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St-Pie,
16 mai 2006
Nous avons pris connaissance
de votre intention de former un groupe de travail qui aura pour mandat
de trouver une solution pour éviter les fermetures de ponts.
Nous sommes étonnés qu'aucun organisme voué
à l'aide aux pères en crise ne fasse partie de ce
comité. Nos nombreux
contacts auprès d'hommes en
difficulté suite à des divorces
/séparations difficiles nous a amenés à
avertir dernièrement le bureau du ministre de la santé et
des services sociaux que des actes spectaculaires et dramatiques
allaient probablement survenir. Les récents
événements qui ont causé tant de soucis
à la population montréalaise nous ont encore une
fois donné raison. Vous aurez beau
installer des barbelés autour des structures des ponts,
ériger des miradors avec des gardiens armés, faire
appel à des dizaines de chiens policiers, enfouir dans
le sol des mines antipersonnelles, rien ne changera si nos
décideurs politiques n'abordent pas les causes profondes du
problème. Un homme en crise, un père
désemparé, s'il ne peut plus escalader un pont,
déchargera son agressivité ailleurs et probablement de
façon beaucoup plus dramatique que celle de bloquer la
circulation. Les cheveux vous dresseraient sur la tête si l'on
vous communiquait les actes dramatiques que certains pères
étaient prêts à commettre après avoir
été injustement éloignés de leurs enfants
après une séparation/divorce. Nous avons réussi
à les calmer, à les raisonner et ce, sans subventions,
sans aucun appui de nos décideurs politiques. Un père en
crise est comme une bête qui ne sait pas où se
réfugier pour exprimer sa souffrance. Seule la prison l'attend
s'il crie un peu fort, s'il ose exprimer sa révolte. L'AR est un
des rares centres ou points d'aide totalement masculins qui aurait pu
l'aider. Mario Morin n'a trouvé aucun point d'ancrage pour se
rattacher à une réalité difficile, certes, mais
surmontable. Nous faisons face, comme société, à une situation nouvelle où des pères, incapables de se faire entendre, utilisent des actes extrêmes pour qu'on les écoute. Des manifestations de toutes sortes de la part des syndicats, des lobbies, qui ne perturbent pas uniquement un pont mais toute la province, sont exemptes de tracasseries juridiques ou policières. Le système ne tolère pas que des pères, après avoir tout tenté pour garder des liens significatifs avec leur progéniture, utilisent des moyens aussi perturbateurs que ceux utilisés par les groupes de pressions organisés. |
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Le 25 juillet 2006
Monsieur le Président, Le 15 mai 2006, vous transmettiez un courriel
au ministre de la Sécurité publique,
monsieur Jacques P. Dupuis,
afin de lui demander de faire partie du Groupe de travail sur les
événements
entravant la circulation dans des lieux stratégiques. Vous lui
demandiez
également une rencontre afin de proposer des solutions à
plus long terme au
sujet de la réalité que vivent certains hommes
auprès desquels votre organisme
intervient.
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St-Pie,
27 juillet 2006 Monsieur
Paul Girard
Monsieur, Suite à votre lettre du 19 juillet 2006 , nous désirons apporter les précisions suivantes : Nous connaissons bien le Rapport Rondeau, car c’est en grande partie grâce aux pressions de nos bénévoles auprès du Ministère de la Santé qu’il n’a pas sombré dans l’oubli…
Cela dit, nous avons beaucoup
appris au sujet du plan d’intervention gouvernemental suite à
une longue
conférence téléphonique avec Michel
Lavallée et Gilles Descôteaux au cour de
l’hiver dernier, mais surtout grâce aux documents que nous avons
obtenus par
voie de la loi d’accès à l’information. Globalement, les
consultations qui ont
été planifiées par monsieur Michel Lavallée du
ministère de la Santé font référence
à des organismes à forte concentration
féminine et quelques organismes d’hommes à philosophie
féminine. Comment
expliquer que le Conseil du statut de la femme a été
consulté alors que notre
organisme, un des rares au Québec à avoir une expertise
blindée auprès de
centaines d’hommes en crise, ne l’a jamais été,
lui?
Les rares contacts que nous avons eus avec certains
fonctionnaires concernés
par le plan d’action nous ont démontré que la
colère de nombreux hommes en
crise, leur détresse que nous avons tenté d’expliquer,
d’exprimer, dérangent. Nous
proposons une approche
originale, totalement masculine, qui tient compte des
particularités
psychologiques des hommes en détresse. Plusieurs d’entre eux ont
d’abord frappé
aux portes des CLSC, ont rencontré des intervenantes, sans
succès. Par la
suite, ils ont trouvé auprès de L’après-rupture
une
écoute entièrement masculine qui leur a permis de se
prendre en main. Plusieurs
pères, grâce à nos conseils, ont renoncé au
suicide et ont plutôt décidé de
mettre tout en œuvre pour conserver un lien significatif avec leurs
enfants
après un divorce/séparation, lien essentiel pour le
développement harmonieux
des enfants. Cette approche masculine, avec des valeurs masculines,
nous a valu
le refus de la reconnaissance du gouvernement et des subventions
gouvernementales… Nous devons nous en remettre, pour continuer notre
œuvre, au
maigre soutien de quelques communautés religieuses
féminines et aux dons de
particuliers qui croient en notre approche particulière pour
survivre. Nous
croyons que le plan d’action
pour la condition masculine qui verra peut-être le jour est
voué à l’échec et
gaspillera l’argent des contribuables si des organismes d’hommes ne
sont pas
consultés et s’ils sont exclus des solutions adoptées.
Les exemples dramatiques
du haut taux de suicide chez les hommes au Québec, de même
que le décrochage
scolaire qui concerne majoritairement les garçons, devraient
faire réfléchir
nos décideurs quant aux stratégies coûteuses
adoptées jusqu’à maintenant qui se
sont avérées des échecs lamentables, à
quelques exceptions près. Encore
une fois, nous réitérons
notre volonté de collaborer avec le Ministère de la
Santé et à proposer des
avenues originales fondées sur près de dix
années de soutien auprès
d’hommes en difficulté. Encore faut-il nous en donner l’occasion
et les
moyens… Respectueusement, Jean-Claude
Boucher |
| Ministère de la Sécurité publique Direction de l'organisation et des pratiques policières PAR COURRIEL Le 31 juillet 2006 Monsieur Jean-Claude Boucher Président L’Après-Rupture jeancb@cgocable.ca Monsieur le Président, Le 27 juillet 2006, vous transmettiez une correspondance au sous-ministre associé à la Direction des affaires policières, de la prévention et des services de sécurité, monsieur Paul Girard, en réponse à la lettre qu’il vous avait transmise le 25 juillet dernier. C’est avec intérêt que nous avons pris connaissance de vos préoccupations à l’égard des hommes en difficulté. Toutefois, comme elles s’adressent davantage au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), nous avons fait suivre votre correspondance plus spécifiquement à la Direction des services sociaux généraux du MSSS. Veuillez recevoir, Monsieur le Président, mes plus cordiales salutations. La directrice de l’organisation et des pratiques policières, ORIGINAL SIGNÉ Carole Michel |
| Monsieur
Jacques Dupuis, Ministre de la sécurité publique Bureau de Québec 2525, boulevard Laurier, 5e étage Tour des Laurentides Québec (Québec) G1V 2L2 Monsieur, Le 31 juillet 2006, madame
Carole Michel, directrice de l'organisation et des pratiques
policières, nous informait que nos préoccupations
à l'égard des hommes en difficulté seraient
transmises au Ministère de la santé et des services
sociaux. Son message courriel faisait suite à une lettre que
nous vous avions expédiée le 16 mai 2006, suite au
blocage du Pont Jacques-Cartier par un père en crise. Nous
n'avons obtenu aucun retour du Ministère de la santé
depuis.
Les récents
événements tragiques survenus au Collège Dawson
confirment malheureusement les prévisions dont nous vous avions
fait mention alors. De plus, l'arrestation d'un adolescent de 15 ans
par des policiers de la Sûreté du Québec à
Hudson, le 17 septembre, nous interpelle au plus haut point. Il semble
que cela soit devenu une habitude au Québec d'emprisonner
des individus de sexe masculin en crise plutôt que de
leur offrir prioritairement de l'aide psychologique... Nous
maintenons, comme l'affirment de plus en plus d'éminents
psychiatres et criminoloques, que des drames humains mettant en
scène des hommes en détresse s'intensifieront dans les
années à venir. Notre organisme totalement
masculin a offert sa collaboration aux responsables de
l'État dans le dossier de la condition masculine, sans
succès...
Toutes les mesures de
sécurité, les lois, les contrôles policiers
multiples, ne règleront rien si l'État refuse
d'aller aux sources des problèmes qui affectent de plus en plus
d'hommes au Québec et s'il persiste à fermer
systématiquement la porte aux rares organismes masculins qui
travaillent sur le terrain de la souffrance des hommes depuis de
nombreuses années.
Une réponse à
nos préoccupations serait
appréciée...
Président L'après-rupture |
| 26 septembre 2006 Monsieur Jacques P. Dupuis Ministre de la sécurité publique Monsieur, Votre ministère
s’apprête à
investir près de 8 millions de dollars pour la lutter contre les
gangs
de rue. Une
faible proportion de ce montant sera investie dans la
prévention.
D’après nos
informations, vous avez oublié de cibler une des causes
fondamentales
du phénomène
des gangs de rue. Toutes les études sociologiques
démontrent que les
jeunes
délinquants sont issus majoritairement de familles
éclatées où la
présence paternelle
positive fait défaut. La psychologie nous enseigne depuis
longtemps
qu’une
société sans pères est une société
sans repères. Vous avez ignoré ce
fondement incontournable
de la psychologie humaine lors de l’élaboration de votre plan
d’action pour contrer les gangs de rue. La répression
policière ne
fera que déplacer le problème, tout ça aux frais
des contribuables. L’Après-rupture
avertit depuis longtemps que la
paternité est
en crise au Québec, ce qui, le plus souvent, ne lui a
mérité que mépris
et bannissement de toute forme de soutien
gouvernemental. Les pères n’arrivent toujours pas à
être écoutés
véritablement par
nos décideurs politiques et sociaux. Notre organisme se
démène depuis
des
années afin de valoriser les liens pères-enfants après une brisure de
la cellule
familiale.
Les centaines de pères qui nous ont consultés ont souvent
manifesté
leur colère,
leur révolte, leur désarroi face
à un
système judiciaire qui les détruit psychologiquement et
financièrement.
Plusieurs
ont démissionné face à un État qui refuse,
dans les faits, de valoriser la
paternité, qui empêche les pères
d’intervenir efficacement lors
de l’élaboration de politiques familiales
et sociales. Nous en payons maintenant le prix comme
société et nous
estimons
malheureusement que le pire est à venir… Un
nombre effarant de « familles »
sont dirigées uniquement par la mère au Québec et
l’État favorise cette monoparentalité.
De plus en
plus de jeunes
enfants issus de
ces « familles » sont sollicités pour
faire partie de gangs de rue,
la Loi du Père n’ayant pu canaliser une violence destructrice.
Notre
société
vit sur une véritable bombe à retardement!
Nous sommes le seul organisme
au Québec qui s’est donné comme mission de valoriser
l’importance du
rôle
paternel dans les moments difficiles que vivent les enfants lors d’un
divorce
ou d’une séparation. Nous croyons fermement à
l’importance de ce rôle dans
l’équilibre psychologique et dans
l’intrusion
sociale graduelle, harmonieuse, des enfants dans le monde adulte. Il
faut
absolument que tous les intervenants sociaux et nos décideurs
politiques
accordent une place majeure aux pères du Québec, sinon
nous risquons de
nous
enliser dans des drames humains d’une telle ampleur que nous risquons
d’en
perdre le contrôle. L’Après-rupture
vous offre, encore une fois, sa totale collaboration fondée sur
une
expertise
de dix ans consacrées aux liens pères-enfants.
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