Lettre au Courrier
St-Pie, le 17 juin 2001
Mentir pour la cause
Dans son édition du 13 juin dernier, Le Courrier publiait sous la plume
de Denyse Bégin un article intitulé « ---Dossier de violence
conjugale... Le gouvernement accusé d’inertie»
On y parle entre autre des difficultés financières de ces « pauvres
bénévoles » de la maison La Clé sur la Porte.
L’auteur cite joyeusement un quelconque dépliant du Ministère de la
Justice où il serait dit qu’il y a 300,000 femmes victimes de violence
conjugale chaque année au Québec, alors qu’aucune statistique venant ou
de Stat Can ou du bureau de la statistique du Québec n’entérine de
telles exagérations !
L’ auteur cite ensuite Liette Brousseau, présidente du C.A de la Clé sur
la Porte et du regroupement provincial des maisons d’hébergement pour
nous apprendre que la violence conjugale coûte 500 millions $ par
année...chiffre inventé pour les besoins de la cause, puisqu’aucune
étude sérieuse n’existe à ce jour à ce propos.
Aussi cavalière avec la vérité, Danielle Dubus, coordonnatrice de La Clé
sur la Porte, vient nous dire que cette maison de refuge n’obtient que
220,000$ récurrent par an de la Régie régionale de la Santé alors qu’une
demande d’accès à l’information au même Ministère nous a démontré une
subvention annuelle de 292,690$ pour l’année 1999/2000, et que Le
Courrier, en date du 28 mars 2001 publiait l’obtention , toujours pour
le même organisme, d’un versement de 37,260$ du fonds de lutte contre
la pauvreté, et que le décret (#1314-2000) du 8 novembre 2000 leur
accordait 22,993.25$ à même les fonds provenant des amendes imposées aux
infirmières, et tout ça sans mentionner les sommes reçus d’autres
ministères et sans compter les apports de leur propre fondation.
Un peu plus loin dans l’article, Denyse Bégin nous dit que la violence
conjugale cause la mort d’une vingtaine de femmes par année. Les
chiffres du Ministère de la Sécurité publique du Québec sont un brin
différent : on y parle de 11 décès de conjointes contre 2 de conjoints.
Le Courrier a ensuite l’indécence de publier une pseudo poésie intitulée
: « J’ai reçu des fleurs aujourd’hui... » qui en plus d’être écrite dans
un français pour le moins questionnable, n’est nullement représentative
de situations vécues par les femmes au Québec, et ne peut avoir d’autre
but que de faire perdurer le mensonge dont nous abreuve l’ensemble de
l’article de Denyse Bégin et le mouvement féministe en général : L’homme
privilégié et méchant /la femme victime et sainte.
Cela s’appelle mentir pour la cause !
La réalité est bien différente.
Sur les 12,325 cas de violence conjugale signalés à la police chaque
année par des femmes (1,918 par des hommes) il y avait 6160 reliés à des
blessures, (dont 73% faites par simple force physique) et un poignée
seulement sont arrivés à des condamnations, parce que une très large
part de ces dénonciations à la police étaient FAUSSES (et peut-être
encouragés justement par les responsables de maisons d’hébergement) et
n’ont débouché que sur la destruction de la vie d’un conjoint/père.
Suite à ces fausses accusations, la vie de ces hommes, presque tous
pères de famille, a été gâchée souvent de façon irréversible, et leurs
enfants sont devenus des orphelins de père. Ces mêmes pères, (que les
féministes, mentant pour la cause , accusaient d’être des pères sans
attache avec leurs enfants) incapables de vivre la destruction de leur
bien le plus précieux, i.e. leur famille, se sont suicidés à raison de
presque deux par jour au cour de l’an dernier, sans que les programmes
comme celui de L’après-rupture (ligne suicide 24 hres par jour,
hébergement pour hommes expulsés de leur domicile, 14 points d’aide dont
2 en Ontario, etc) ne reçoivent un sous de subvention, la presque
totalité des argents versés au communautaires étant monopolisés par les
organismes de femmes
Dans un récent communiqué dont Le Courrier a reçu copie ( Intitulé « Des
impôts sexistes » et daté du 13 avril 2001), L’après rupture dénonçait
le déséquilibre des programmes de subventions aux organismes d’aide aux
femmes comparés aux organismes d’aide aux hommes et montrait la
disproportion de l’ordre de 35 à 2.
Si le Courrier se prétend un journal sérieux, il devra vérifier ses
sources et faire la part des choses. Il ne peut pas « mentir pour la
cause » cette cause fut-elle celle des féministes.
Jean-Claude Boucher (772-6812)
Président de L’après-rupture et
Directeur du point d’aide de St-Pie
L’après-rupture