Manifeste de
L’après-rupture
Mars 2009
Redonner le droit de parole
aux hommes en dénonçant la désinformation sur la violence conjugale
Les fausses
statistiques féministes sur la violence conjugale
En novembre 2008, au
terme de près de cinq ans de laborieuses recherches, L’après-rupture a diffusé
un dossier complet démontrant que le chiffre de 300 000 femmes victimes de
violence conjugale à chaque année au Québec, publié en1985 par le ministère de
Pourtant ces
deux chiffres frauduleux sont ceux qui ont été le plus souvent mentionnés au
cours des 30 dernières années pour décrire l’ampleur de la violence conjugale
au Québec. Ce dossier fait la preuve que, depuis 30 ans, les principaux
organismes en matière de violence conjugale au Québec n’ont jamais cessé
d’induire en erreur l’ensemble de la population.
Également, en janvier 2009, grâce aux dispositions de
beaucoup plus
intolérante que celle jadis pratiquée par le Vatican. Au Québec, rares sont les
individus qui osent la défier.
Ce dossier et cette
intervention ne donnent qu’un bien faible aperçu de l’immense entreprise de
manipulation de l’opinion publique qui a eu libre cours au Québec depuis plus
de 30 ans. Au cours des dernières années, L’après-rupture a fait des dizaines
et des dizaines d’interventions auprès des médias, incluant des quotidiens, des
hebdomadaires locaux, des postes de radio ou de télévision pour dénoncer
l’emploi systématique des fausses statistiques sur la violence envers les
femmes, sur la violence conjugale et sur les agressions sexuelles. On peut
retrouver plusieurs exemples de ces interventions sur le site de L’après-rupture
dans les archives des lettres ouvertes (
http://www.lapresrupture.qc.ca/ArchivesLettresOuvertes.html
)
Cette désinformation
sur la violence conjugale ou sur la violence subie par les femmes est véhiculée
notamment par divers groupes féministes de pression comme des maisons
d’hébergement pour femmes victimes de violence affiliées au Regroupement
provincial des maisons d’hébergement ou de transition pour femmes victimes de
violence conjugale (RPMHTFVVC) ou à
Enfin il importe de
souligner que les budgets de fonctionnement de ces groupes de pression sont
financés essentiellement à partir des taxes et des impôts versés par l’ensemble
des contribuables québécois et qu’une part significative du financement reçu
est consacrée à la désinformation. Bref, les fonds publics servent à soutenir
une entreprise systématique de propagande et de manipulation de l’opinion
publique dirigée contre les hommes.
Les maisons
d’hébergement s’acharnent à employer l’imposture du chiffre de 300 000
femmes victimes de violence conjugale
Un exemple frappant de
l’extraordinaire acharnement avec lequel ces groupes tiennent à propager une
vision frauduleuse de l’ampleur de la violence conjugale au Québec est la
mention toute récente du chiffre de 300 000 femmes victimes de violence
conjugale dans le numéro du 21 février 2009 de l’hebdomadaire L’Oeil régional.
Et ce, près de trois
mois après la publication du dossier Le scandale des fausses statistiques du
ministère de
En ligne : http://lapresrupture.qc.ca/recherche.html
,
Ce dossier fait la
démonstration irréfutable du caractère délibérément frauduleux de ce chiffre de
300 000 femmes victimes de violence. Apparemment, la mise au jour de cette
imposture n’est suffisante pour dissuader les maisons d’hébergement de
continuer à employer le chiffre frauduleux au moyen duquel elles ont édifié une
organisation qui soutire des dizaines de millions au gouvernement à chaque
année.
Dans cet article
portant sur la maison d’hébergement
« La violence conjugale est le crime le plus
répandu. Environ 300 000 femmes chaque année en sont victimes et une
cinquantaine en mourront ».
Source :
L’œil régional, « Maison
d’aide et d’hébergement
Les deux chiffres mentionnés par la maison
Il est facile de vérifier que l’affirmation à propos du nombre annuel de femmes victimes
d’homicide conjugal faite par la maison
En ligne :
Selon le rapport Données
sociales, édition 2005 (tableau 10.6, p. 221) publié par
l’Institut de la statistique du Québec, le nombre annuel moyen de femmes
victimes d’homicide de la part du conjoint ou d’un ex-conjoint (mais excluant
les amis intimes) au Québec se situe à près de 16 entre 1980 et 2003 ( En
ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf2005/donn_sociale05c10.pdf ). Ces données montrent à quel point
les représentantes de La clef sur la porte présentent une image faussée de la
réalité. Une seule victime d’homicide conjugal sera toujours une victime de
trop comme un seul mensonge sur le nombre de victimes d’homicide conjugal sera
toujours un mensonge de trop.
En fait, depuis que l’on collige les statistiques
annuelles sur les homicides, il n’est jamais arrivé que le nombre annuel de
femmes victimes d’homicide conjugal atteigne la cinquantaine au Québec,
contrairement à ce que
Les mensonges de la maison
Dans un texte mis en ligne sur le site Sisyphe.org
le 13 février 2009, Micheline Carrier, responsable de ce site, affirme
que :
« Depuis des dizaines d’années, toutes les
semaines, deux ou trois conjoints, ex-conjoints, amis ou parfaits inconnus tuent
des femmes »
(Source :
Micheline Carrier, Le film
Polytechnique – Impressions en forme de malaise,
En ligne : http://sisyphe.org/spip.php?article3212
Si l’on comprend bien le sens de l’affirmation
de Micheline Carrier, il y aurait à chaque année entre 105 et 155 femmes
victimes d’homicide au Québec depuis des dizaines d’années. Si telle est bien
la prétention de Micheline Carrier, il s’agit manifestement d’un mensonge.
Depuis que l’on tient des statistiques sur les homicides au Québec, il n’est
jamais arrivé que le nombre annuel de femmes victimes d’homicide atteigne 100
femmes, incluant les femmes tuées par un conjoint, un ex-conjoint, un ami
intime, une connaissance, un étranger ou une autre femme.
Entre 1962 et 1999, le nombre moyen annuel
de femmes victimes d’homicide au Québec se situe à 49, comparativement à 102
chez les hommes (Source : Portrait social du Québec édition 2001,
Institut de la statistique du Québec, tableau 19.4, p. 448
En ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf/port_soc2001-19.pdf
Par ailleurs, dans un autre texte mis en ligne
sur Sisyphe le 19 août 2007, la féministe Élaine Hémond n’hésite pas à pousser
l’exagération encore plus loin que Micheline Carrier. Peut-être s’agit-il d’une
compétition entre les deux pour déterminer laquelle est capable de proférer,
sans ciller, le plus grand mensonge :
« On peut aussi se demander s’il est dans la
mission du Conseil d’atténuer la perception des ravages de la violence
conjugale qui tue encore des centaines de Québécoises chaque année »,
(Source : Élaine Hémond, Gazette des femmes – Réflexions autour d’un
ramdam
En ligne : http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2704.
Les statistiques mentionnées dans les
paragraphes précédents montrent qu’Élaine Hémond se livre à un mensonge
absolument délirant. Mais il vaut la peine de répéter ces statistiques, car les
militantes féministes semblent souvent vivre complètement coupées de la
réalité. Le nombre annuel moyen de femmes victimes d’homicide de
la part du conjoint ou d’un ex-conjoint (mais excluant les amis intimes) au
Québec se situe à près de 16 entre 1980 et 2003. En 2007, le nombre des femmes
victimes d’homicide conjugal (incluant les victimes d’un ami intime) s’élevait
à 11; en 2006, ce nombre s’élevait à 13. Comme la population féminine a
augmenté de manière substantielle au cours des 20 dernières années, le taux
d’homicide conjugal chez les femmes en 2006 et en 2007 est considérablement
inférieur à ce qu’il était il y a une vingtaine d’années.
Enfin, dans une annonce publiée le 25 novembre 2008 dans divers
journaux,
En ligne : http://www.ffq.qc.ca/actions/6decembre2008.html#declaration.
Les données les plus récentes sur la victimisation au Québec proviennent
de l'Enquête sociale générale sur la victimisation menée en 2004 par
Statistique Canada (Source: Maire Gannon et Karen Mihorean, « La
victimisation criminelle au Canada, 2004 », Juristat, vol.
25, no 7, Statistique Canada, 28 p.,
En ligne : http://www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/85-002-x2005007-fra.pdf.
Ce bulletin précise que les données de l'Enquête sociale générale permettent
de calculer les taux de victimisation « qui comprennent à la fois la
violence conjugale et la violence non conjugale » (p. 2). Les résultats couvrent
donc tous les types de violence contre la personne, notamment les femmes, et
incluent tous les types d'agresseurs.
Dans l'ensemble du Canada, il y a eu en 2004 un total de 2 752 000
incidents de violence (incluant voies de fait, vols qualifiés et agressions
sexuelles), dont 1 412 000 subis par les hommes (51,3%) et 1 339 000 subis par
les femmes (48,7%) au cours des 12 mois précédant l'enquête (tableau 3, p. 24).
Quelle est la situation si l'on fait l'hypothèse que la proportion des
incidents selon le sexe est la même au Québec?
Il y a eu un total de 365 000 incidents au Québec au cours de 2004
(tableau 1, p. 22), dont on peut extrapoler qu’environ 187 300 ont été subis
par les hommes, et 177 600 par les femmes. Comme 2004 est une année bissextile de
366 jours, il appert que les femmes de 15 ans et plus au Québec rapportent en
moyenne 485 incidents par jour et les hommes 512. Le rapport de Statistique
Canada montre que le Québec est la province avec les taux de victimisation de
loin les moins élevés au Canada (tableau 1, p. 22), soit 59 par 1 000
habitants.
Ces chiffres de Statistique Canada montrent que l'affirmation de
On pourrait multiplier les exemples de
désinformation du genre de ceux que l’on vient tout juste de mentionner. Au
sein des groupes féministes de pression, c’est un phénomène dont on peut
affirmer sans risque de se tromper qu’il s’agit d’une pratique généralisée. Le
journaliste Roch Côté avait dressé en 1990 dans l’essai Le manifeste d’un
Salaud une longue liste des mensonges ordinaires et répétitifs des
féministes sur l’ampleur de la violence subie par les femmes. Il ne fait pas de
doute que les féministes ont lu attentivement son livre, car elles en ont fait
une critique acerbe. Elles ont néanmoins continué de diffuser des fausses
statistiques sur la violence conjugale comme si de rien n’était. Il est à peu
près impossible de trouver au Québec une seule féministe associée à des groupes
de pression militants qui soit capable de mentionner une statistique valide et
rigoureuse sur l’ampleur réelle de la violence conjugale subie par les femmes
ou sur l’ampleur réelle de l’ensemble des crimes contre la personne subie par
les femmes.
Même si on leur fait la démonstration,
chiffres et références à l’appui qu’elles induisent la population en erreur,
les militantes féministes se refusent obstinément à changer de comportement. En
matière de statistiques sur la violence, les féministes sont d’une mauvaise foi
absolument inouïe. Le droit au mensonge est sans conteste l’acquis le plus
précieux du féminisme et celui auquel elles tiennent le plus.
Le mensonge
statistique est une nécessité structurelle du discours féministe radical
Tout le discours
féministe radical est fondé sur la dénonciation de la place subordonnée à
laquelle sont reléguées les femmes, s’il faut en croire ce discours, dans la
société actuelle. Et ce, en dépit de la stricte égalité des hommes et des
femmes dans les textes de loi acquis depuis longtemps, quand celles-ci ne
bénéficient pas d’avantages juridiques discrètement insérés à doses
homéopathiques dans la législation au fil des ans.
Selon les féministes radicales,
c’est la violence incessante dont sont victimes les femmes qui fait la
différence et qui explique la place subordonnée que les femmes occupent encore
dans la société (toujours s’il faut en croire ce discours radical). Voilà
pourquoi le mensonge statistique sur l’ampleur de la violence subie par les
femmes constitue une nécessité structurelle du discours féministe radical. Sans
ces fausses statistiques, la cohérence interne de ce discours s’effondrerait
comme un château de carte soufflé par la moindre brise. Si le discours
s’écroule sous le poids de ses contradictions, il deviendra rapidement
impossible d’extorquer à chaque année des centaines de millions au gouvernement
sous le prétexte de venir en aide aux femmes victimes de l’oppression systémique
des hommes et pour financer les milliers d’organismes communautaires prétendant
œuvrer à sauver les femmes et à réparer les soi-disant dommages de l’oppression
masculine.
Voilà pourquoi les féministes
radicales estiment à juste titre qu’elles ne peuvent cesser de mentir. Elles
cesseraient d’être capables de justifier le financement public des milliers
d’organismes qu’elles ont mis sur pied. Ce serait tuer la poule aux œufs d’or
ainsi que la vache à lait gouvernementale qui les nourrit de subventions
généreuses sans jamais poser de questions (ou presque) sur l’utilisation qui
est faite des fonds. Les subventions aux organismes féministes sont devenues la
principale forme institutionnalisée du patronage politique au Québec.
Et sans subventions
gouvernementales, il serait impossible de poursuivre avec autant d’efficacité
l’œuvre de propagande hostile aux hommes à laquelle se vouent les militantes
féministes radicales pour faire comprendre à toutes et à quelques-uns que la
société est divisée en deux depuis l’aube de l’humanité : les bonnes
d’un bord et les méchants de l’autre.
En d’autres mots,
l’entreprise de désinformation menée sans répit par les militantes de ces
groupes de pression vise à imposer la thèse propagée par la frange radicale du
mouvement féministe voulant que les hommes en général exercent une violence
spécifique dans le but de perpétuer leur contrôle et leur domination sur les
femmes. Le problème bien réel de la violence que subissent certains hommes et
certaines femmes est déformé, amplifié, généralisé et instrumentalisé pour être
subordonné aux intérêts idéologiques et financiers de ces groupes de pression.
Depuis plus de 30 ans,
les hommes et les femmes du Québec ont fait l’objet d’une campagne intense et
incessante de propagande visant à instaurer un climat de psychose victimaire au
sein de la population féminine et de culpabilité collective au sein de la
population masculine en implantant dans l’imaginaire social le stéréotype
sexiste de l’homme bourreau et de la femme victime.
La frange radicale du
mouvement féministe a noyauté le gouvernement, les partis politiques, les
organisations communautaires et diverses institutions comme les syndicats, les
universités et les médias en vue d’imposer son analyse de la société,
embrigadant une à une ces institutions dans une véritable entreprise de
désinformation de type orwellien, qui évoque de façon saisissante le monde
oppressant mis en scène dans le roman 1984 de George Orwell, décrivant un état totalitaire sous la coupe absolue du
dictateur Big Brother qui parvient à exercer un contrôle total sur les opinions
et les comportements de chaque individu en utilisant de façon systématique la
désinformation et la propagande[1].
À cette
différence près, que ce n’est pas Big Brother qui aspire à imposer son
autorité intransigeante au Québec en 2009, mais plutôt Big Sister qui a
entrepris d’instaurer de longue date le règne de la désinformation et de la
manipulation cynique de l’opinion publique au profit d’un collectif de
militantes féministes cooptées au sein de la caste toute puissante des
« féministes institutionnelles » qui se sont maintenant constituées en
véritable état matriarcal au sein même de l’État du Québec.
L’après-rupture a fait
la démonstration irréfutable que le chiffre de 300 000 femmes victimes de
violence conjugale à chaque année au Québec n’était qu’une pure supercherie. La
recherche scientifique montre que la prévalence annuelle réelle de la violence
conjugale subie par les femmes au Québec est cinq fois moins importante que le laisse entendre l’imposture
statistique perpétrée par le ministère de
Les fausses
statistiques comme instrument de culpabilisation des hommes
La campagne de
culpabilisation collective menée contre les hommes par les féministes radicales
s’est traduite par des résultats remarquables. Il en est même résulté des
séances publiques « d’autocritique » et d’auto-flagellation capables
de rivaliser avec celles dont on croyait, à tort, qu’elles constituaient
l’apanage des dictatures les plus rétrogrades ou des sociétés les plus
dysfonctionnelles. Ainsi, le 6 décembre 1990, date qui a pris une valeur
symbolique chargée d’émotivité au cours des deux dernières décennies au Québec,
le journal Le Devoir publiait sous le titre de « À propos ... de la
violence faite aux femmes » une lettre signée par 25 hommes, prenant
l’initiative « spontanée »d’enregistrer ni plus ni moins, au nom de
l’ensemble des hommes du Québec, qu’un plaidoyer collectif de culpabilité pour
violence faite aux femmes, en invoquant comme seule preuve à l’appui de leur
démarche le chiffre frauduleux de 300 000 femmes victimes de violence
conjugale.
Pour commémorer le
premier anniversaire du massacre démentiel commis par un déséquilibré atteint
de maladie mentale profonde, ces 25 hommes se trouvaient par le fait même à
s’ériger en juges, de leur propre chef, pour prononcer, un verdict de
culpabilité collective contre l’ensemble des hommes du Québec (ou à tout le
moins contre une proportion très importante d’entre eux), tout en escamotant
prestement, comme on le verra plus loin, l’étape préalable consistant à se
livrer à un examen rigoureux de la soi-disant preuve de cette culpabilité. En
somme, un procès truqué comme on les aime bien dans les dictatures
totalitaires.
À notre avis, il n’est
pas exagéré de parler d’une opération de lynchage psychologique de masse pour
apaiser la psychose victimaire exacerbée des féministes déchaînées. Au diable
la présomption d’innocence et l’examen en bonne et due forme de la preuve, il
faut des coupables chez les hommes et, aux yeux de ces 25 « sages »,
300 000 d’entre eux le sont à chaque année. En moins d’une décennie, toute
la population adulte de sexe masculin serait
coupable de violence envers les femmes. Ces 25 hommes s’estiment détenir
la possession tranquille de la vérité. Comme erreur judiciaire, c’est loin
d’être trivial. Même les pires dictatures sont loin d’être aussi efficaces et
performantes. Voici ce que disent en substance ces 25
justiciers autoproclamés :
« Des
études sérieuses nous révèlent qu’une femme sur huit est violentée
(selon le ministère de
Les facteurs explicatifs de cette violence sont sans doute multiples,
et complexes, et nous ne tenterons pas de les analyser ici. Mais nous
tenons à rappeler qu’au nombre de ceux-ci se trouve cette idée, encore
bien ancrée chez beaucoup d’hommes que les femmes ne sont pas vraiment leur
égales, qu’ils auraient droit, eux, de décider à leur place, à
elles, et de les brutaliser lorsqu’elle refusent de se soumettre à eux ».
Source :
Journal Le Devoir, 6 décembre 1990, page éditoriale.
Parmi les 25 hommes qui ont signé ce texte, il semble que
personne n’a cherché à vérifier si ces prétendues « études sérieuses »
quant à la prévalence annuelle de la violence conjugale envers les femmes
existaient vraiment? Pourtant, un simple appel téléphonique aurait suffi pour
déclencher une crise de panique aiguë au sein du ministère de
De plus, à supposer
qu’existent des études empiriques sérieuses et non biaisées quant aux attitudes
et opinions de la population quant à l’égalité entre les hommes et les femmes,
ces 25 sages ont-il songé à les consulter de manière à être en mesure de
préciser exactement quelle était la proportion des hommes au Québec
susceptibles de considérer en 1990 que « les femmes ne sont pas vraiment
leurs égales et qu’ils ont le droit, eux, de les brutaliser lorsqu’elles
refusent de se soumettre »? Y a-t-il, dans la salle, un de ces quelconques 25
signataires capables de nous citer exactement cette proportion ainsi que sa
source exacte? Car nous l’avons vainement cherché sans pouvoir l’identifier.
Et, tant qu’à y être, comment se fait-il qu’il ne leur soit pas venu à l’esprit
de vérifier quelle proportion des femmes au Québec était susceptibles de
considérer en 1990 que « les hommes ne sont pas vraiment leurs
égaux »? Pourraient-ils également nous communiquer ce chiffre, tirés des
études sérieuses qu’ils affirment avoir consultées, ainsi que sa source exacte?
Enfin, on peut douter
que ces 25 hommes ont eu l’audace de s’enquérir si le stéréotype sexiste
féministe qu’ils reprennent mot à mot avait été corroboré ou invalidé par la
recherche empirique? Ont-ils vraiment fait le bilan impartial et exhaustif des
« études sérieuses » à ce propos avant de se prononcer?
Peut-être
croyaient-ils agir de bonne foi et avec toutes les bonnes intentions du monde,
mais quand ils ont affirmé que ce chiffre de 300 000 reposait sur des
« études sérieuses », ils ont induit les lecteurs du journal Le
Devoir en erreur. Aucun d’entre eux n’a pu consulter et vérifier ces
« études sérieuses », car elles sont INEXISTANTES. L’après-rupture a
explicitement demandé au ministère de
Il en est de même en
ce qui a trait au stéréotype sexiste de l’homme bourreau et de la femme victime,
dont les études empiriques scientifiques montraient déjà en 1990 le caractère
fallacieux. Les 25 signataires du texte publié par Le Devoir ont opté pour un faux-fuyant en disant que « les
facteurs explicatifs de cette violence sont sans doute multiples, et complexes,
et nous ne tenterons pas de les analyser ici », avant de
d’adopter comme le leur et de retenir comme seul facteur explicatif de la
violence, dans la phrase suivante, la thèse de la domination des femmes par les
hommes telle qu’elle est proposée par l’approche féministe radicale. Comme tour
de passe-passe, il faut admettre que c’est difficile à égaler.
L’un des acquis
fondamentaux de la civilisation occidentale, c’est que la condamnation d’un
seul individu exige l’examen et le contre-examen rigoureux de chacun des
éléments mis en preuve pour soutenir une allégation ayant trait à la commission
d’un crime avant de rendre un jugement de culpabilité. À plus forte raison, cet
exercice de vérification de la validité hors de tout doute raisonnable de la
preuve est-il impératif quand il s’agit de condamner jusqu’à la moitié de la
population de la société québécoise sur la seule base du fait qu’ils sont des
hommes. S’ils avaient prudemment et rigoureusement examiné la preuve empirique,
que s’efforcent de cumuler et de rassembler avec rigueur depuis près de 40 ans
des chercheurs disséminés un peu partout dans l’espace anglophone, la réflexion
de ces 25 « sages » aurait-elle été différente, ainsi que leur appel
strident et démagogique, sans autre forme d’examen, au recours « à des
mesures exceptionnelles » (il s’agit des termes mêmes employés dans la
lettre) pour contrer la supposée épidémie de violence exposée à l’aide de ce
seul chiffre frauduleux et mensonger de « 300 000 femmes
victimes » de violence conjugale à chaque année?
Chose certaine, les
fraudeuses à l’origine de cette imposture statistique au ministère de
En choisissant
délibérément cette date du 6 décembre pour publier cette lettre, les 25
signataires ont utilisé le procédé démagogique de la culpabilité par
association, imitant en cela le tristement notoire du McCarthyisme ( En
ligne : http://en.wikipedia.org/wiki/McCarthyism
), qui a mené une brutale campagne d’intimidation et de répression contre les
intellectuels, les artistes et les syndicalistes aux États-Unis à la fin des
années 40 et au début des années 50, en agitant la rumeur de
« sympathies » ou « d’activités » communistes, pour mieux
les accuser de mettre en danger la « sécurité » des États-Unis.
Certes, les 25 signataires de cette lettre ne sont pas allé jusqu’à affirmer
explicitement, comme l’ont fait certaines féministes, « qu’en tout homme
sommeille un Marc Lépine » (autre forme extrême de culpabilité par
association), c’est-à-dire un fou possédé par une rage meurtrière aveugle.
Mais, c’est tout à fait ce que leur lettre laissait entendre, comme en témoigne
le ton accusateur du passage suivant :
« Il est assez effarant de
devoir reconnaître que les femmes, dans leur recherche d’une situation sociale
égalitaire, doivent se battre, quotidiennement souvent, pour jouir
simplement de droits fondamentaux, comme les droits à la vie, à la sûreté et à
l’intégrité de leur personne.
Et il
leur en coûte très cher, trop cher. Ce ne sont pas les tentations de
certains de jongler avec les statistiques sur la violence faite aux femmes
qui diminueraient à nos yeux l’importance du problème ».
Source :
Journal Le Devoir, 6 décembre 1990, page éditoriale.
Bref, si l’on comprend
bien le message de ces 25 signataires, les femmes sont confrontées
« quotidiennement souvent » à des émules de la folie meurtrière d’un
Marc Lépine mettant en péril leurs droits à la vie, à la sûreté et à
l’intégrité de leur personne? Et il n’est pas question de mettre en doute la
fausse statistique de 300 000 femmes victimes de violence (comme l’avait
fait précisément Roch Côté dans son essai Le manifeste d’un salaud, auquel
le second paragraphe de la lettre fait explicitement allusion en employant
l’expression « un certain manifeste »), dont on peut se demander si
les signataires de cette lettre ne savaient pas sciemment qu’il s’agissait
d’une imposture? On sait exactement aujourd’hui qui a succombé à la tentation
de jouer avec les statistiques. L’après-rupture les a démasquées et les a
dénoncées. L’après-rupture attend toujours après une rétractation et des
excuses publiques de la part des autorités responsables.
Enfin, les 25
signataires de cette lettre ont-ils seulement une faible idée des conséquences
destructrices de leur simulacre de procès et du procédé de culpabilisation par
association qu’ils utilisent sur un ton accusateur? Sont-ils capables
d’entrevoir un lien de cause à effet
entre cette campagne de culpabilisation massive des hommes et la hausse jusqu’à
des niveaux jamais atteints des taux de suicide chez les hommes au cours de la
décennie suivant la publication de leur jugement dans Le Devoir? Ou faudra-t-il
qu’on prenne la peine de leur expliquer? Ces 25 signataires ont-ils pris
conscience de l’ampleur et de la gravité de la violence psychologique qu’ils
exerçaient?
Chose certaine,
l’appel de ces 25 signataires à l’adoption de « mesures
exceptionnelles » a été entendu en haut lieu et fort bien reçu. Le Québec
s’est prestement doté d’un gigantesque appareil de répression sociale dirigé
spécifiquement contre les hommes. En somme, c’est
En contrepartie, le
gouvernement du Québec n’a rien investi, ou presque, depuis 1990 pour venir à
aide à tous les individus brisés et laminés par la machine à broyer les hommes
dont ils ont souhaité la mise en place et jamais personne n’a souhaité
l’adoption de « mesures d’exception » pour leur venir en aide, même
si cela aurait pu prévenir un nombre incalculable de drames. Ce qui est
exceptionnel à cet égard, c’est la hargne avec laquelle les féministes liguées
dans un même manifeste refusent d’admettre même l’idée qu’un nombre très
important d’hommes au Québec ont été acculés à une détresse psychologique
extrême. À leurs yeux, on a « fabriqué » un faux problème.
Il y a plus de trois
mois déjà, L’après-rupture a démontré de manière irréfutable le caractère frauduleux
et cynique de ce chiffre de 300 000 femmes victimes de violence conjugale
avancé en 1985 par le ministère de
Le dénigrement et
la culpabilisation systématique des hommes par les féministes
Les fausses
statistiques sur la violence conjugale s’inscrivent dans une entreprise
beaucoup plus vaste de dénigrement des hommes au Québec. En plus d’être dépeints
dans les médias et une multitude de publications et de rapports gouvernementaux
comme des
batteurs chroniques de leur conjointe, les hommes du Québec ont été qualifiés
sur toutes les tribunes d’agresseurs sexuels de leur conjointe ou même de leurs
enfants, de pères absents ou manquants négligeant de s’occuper de leur
progéniture et de tisser des liens affectifs significatifs avec elle, de
partenaires conjugaux irresponsables farouchement réticents à assumer leur
juste part du fardeau des tâches productives dans le couple, d’égoïstes
réfractaires à l’engagement conjugal, de pourvoyeurs défaillant à assumer leurs
responsabilités et faisant généralement défaut à leur obligation de s’acquitter
du versement d’une pension alimentaire à leurs enfants et à leur ex-conjointe,
de profiteurs opportunistes s’enrichissant au détriment de leur ex-conjointe
lors d’une séparation ou d’un divorce.
Depuis plus de 30 ans, ces stéréotypes sexistes résolument hostiles
aux hommes ont le plus souvent été véhiculés par la mouvance féministe avec le
soutien entier de l’appareil de propagande du gouvernement, sous couvert de
mener des « campagnes de sensibilisation » ou de « campagnes
d’information » , sans cesse réclamées à grands cris par certains groupes
de pression féministes militants, sans que l’ampleur même des problèmes
auxquels on prétend ainsi s’attaquer ait fait l’objet de la moindre
vérification scientifique rigoureuse.
Une incessante
propagande dans les médias a solidement ancré dans l’imaginaire social une
psychose victimaire à l’effet que les hommes dominent et oppriment les femmes
dans tous les aspects de leur existence. Toute la puissance répressive de
l’État a été mobilisée, allant des intervenantes des services sociaux, en
passant par les effectifs des services policiers et les procureurs de la
couronne afin de dépister, démasquer, traquer, juger et condamner les hommes
sans aucun ménagement ni apitoiement. Aux yeux de l’État, l’homme est devenu un
ennemi public qu’il faut broyer et briser et, à l’occasion, rééduquer à tout
prix. Toutes les interventions gouvernementales convergent vers cet
objectif.
La capacité de
propagande de l’état a été mise au service de l’idéologie féministe en
intégrant de façon systématique les stéréotypes féministes dans ses publications,
dans ses programmes, dans ses campagnes de sensibilisation. Enfin, le
gouvernement a accordé un soutien financier substantiel à une multitude
d’organismes et d’associations féministes qui se sont employées à diffuser le
stéréotype de l’homme bourreau et de la femme victime.
La déroute et la
fuite des hommes et le prix exorbitant du silence
Confrontés à ces
accusations de violence et de domination lancées contre eux, les hommes du
Québec ont été mis en déroute par ce système de culpabilisation collective.
L’homme obséquieux et révérenciel, contraint au silence, devant le pouvoir
féministe arrogant et triomphant est devenu la norme officielle au Québec.
Depuis 40 ans les hommes battent en retraite au Québec.
Plus que partout
ailleurs en Occident, l'institution du mariage au Québec a perdu sa crédibilité
aux yeux des hommes qui se sont mis à préférer les unions de type temporaire et
sans engagement à long terme, de sorte que la majorité des enfants naissent
maintenant dans le cadre de l'union libre, nettement plus sujette à
l'instabilité ou à la dislocation.
À la suite d’un
divorce ou d’une séparation, les pères sont expulsés de la vie de leurs enfants
et réduits à être de visiteurs de passage dans la vie des enfants qu’ils ont
voulu mettre au monde. Le seul statut qui leur est reconnu sans réticence,
c’est celui de pourvoyeur. Un nombre grandissant d’hommes renoncent à la
paternité, convaincus que celle-ci trop
souvent se transforme en bagne social et économique où ils se voient confinés
au seul statut de pourvoyeurs de pension alimentaire.
La natalité s'est
effondrée, faisant du Québec un Titanic social fonçant à toute vitesse sur une
mer noire enveloppée de brouillards vers un naufrage qui apparaît inévitable,
sombrant sous l'effet d’un des taux de vieillissement parmi les plus rapides
parmi tous les pays de l'Occident et qui ne disposera plus, avec la réduction
drastique de la population active dans moins d'une génération, de la base
fiscale nécessaire pour soutenir même l'ombre des programmes sociaux actuels,
et qui assurera à ces générations vieillissantes une pauvreté et une précarité
qui ne se rencontrent plus que dans les pays sous-développés. Le Québec sera
condamné à la mendicité au sein du Canada.
Enfin, un nombre
extraordinairement élevé d’hommes, particulièrement au sien des jeunes
générations choisissent la fuite sociale dans l’itinérance et la renonciation à
prendre la responsabilité d’eux-mêmes. Sous sa forme la plus extrême, la
stratégie du silence et de la fuite mène enfin à chaque année environ un
millier d’hommes à opter pour le suicide comme solution de leurs problèmes. En
outre, la stratégie du silence impose à ceux qui survivent d’assister à cette
démission collective sans pouvoir rien dire.
L’après-rupture a
entrepris de dénoncer systématiquement les fausses statistiques sur la violence
conjugale propagées par les féministes radicale pour mettre fin à l’entreprise
de culpabilisation collective à l’origine de cette stratégie de la fuite et du
silence. La dénonciation systématique des fausses statistiques sur la violence
conjugale vise à détruire à la base la crédibilité de l’ensemble des
stéréotypes sexistes que les féministes ont propagés depuis 30 ans au Québec et
à l’aide desquels elles ont mené sans relâche leur campagne de dénigrement
contre les hommes. L’après-rupture vise à faire prendre conscience à la
majorité de la population que les revendications des féministes radicales
reposent essentiellement sur une fraude intellectuelle.
Cette entreprise de
dénonciation des fausses statistiques sur la violence conjugale et sur la
violence envers les femmes en général vise à briser le sentiment de culpabilité
collective dont on a chargé les hommes et, ultimement, à leur redonner le droit
de parole dont on a tout fait pour les priver. Il est temps que les hommes
recommencent à parler haut et fort et qu’ils dénoncent sans ménagement et sans
apitoiement les mensonges, les stéréotypes et les sophismes que les féministes
ont colporté impunément à leur propos depuis des décennies.
Le temps est venu
d’abolir radicalement et définitivement la norme sociale non écrite proscrivant
à tout homme de critiquer ou de dénoncer les propos mensongers d’une femme,
même dans un débat intellectuel ou politique, si blessants et si injurieux
qu’ils puissent être. Le temps de la politesse obséquieuse et compassée est
révolu. Les féministes radicales doivent
être dénoncées sans ménagement pour les fraudeuses, les menteuses, les
profiteuses et les manipulatrices qu’elles sont réellement, comme doit l’être la
vision intolérante et sexiste des rapports entre les hommes et les femmes
qu’elles propagent.
Mais il n’y a pas que
les hommes à libérer du labyrinthe de la méfiance et de la culpabilisation collective
alimentée par les féministes radicales. Devant l’assaut des féministes
radicales, les femmes se sont tues également. Seule une infime minorité d’entre
elles ont osé résister ou s’opposer aux mensonges des féministes radicales ou
même à les dénoncer. Celles qui ont eu ce courage ont en général eu à subir la
vindicte impitoyable de ces fanatiques. Elles ont été harcelées, intimidées. On
les a accusées de trahison ou de nuire à l’avancement des femmes. Elles ont
fait l’objet de campagnes de médisance, sinon de diffamation. La plupart ont
fini par être réduites au silence. Comme les hommes, la majorité des femmes ont
pris elle aussi la fuite.
Non seulement
L’après-rupture veut-il redonner la parole aux hommes, mais il veut aussi
redonner la parole aux femmes, à celles
qui ne méprisent pas les hommes, à celles qui ont un père qu’elles aiment et
admirent, à celles qui ont des frères qu’elles affectionnent et estiment, à
celles qui ont des enfants qu’elles chérissent. L’après-rupture veut redonner
la parole à ces femmes pour qu’elles osent dire que leur père, leur frère, leur
fils n’est pas un monstre comme le proclament les féministes radicales, mais un
être humain avec les mêmes qualités et les mêmes insuffisances que les femmes.
L’après-rupture invite
les hommes et les femmes qui croient que c’est faire fausse route que dresser
les hommes et les femmes les uns contre les autres au moyen d’une propagande
mensongère à se joindre à cet effort visant à rétablir le droit à la vérité.
L’abolition des stéréotypes est la condition d’une reprise d’un dialogue en vue
de l’édification d’une société meilleure pour nous et nos enfants.
Jean-Claude Boucher
Jean-Pierre Gagnon
et l’équipe de
L’APRÈS-RUPTURE
[1]. Le roman 1984
de George Orwell, selon Wikipedia : « The book has major
significance for its vision of an all-knowing government which uses pervasive and
constant surveillance of the populace, insidious and blatant
propaganda, and brutal control over its citizens. […]The adjective "Orwellian"
denotes many things. It can refer to totalitarian action or organization as well
as governmental attempts to control or misuse information for the purposes of
controlling, pacifying or even subjugating the population.
"Orwellian" can also refer to governmental propagandizing by the
misnaming of things ». Source : Wikipedia, [En ligne] : http://en.wikipedia.org/wiki/Nineteen_Eighty-Four.