes sont responsables des enlèvements, entre 35 et 40% des accusations d¹agression sexuelle ou de violence conjugale sont fausses, sur 1500 suicides réusis l¹an dernier, 1140 étaient des hommes dont plus de 600 des pères en rupture, soit deux pères par JOUR, plus de 85% des itinérants sont des hommes... et vous parlez de SEXISME, au BRÉSIL ?
Je pourrais vous parler du site haineux, envers les hommes, des femmes de l¹Ontario, des mensonges véhiculés dans ce site et dans bien d¹autres, je pourrais vous parler de ce qui se passe vraiment dans les maisons de femmes battues au Canada, des écrits de Valérie Solanas qui encourage ouvertement, légalement, la disparition des hommes, même par le meurtre... Il faudrait parler de cette nouvelle loi, le «Bill 117 » qui vient d¹être adoptée en Ontario, grâce aux extrêmistes féminines, et qui permet à une femme, sur un simple coup de téléphone, de ruiner la vie de son conjoint... Mais vous n¹avez pas le temps, vous devez peut-être rédiger un article sur le sexisme en Thaïlande, au Burkina Faso ou en Papousie ?
Pendant ce temps-là, des pères et des enfants souffent au C.A.N.A.D.A.
Fier d¹être un père qui lutte pour un avenir moins sexiste de ses deux garçons.
SERGE FERRAND3 900 000
FEMMES AGRESSÉES SEXUELLEMENT PAR LEURS CONJOINTS ET
EX-CONJOINTS AU CANADA EN
2006 ! (*)
Serge
Ferrand est l’auteur et le réalisateur des
deux documentaires « Entre père et fils » et «
La machine à broyer les hommes».
Ces presque quatre millions de femmes
victimes
correspondraient au 39% des dix millions de canadiennes
molestées sexuellement
par leurs conjoints et ex-conjoints en 2006 ; un trente-neuf pour cent
allègrement propulsé dans la stratosphère par le
Conseil du Statut de la femme
(CSF) dans son rapport de 1995 « la
violence faite aux femmes : à travers les agressions
à caractère sexuel»(1).
Des chiffres qu’on laisse volontairement planer annuels et que
personne n’a
remis en question depuis onze ans.
« Selon
les résultats de l’enquête sur la violence envers les
femmes, 39% des femmes
ont signifié qu’elles avaient été agressées
sexuellement par leur conjoint.
L’enquête vient donc confirmer les résultats des
différentes recherches voulant
que les femmes soient les victimes de la violence des hommes qu’elles
connaissent.» — Conseil du Statut de la femme 1995, p.47
Pourquoi parler de cette
élucubration de 1995
aujourd’hui ? Parce qu’en 2006, la plupart des organismes de
défense du droit
des femmes comme le Regroupement des maisons d’hébergement du
Québec, les
CALACS (les Centres d’aide et de lutte
contre les agressions à caractère sexuel), les CSSS (Centres de santé et services sociaux) et bien
d’autres, récupèrent
ces chiffres gonflés aux stéroïdes pour mieux
muscler le bien fondé de leur
existence et leurs campagnes de financement (2).
Quand
on analyse attentivement les données
de L’Enquête sociale générale sur la
victimisation (ESG) et de l’Enquête
sur la violence envers les femmes (EVEF) éditions 1993,
1994, 2001 et 2004,
on s’aperçoit que dans les faits, 50
000 canadiennes
(0,5%) dont 10 000 québécoises se disent victimes
d’agressions sexuelles de la part
de leur conjoint et ex conjoint, chaque année. Des chiffres
énormes mais à une
galaxie des 3 900 000 victimes publicisées en THX ! Cela revient
surtout à
s’apercevoir que 3 850 000 conjoints et
ex conjoints canadiens (3 900 000 – 50 000) seraient ainsi faussement
accusés
d’agressions sexuelles, tous les ans, grâce aux chiffres
stéroïdes lancés
en 1995. Et ce n’est pas tout.
Ces agressions entre
conjoints et ex conjoints sont considérées
par la police comme des crimes contre
la personne dans un contexte conjugal.
Or le DUC 2 (Déclaration
Uniforme de Criminalité) du Ministère de la
Sécurité publique du Québec
(5), rapporte que les corps de police ont enregistré 17 000 crimes contre la personne dans un
contexte de violence conjugale en 2004 (Page
III, Criminalité dans un contexte conjugal 2004) soit 13 973
victimes
femmes et 2736 victimes hommes au Québec cette
année-là. Tous types de violence
confondus. Par crime, le
DUC 2 entend une
infraction criminelle relevée par les corps policiers
après une brève enquête. Que
deviennent ces infractions criminelles
en
cour, après jugement ?
Dans l’étude des
deux chercheures Sonia Gauthier et Danielle
Laberge de l’Université de Montréal et de l’Uqàm,
intitulée : Entre
les attentes face à la judiciarisation et l’issue des
procédures — année 2000,
les deux scientifiques rapportent qu’en matière de violence
conjugale, il y
31,4% de culpabilité et 68,4% de remise en liberté. Donc sur les 13 973 infractions
relevées en matière de violence conjugale contre les
femmes annuellement par la police, en 2004, cela signifierait 4388
condamnations et 9585 remises en liberté.
Avec seulement 5% d’accusations retirées et 10,7%
d ‘arrêts de
procédures dans un domaine comme celui de la violence conjugale
où la tolérance
se situe aujourd’hui bien en dessous du zéro absolu.
Quant aux agressions
sexuelles — un sous ensemble de cette
violence conjugale — le DUC 2 de 2004 (5) indique au chapitre 2, dans
son
graphique 1, que 9% des 13 973 femmes victimes d’infractions
criminelles dans un contexte de violence conjugale
auraient été touchées, soit 1258 femmes pour
l’année 2004. Ceci
comprenant toutes
formes d’infractions criminelles au
plan des agressions
sexuelles: du harcèlement psychologique et physique au viol et
à la tentative
de viol. Encore là, de quel taux de
culpabilité parle-t-on après procédures et
jugements ? Les chiffres ne sont pas
disponibles.
En
résumé, pour ce qui est des agressions sexuelles, au
Québec:
•
D’après les enquêtes sociales sur la victimisation
(ESG,ESVEF), 10 000
québécoises se disent victimes d’agressions sexuelles de
la part de leur
conjoint ou ex conjoint chaque année ;
•
Le DUC 2 du Ministère de la sécurité publique
relève 1258 femmes (9% de 13 973)
étant victimes de ce type d’infraction
criminelle dans une situation de
violence conjugale;
•
Quant à l’issue des procédures suite à ces infractions
criminelles : aucune statistique
officielle de disponible.
En
résumé, pour ce qui est de la violence conjugale, au
Québec:
•
Sur 13 973 infractions criminelles
relevées par les policier(e)s
contre les femmes, on compterait après procédures et
jugements: 9585 remises en
liberté et 4388 condamnations;
Où
sont les 3 900 000 femmes victimes d’agressions sexuelles de la part de
leurs
conjoints et ex conjoints dans tout ça ?
Et ce sont là des
données sur 5 ans. En fait, en matière de
violence conjugale, en 2001, 62
700
femmes se seraient déclarées victimes d’un conjoint ou
d’un ex-conjoint… et 39 500 hommes (3).
Ce qui est déjà énorme à mon avis. Mais encore là, combien de plaintes ?
fondées,
non fondées ? Aucuns chiffres disponibles.
Madame
Poulin continue et écrit, page 18: «
34 % des femmes avouent que la peur du conjoint a joué un
rôle important dans
leur décision de ne pas faire appel à la police».
Mais ce 34% est calculé à
partir d’un sous groupe non représentatif et après
vérification avec l’ISQ, on
s’aperçoit que la proportion des femmes qui ont invoqué
la peur du conjoint
comme raison pour ne pas avoir alerté les services policiers est
en réalité de
16,2% (26 900 sur 165 900). Moins de la
moitié du taux mentionné dans l’article de la Gazette des
femmes.
Comme le DUC 2 2004 nous
révèle que la proportion d’hommes qui
n’alertent pas la police dans les situations de violence conjugale est
au moins
aussi importante que celle des femmes, combien des 135 000 hommes se
disant victimes
(3) n’ont pas alerté les services policiers ?
Aujourd’hui, pour leur
campagne de financement, les
CALACS (les Centres d’aide et de lutte aux
agressions à caractère sexuel), les CSSS ( Centres de
santé et services
sociaux) parlent de 230 000 victimes d’agressions sexuelles(1)… en
Montérégie
seulement ; soit plus que le total de 220 000 des femmes
s’étant déclarées
victimes de violence conjugale dans tout le Canada en 2001 (ESG 2001) !
Les
centres d’aide auraient pu tout aussi bien dire un million ou deux,
personne
n’aurait bronché. Pas
étonnant qu’aux
CALACS on soit essoufflé… à force de pomper les chiffres.
Madame Ariane
Émond, journaliste et cofondatrice du magazine
féministe La Vie en rose déclarait
lors du colloque Comment ça va, les
hommes tenu à Montréal, le 15 novembre dernier
à l’Hôtel Hilton : « Le machisme tue tous les jours, alors que le féminisme
n’a jamais tué
personne», le même slogan que ce groupe
d’intégristes féminin(e)s avait
scandé en s’introduisant chez moi et en y jetant des boules
puantes après la
diffusion de mon documentaire LA MACHINE À BROYER LES HOMMES en
2005 à Enjeux
(4). Documentaire dans lequel je dénonçais justement ces
chiffres catastrophes
sans pour autant nier les problèmes. Où va se nicher
l’intolérance ?
Je ne suis pas certain que
le féminisme des dix ou quinze
dernières années, celui qui a gonflé les
données, interprété librement les
statistiques afin de faire passer les hommes pour des affreux, des
sales et des
méchants, n’est pas responsable de drames et de catastrophes. Quand un lobby martèle faussement
pendant plus de 10 ans que 300 000 québécoises sont
battues chaque année, que la moitié des pères ne
paient pas leurs pensions
alimentaires et négligent ainsi leurs enfants, que les hommes
voient leur
revenu augmenter de 42% et que les femmes voient le leur baisser de 73%
lors
des séparations, que 3 900 000 canadiennes sont agressées
sexuellement par leur
conjoint ou ex conjoint annuellement, je me demande quelle influence
néfaste
toute cette propagande haineuse peut avoir et le contrecoup que nous
payons.
Quelles sont les
conséquences de cette image de brute
irresponsable qu’on véhicule de l’homme dans nos tribunaux,
auprès des corps de
police et des services sociaux ?
N’a-t-elle pas eu une influence néfaste sur les
décisions de nos juges,
sur la façon d’intervenir de nos policier(e)s lors de conflits
conjugaux, sur
l’absence totale d’aide aux hommes dans notre système de
santé et sur les
modèles pour nos garçons à l’école ?
N’a-t-elle pas créée des drames et des
injustices, de la violence ? N’est-elle
pas un obstacle dans la recherche de solutions ?
Je ne suis plus si
sûr que ce féminisme-là soit pacifique.
Serge Ferrand
(*) Beaucoup
de données
citées dans ce texte sont tirées du document «SOS
vérité : Le Conseil du Statut de la femme
démaquillé» de
Gilbert Claes et Pierre Tremblay.
http://www.plaquetournante.ca/gilbert-claes/SOS%20Verite-CSF%20demaquille.pdf
(1) La
violence faite aux
femmes: à travers les agressions à caratère
sexuel— Recherche, No. 195-03-R,
Conseil du Statut de la femme, Les Éditions du Québec,
février 1995, 79p.
http://www.csf.gouv.qc.ca/telechargement_publication/index.php?id=117
(3) Institut
de la statistique du Québec (ISQ)— Denis Laroche.
http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf/ViolenH_F-3.pdf
(4) Mario Roy:
mroy@lapresse.ca La sinistre
montée de
l’intolérance, La Presse 26 avril 2005 :
http://garscontent.com/504_avril/28/roy.jpg…
(5)
Duc 2, Ministère de la Santé publique du Québec:
http://www.msp.gouv.qc.ca/prevention/statistiques/2004/violconj/stats_violence_conjugale_2004.pdf