Lettres ouvertes de
André Gélinas

Le féminisme envahit même Québec Science
28-02-2004

N'invoque pas ''la femme mono
parentale'' qui veut.
29-02-2004

Le SPCQ et le féminisme
04-11-2004

1er février 2003
Le mâle dans tous ses états

16 mars 2003
Féminisme selon la
Gazette des femmes

18 mars 2003
Stratégie masculiniste
selon Pierrette Bouchard

15 avril 2003
Les hommes braillards

19 janvier2005
Plan d'action


Les textes qui suivent sont du domaine public. On peut les retrouver sur "http://www.archives.org"


Diplomé de l’Université de Montréal et de la London School of Economics and Political Science, André Gélinas a occupé, entre autres fonctions, celle de professeur de science politique à l’Université Laval, de directeur des études à l’École nationale d’administration publique du Québec, de directeur de la recherche au ministère québécois de la Justice et de secrétaire adjoint à la Réforme administrative auprès du ministère du Conseil exécutif à Québec. Il a déjà publié de nombreux livres et articles scientifiques.
Livre d'André Gélinas





Le féminisme envahit même Québec Science 

 

Dans son édition de mars 2004 la revue Québec Science, en collaboration avec la Gazette des femmes, a publié, en page 24, un article qui portait sur les femmes et la science que la journaliste Sophie Malavoy a intitulé «La conquête inachevée».
( http://www.quebecscience.qc.ca/cyber/4.0/2004/03/femmes.asp). On s'explique très mal que l
a direction de Québec Science, une revue sérieuse, ait accepté de se laisser ainsi envahir par cette machine de la propagande du féminisme au Québec qu'est la Gazette des femmes.

 

Il est manifeste que l'article en question s'inscrit parfaitement dans l'approche victimaire des féministes québécoises en vertu de laquelle le comportement discriminatoire des hommes envers les femmes est le facteur déterminant de l'évolution séculaire de l'organisation sociale dans les sociétés occidentales. Non seulement cette vision n'est-elle pas fondée dans la réalité mais elle constitue une astuce très efficace pour obtenir des privilèges pour les femmes sous l'égide non plus d'une égalité de droit, déjà acquise au Québec, mais d'une égalité de fait. La ministre Courchesne déclarait, pas plus tard qu'hier : ««Malgré tout le travail abattu au cours des 30 dernières années, l'égalité de droit dont jouissent les Québécoises ne correspond pas toujours à une égalité de fait» ; «mon objectif est de faire avancer la société québécoise et la situation des femmes vers une égalité de fait » (Le Soleil 27 février p. A-5); «Il ne faut pas donner prise au discours masculiniste qui voudrait faire croire que l'égalité est acquise pour les femmes»  (Le Journal de Québec, 27 février 2004, p. 13)

 

Il est assez symptomatique que lorsque l'égalité de fait est atteinte et même dépassée dans un ou quelques secteurs d'activité le mouvement féministe se lance à la conquête d'un autre secteur ou cela ne s'est pas encore produit. Celui qui souligne cette incongruité sur un site Internet est rapidement traité de dangereux misogyne. Chose certaine cet article sur les femmes dans le domaine de la science illustre parfaitement les propos que vous venons de tenir.

 

Malavoy commence son texte par un témoignage touchant qui nous vient du temps des pionnières et que personne ne peut contester puisqu'il s'agit sûrement d'un autre produit de la nouvelle histoire générique. Elle écrit :« Dire qu'au début du XX e siècle, la Commission de géologie du Canada refusait de fournir à Alice Wilson, première géologue canadienne, l'auto nécessaire pour aller sur le terrain étudier ses fossiles…Contrairement à ses confrères, celle qui deviendrait plus tard la première femme membre de la Société royale du Canada a donc commencé sa carrière à pied et à vélo…». La journaliste ne semble pas sensible au fait que ce texte comporte sa propre contradiction. En effet, comment Wilson a-t-elle bien pu devenir géologue dans une société aussi discriminatoire ?

 

Puis, en bonne propagandiste, elle encourage les troupes en rappelant les gains obtenus et les stimule en décrivant le chemin qui reste à parcourir, avant de célébrer la victoire finale . « Les choses ont bien changé depuis, les femmes sont majoritaires dans plusieurs secteurs (voir le tableau page 26) comme la biologie  (66%), l'agriculture (59%) et la biochimie (56%),… mais elles ne dépassent pas 22% en génie ou en physique. Dans l'ensemble de la population québécoise 32.% des femmes et 21% des hommes ont un baccalauréat, 7.6% des femmes et 6.7% des hommes ont une maîtrise…mais 0.9% des femmes et 1.2% des hommes ont un doctorat; les femmes forment 27% du corps professoral mais ne dirigent que 14% des chaires de recherche du Canada et seulement 10 femmes sur 500 lauréats (dans le monde) ont remporté un prix Nobel en science depuis 1901»

 

On doit donc comprendre que la conquête (ce terme, dans le contexte, ne peut signifier que la victoire sur l'homme) est inachevée parce que les femmes ne sont pas majoritaires dans toutes les disciplines, parce qu'elles ne dirigent pas plus de chaires de recherche et parce qu'elles ne gagnent pas plus de prix Nobel en science  que les hommes .

 

Les raisons de cette conquête inachevée sont éparpillées un peu partout dans le texte. Comme il se doit, il y a, d'abord, le sexisme des hommes «la science c'est encore le old boy's club», puis la maternité et la difficulté de concilier travail-famille, la pédagogie mal adaptée aux filles et les exigences académiques exagérées, c'est-à-dire les études prolongées et l'obligation de publier. Les solutions s'imposent d'elles-mêmes : «revoir la pédagogie pour éviter que les filles évitent les mathématiques, la physique et l'informatique»; alléger les exigences académiques pour les femmes enceintes et allonger les congés de maternité. La ritournelle est déjà connue puisque la journaliste Stanton a déjà publié un article dans le même sens à la page 20 de l'édition de juillet-août de la Gazette des femmes mais il convient de la répéter tant et aussi longtemps que les rose bonbon qui dirigent ne céderont pas. C'est comme cela que l'on va assurer une science québécoise de haut calibre.

 

Cela dit, le gros de l'article porte, non pas en la mise en valeur des contributions scientifiques de plus d'une vingtaine de femmes qui oeuvrent dans le milieu scientifique mais sur leurs opinions personnelles quant aux raisons qui expliquent que la conquête soit inachevée. La journaliste ne fait pas le décompte car elle aurait dû modifier son titre, nous l'avons fait à sa place. Huit femmes accusent le sexisme des hommes, (pourtant, toutes ces femmes ont été embauchés par des hommes).Trois autres sont persuadées que les femmes font mieux que les hommes en science. Marie-André Bertrand nous renseigne sur la profondeur de ses connaissances et l'étendue de son intelligence lorsqu'elle déclare que les hommes ne sont pas capables de conduire des travaux de longue haleine parce qu'ils recherchent une rentabilité immédiate, ni des travaux interdisciplinaires à cause de leur ego. Ce sont de femmes qui dirigent  la NASA depuis 46 ans.

 

Par contre, huit autres femmes reconnaissent ne pas avoir souffert du sexisme de la part des hommes. Trois d'entre elles ont même le courage de dire que ces derniers les avait supportées. Une soutient que cette querelle sexiste est une niaiserie. Une autre (Thérèse Gouin-Décarie), la plus remarquable, rappelle que «les premières femmes en science avaient été engagées non pas à cause de la qualité de leur recherche mais parce qu'elles étaient des femmes». Une autre fait remarquer qu'il y a des programmes qui, à compétence égale, favorisent l'embauche des femmes et on note, plus loin, l'existence de programmes (Excelle science et Chapeau les filles) et de chaires universitaires (CRSNG/Alcan à l'Université Laval et Marianne-Mareschal (Polytechnique)  qui discriminent en faveur des filles en science et génie. Enfin, sept autres femmes tiennent responsables les difficultés de concilier le travail et la famille (en fait la maternité), ce sont là des difficultés que rencontrent également les hommes mais dont on ne parle jamais.

 

En somme, on ne peut pas inférer de l'ensemble de ces témoignages qu'il existe au Québec une pratique de discrimination systémique contre les femmes dans le domaine scientifique. Bien plus, on a du mal à comprendre comment il se fait que toutes ces personnes qui se disent tant éprises de l'égalité entre le sexes ne s'insurgent pas contre des pratiques qui discriminent en faveur des femmes seulement. Enfin, la revue Québec Science qui a accepté de prêter ses pages à une œuvre manifeste de propagande va, non seulement publier la présente lettre pour neutraliser son effet pervers, mais explorer, dans une autre édition, les iniquités que doivent endurer les garçons dans diverses disciplines scientifiques puisque leur nombre y est en constante diminution.




N'invoque pas «la femme monoparentale» qui veut .

Myriam Bédard, médaillée olympique, déclare en février 2004 qu'elle a été forcée de démissionner de Via Rail, en janvier 2002, parce qu'elle avait été témoin de factures gonflées par la firme Groupeaction, entreprise qui l'a embauchée après son départ de Via. Elle réclame d'être réembauchée par Via.

Le Président de Via Rail, Jean Pelletier, prend connaissance de ces propos  et déclare :

«Je ne veux pas être méchant pour elle, mais c'est une pauvre fille qui fait pitié, une fille qui n'a pas de conjoint, que je sache. Elle a la tension d'une mère monoparentale qui a des responsabilités économiques. Dans le fond, je trouve qu'elle fait pitié.»

Le Vice-président de Via, Marc Lefrançois renchérit :

« C'est incroyable, je ne comprends pas ces gens-là . Est-ce qu'ils rêvent la nuit? Est-ce qu'ils prennent des pilules? Je ne sais pas .»

 

Il n'en fallait pas plus pour que l'état-major féministe, dont certaines dirigeantes syndicales qui ont ainsi montré leurs vraies couleurs, monte aux barricades, tout heureux d'avoir trouvé ici un motif d'indignation alors qu'il commençait à en manquer sérieusement et devait de plus en plus se tourner vers la scène internationale pour fouetter le militantisme des troupes .

 

La Présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin,:

«J'ai bondi en lisant les commentaires de Jean Pelletier. Ces propos sont d'un sexisme éhonté épouvantable, surtout de la part d'un haut dirigeant. Cela mérite des excuses publiques»  (Le Soleil 28 février 2004 p. A-13)

La Présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, Johanne Fortier,

«est outrée et sous le choc après avoir pris connaissance des propos sexistes, misogynes et méprisants de MM Pelletier et Lefrançois (idem)  

 

Pourtant, «la femme monoparentale» est sans conteste un des arguments les plus puissants invoqués systématiquement depuis des années par les féministes dans le but de faire accorder par l'État des privilèges aux femmes ou de les faire profiter d'un régime d'exception. Voici quelques illustrations.

Pour justifier l'équité salariale

«Si on laisse le marché se réguler, les femmes vont s'appauvrir. Or, quand elles sont pauvres, seules avec charge d'enfants, sans les moyens de payer les gardiennes, qui prend le relais? L'État pourvoyeur.»

Source : Rosette Côté, Présidente de la Commission de l'équité salariale dans la Gazette des femmes, mars-avril 2003, p. 10

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 « Lorsqu'une personne effectue un travail stéréotypé ou étiqueté «féminin», elle ne reçoit pas la rémunération à laquelle elle a droit » (983);

«Dans un contexte où les femmes assument, dans une plus large mesure que les hommes, les responsabilités reliées aux enfants, notamment lors d'un divorce ou d'une séparation, l'accès à un salaire égal pour un travail équivalent permet aux femmes d'assumer leur rôle sur la base des mêmes ressources salariales que celles des hommes placés dans les mêmes circonstances»(887)

Source: La juge Carole Julien de la Cour supérieure dans Le Syndicat de la fonction publique c. le Procureur général du Québec (2004-CS-04-01)

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Pour justifier la centaine de maisons d'hébergement et la centaine de centres de femmes qui ont coûté $193,006,349 de 1996 et 2001

« Le gouvernement est convaincu que la lutte à la violence conjugale doit d'abord viser à s'assurer aide et protection aux victimes. L'intervention doit, d'une part, soutenir les femmes dans leur démarche visant à reprendre le contrôle de leur vie et, d'autre part, responsabiliser les conjoints violents et les amener à changer leur comportement. Il faut aussi viser à atténuer les effets de cette violence sur les enfants

Source: «Prévenir, dépister et contrer la violence conjugale». Les ministères de la Santé et des Services sociaux, de la Justice, de la Sécurité publique, de l'Éducation, Secrétariat à la Condition féminine et Secrétariat à la famille, 1995, Québec, et « Politique d'intervention en matière de violence conjugale», Rapport de mise en œuvre, Québec, 2003 :

 

On pourrait sûrement trouver des phrases aussi lapidaires qu'éloquentes dans les discours qui ont servi à justifier le partage du patrimoine familial, la perception automatique des pensions alimentaires et même l'instauration des programmes d'accès à l'égalité en emploi.

 

Loin de moi l'idée de venir à la rescousse de Jean Pelletier; le personnage n'est pas exactement le genre d'homme politique qui a gagné mon admiration, mais reconnaissons que d'autres auraient pu commettre les mêmes erreurs. Première erreur, seules les féministes ont le droit d'invoquer la vulnérabilité de la femme monoparentale; il est honteux que les hommes cherchent à leur dérober leur cheval de bataille. Deuxième erreur, cet homme âgé, sans doute un des derniers employeurs paternalistes, convaincu que la jeune femme avait démissionné dans son propre intérêt, a peut-être pensé qu'il pouvait ainsi  la disculper d'avoir fait une déclaration contraire à la vérité. Pelletier a rapidement fait des excuses parce qu'il s'est bien rendu compte que le discours féministe est devenu tellement dominant qu'il écrase tout autre raisonnement, surtout s'il est entaché de paternalisme. La vraie erreur a été de commenter les propos d'une plaignante; les dirigeants de Via, n'avaient qu'à faire déclarer par «une agente de relations publiques» que la direction de l'entreprise contestait ses allégations. En terminant, il faut vite rassurer la ministre Robillard : jamais quelqu'un dira «pauvre petit gars à un type qui a deux pensions alimentaires à payer et une troisième femme », tout le monde sait que c'est de sa faute s'il est rendu là, au premier chef, les trois femmes qui vivent à ses crochets.

 




LE SPGQ ET LE FÉMINISME

André Gélinas
Québec 4 Novembre 2004

On pouvait croire que le jour ne viendrait jamais où des Québécois se rendraient compte qu'ils subissent, depuis plus de trente ans, la domination de la doctrine féministe dans la manière d'aborder divers problèmes, notamment dans les relations de travail. Pierre-Louis Lapointe, membre du SPGQ, mérite assurément de recevoir un appui solide de la part de ses collègues dans sa démarche visant à rayer des statuts de son syndicat des dispositions qui accordent un traitement de faveur aux femmes.

La Présidente de ce syndicat, Carole Roberge, considère au contraire «que les clauses visées par M.Lapointe sont plus pertinentes que jamais ». De toute évidence elle n'hésite pas à mobiliser le mouvement syndical pour promouvoir ses intérêts sexistes. Elle qui a été élue, peut-être grâce au Programme «À égalité pour décider» (1 million/année du Secrétariat à la Condition féminine pour faire élire des femmes) et certainement grâce au support unanime des syndiquées et de plusieurs syndiqués naïfs, démontre que, comme toutes les féministes, elle est absolument incapable de concevoir l'atteinte de l'égalité autrement que par l'attribution de privilèges aux femmes.

En fait, les privilèges syndicaux ne constituent qu'une petite partie de la réalité. Les gouvernements en ont mis en place une quantité industrielle. Mme Laberge feint d'ignorer que les femmes ont bénéficié :

(a) dès les années 1970-1980, de programmes de développement des ressources humaines, dans la fonction publique, les organismes gouvernementaux et les établissements publics de santé, d'éducation et de services sociaux qui avaient pour but de favoriser l'avancement des femmes. Plusieurs secrétaires sont ainsi devenues «professionnelles» sans scolarité et examen;

(b) en 1978, d'un énoncé de politique, intitulé «Égalité et indépendance» qui ne concernait que les femmes dans la fonction publique lequel fût suivi, en 1980, de la «politique d'égalité en emploi pour les femmes»;

(c) de libérations «pour poursuivre des études aux fins d'assurer leur progression de carrière», (1654 ont obtenu un diplôme entre 1990 et 1995) et de concours ministériels et interministériels «aux conditions minimales d'admission», dans le cadre de la politique pour les femmes;

(d) de concours ministériels et interministériels de promotion pour les femmes seulement, dans certains corps d'emploi, en vertu des programmes 1992-1997; et depuis 1996,de concours réservés, dans des conditions extrêmes, selon l'avis de la CDPDJ;

(e) depuis 1983, de «programmes d'accès à l'égalité en emploi» avec objectifs quantifiés par catégories et niveaux d'emploi (le seul groupe à avoir ces précisions) - «préférence d'embauche à compétence égale » - dans la fonction publique et, depuis 2000, dans l'ensemble des organismes publics avec imputabilité des sous-ministres et dirigeants d'organismes ;

(f) depuis 1987, d'interventions systémiques destinées à privilégier l'embauche de femmes dans des métiers «non traditionnels », c'est-à-dire, à majorité masculine, et de «programmes sous obligation contractuelle» qui obligent les entreprises de plus de 100 employés qui transigent avec le gouvernement à faire de même;

(g) de critères particuliers de sélection à l'admission, notamment: «une personne peut compenser de la scolarité manquante par une expérience de travail, on entend par expérience de travail, notamment la charge de famille ou le temps consacré par une personne aux soins ou à l'éducation d'une ou de plusieurs enfants ou d'autres personne à charge»; «la force n'est plus nécessaire pour être «gardienne de prison», «policière», «pompière» etc;

(h) de la préséance systématique des titres d'emploi féminins dans la publication des appels de candidatures du Conseil du trésor dans des quotidiens comme Le Soleil (ex: «agente ou agent», «ingénieure forestière ou ingénieur forestier», «contremaîtresse ou contremaître en travaux publics»)



Apparemment, il n'est pas encore assez satisfaisant :

(i) que, déjà en 2001, les femmes formaient 54 % de tous les employés dans la fonction publique ;

(ii) qu'en 1998, tous les objectifs de représentation féminine fixés par les programmes antérieurs d'accès à l'égalité à l'emploi avaient été dépassés dans les diverses catégories d'emplois;

(iii) de nombreux corps d'emplois sont maintenant à prédominance (majorité) féminine ;

(iv) depuis les années 1990, en vertu de la Charte, et depuis 2001, en vertu de la Loi sur l'équité salariale les femmes (LES) qui sont dans des catégories d'emploi à prédominance féminine bénéficient de l'équité salariale, c'est-à-dire, d'un salaire égal pour un travail «équivalent»; une mesure qui fait en sorte que certains hommes syndiqués, dépendant de leur catégorie d'emploi, sont moins bien payés que les femmes exerçant des tâches équivalents, sans aucun recours;

M. Lapointe, vous devez absolument demander à Mme Roberge :

(1) quelle représentativité, selon elle, les femmes devraient atteindre par catégories, corps et niveaux d'emploi ( chiffres précis) - et sur un horizon de combien d'années;

(2) comment croit-elle que ces objectifs peuvent être atteints sans mettre de côté le régime de mérite et sans réduire d'autant l'accessibilité des hommes à ces emplois ;

(3) qu'est-ce qu'elle entend faire pour rétablir l'égalité entre les femmes et les hommes dans les catégories et corps d'emploi où manifestement les femmes sont devenues majoritaires

(4) qu'est-ce qu'elle entend faire pour corriger l'iniquité engendrée par la LES.



Il serait peut-être temps que les syndiqués puissent chanter so-so-solidarité en sachant qu'ils ne se font pas floués par une ingénierie féministe, pseudo social-démocrate.

Référence: Discrimination positive; Le SPGQ appelé à débattre des articles "féministes" de son statut




Le mâle dans tous ses états

(à propos d'une chronique du Soleil )
André Gélinas
1 février 2003



Invité à visiter le site www.lesmalesduquebec.org le chroniqueur réfute l'allégation qu'on y trouve voulant que "les femmes sont en position de pouvoir dans les entreprises et au gouvernement, dans les médias, dans le système judiciaire et dans le système d'éducation". Même si l'on sait maintenant que le site était bidon et que c'est délibérément que le texte ratissait très large et pêchait par simplisme la réplique laisse passablement songeur. En gros, le chroniqueur déclare: que selon une étude récente les femmes sont de moins en moins nombreuses dans les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse; qu'il ignore que les médias et les tribunaux sont contrôlés par les femmes; qu'il n'y a rien de mal à ce que les filles envahissent les métiers de gars étant donné qu'il y a des hommes dans les garderies; que les filles réussissent mieux parce qu'elles sont plus brillantes; que les garçons décrochent non pas parce que l'école n'est pas adaptée "au petit gars à maman" mais parce qu'ils ne font pas d'effort ou veulent jouer au vidéo; que si les filles sont majoritaires dans des facultés universitaires rien n'empêche les garçons de faire de même. Il en conclut que le québécois d'aujourd'hui est un mollusque, un bigorneau.

Il m'est venu tout de suite à l'esprit qu'avec des hommes comme çà les féministes peuvent faire une longue sieste. On dirait que les québécois se divisent en quatre types face au discours féministe qui domine depuis trente ans au Québec. Il y a d'abord le québécois "rose bonbon"; il appuie ce discours sans réserve, il se croit coupable de tout ce que les féministes reprochent à "son genre" et il voudrait se faire pardonner. Il y a ensuite le québécois "trois petits singes", il ne voit rien, n'entend rien, ne dit rien. Puis il y a le québécois "fort et supérieur", il ne pleure pas, ne demande rien, il peut tout régler par lui-même tout seul. Il y a finalement le "québécois caméléon" qui emprunte aux trois types précédents dans des proportions variables et selon les circonstances.

Manifestement le chroniqueur du Soleil se range dans la dernière catégorie. Il n'a jamais cru bon d'écrire un texte sur "la femelle dans tous ses états " même si chaque jour amène son lot de complaintes de la part de la dizaine de groupes féministes patentés et que les sites féministes regorgent de revendications qui devraient aussi lui titiller la rate ou irriter son gros nerf.

Il pourrait commencer par se demander comment, avec toutes ses couilles, il pourrait changer quelque chose au fait:
" que la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans les organismes publics (art. 10 sv. 2000. L.Q. c.45) et la Charte des droits et libertés (art.86 sv.-C-12) font en sorte que tous les employeurs doivent élaborer des programmes en vertu desquels "une femme doit être embauchée et promue de préférence à un homme" lorsqu'elle est sous-utilisée dans une catégorie d'emploi. Comme les femmes sont associées dans cette matière aux autochtones et aux membres des communautés culturelles qui ont tous préséance sur les hommes de souche ceux-ci pourraient peut-être commencer à s'inquiéter du sérieux rétrécissement de l'emploi qui devrait normalement se produire;
" qu'en vertu de ces lois le gouvernement a lancé des interventions d'ordre systémique pour favoriser l'engagement de femmes dans des secteurs réfractaires - les services ambulanciers, de police et de pompiers, les métiers de la construction, les prisons. Or, les femmes qui sont dans ces emplois ont droit à un salaire égal même s'il y a des tâches qu'elles ne peuvent pas remplir. Comment peut-on accepter que les femmes représentent 38% des gardiens de prisons pour hommes, sans compter qu'il y a quelques années on a violemment dénoncé la présence de gardiens dans les prisons de femmes ? Non seulement elles disparaissent quand le bingo se produit mais elles sont même capables de le causer par leur comportement erratique (Le Journal de Québec, 27 janvier 2003 p. 10). Il y a à peine quelques jours la RTC était à la recherche de femmes mécaniciennes dans ses garages; elles n'y sont que 5%, quelle injustice. Gageons qu'elles vont demander aux gars de charger les pneus et qu'ils vont dire oui ;
" que la Loi sur l'Équité salariale (E-12.001) fait en sorte que le salaire et les avantages sociaux de catégories d'emploi occupées majoritairement (60%) par des femmes vont toujours être relevés au niveau de ceux de catégories d'emploi occupées majoritairement par des hommes, pour un "travail équivalent" (donc pas égal), mais que le salaire des hommes dans certaines de ces catégories d'emploi va continuer d'être inférieur à celui des femmes. Or, à ce jour, cette iniquité n'a pas été dénoncée ni par la Vérificatrice générale, ni par la Protectrice du citoyen, ni par la ministre des Finances ou ses deux ministres déléguées, ni par la ministre de la Solidarité sociale, ni par la ministre responsable de la Famille et de la Condition féminine, ni par la Présidente du Conseil du statut de la femme, ni par la Présidente du Conseil de la famille, ni par la chef du cabinet du premier ministre, ni par la députée de l'opposition chargée des finances publiques. Bien sûr, les femmes ne contrôlent pas tout le gouvernement mais elles ne sont certainement pas démunies. Ajoutons que la CSN a élu une présidente pour mener à terme cette politique;
" que dans le cadre de cette dernière loi, la définition de catégorie d'emploi varie d'une entreprise à l'autre, d'un organisme à l'autre, d'une période de temps à l'autre; que l'exercice est conduit par des comités composés majoritairement de femmes sous la direction d'un organisme présidé par une femme très proactive (parce que la précédente ne l'était pas assez au goût de la FTQ) qui régit, en fait, l'ensemble des rémunérations et avantages sociaux de tous les travailleurs québécois mais, en bout de piste, pour le seul bénéfice des femmes. Au gouvernement du Québec, cette loi a amené le gouvernement à instaurer un cadre uniforme et forcément rigide de rémunération pour les 400 000 emplois et engendre des dépenses de 5 à 600 millions de dollars par année. Dans les entreprises, elle entraîne une augmentation de 8% de la masse salariale, bien au dessus de l'augmentation annuelle du PIB. Pas étonnant que les centrales pressent le gouvernement de régler le dossier de l'équité salariale avant les élections, il se pourrait que d'autres partis politiques veuillent mettre un terme à cette mesure démentielle ;
" que, depuis des années, la publicité en matière de réussite scolaire et le recrutement de plusieurs facultés universitaires ciblent très particulièrement les filles; que quelques bourses universitaires sont spécialement réservées aux filles qui veulent se diriger vers des professions d'hommes; que l'encadrement très majoritairement féminin aux premiers niveaux d'enseignement est animée par la pensée féministe (dixit la Présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement); que sous le couvert de la tolérance zéro envers la violence on perfuse les garçons au ritalin alors qu'ils demandent tout naturellement de pouvoir bouger comme des gars normaux ;
" que le ministre de l'Éducation, tout récemment, alors qu'il disait prendre des mesures pour contrer le décrochage scolaire effarant des garçons n'a pu s'empêcher, dans le même souffle, de lancer un appel aux filles pour qu'elles envahissent les domaines occupés traditionnellement par les gars. Le chroniqueur doit savoir qu'en 2002 le MEQ a donné le coup d'envoi à la septième édition de son concours "Chapeau les filles" et de son volet scientifique Excellence Science aux niveaux secondaire et collégial. Rien de tel pour les étudiants. On ne semble pas s'être rendu compte que c'est la vie des garçons qui a été changée par la mixité car les filles ont finalement toujours eu un encadrement majoritairement féminin alors que les gars sont passés d'un encadrement masculin à un encadrement majoritairement féminin. Il est tout de même remarquable que là où on a instauré les classes unisexes les garçons ont retrouvé le goût de l'étude.
" la féminisation acharnée et exemplaire des emplois devient nettement apparente lorsque, par exemple, la Société Radio-Canada engage une femme qui a été instructeur d'une équipe féminine de hockey amateur pour commenter à la Soirée du hockey alors qu'il n'y a pas une seule femme qui joue dans la Ligue nationale, qu'il y a des centaines d'instructeurs et joueurs masculins qui auraient été nettement supérieurs; une autre passe de la météo aux nouvelles sportives sans coup férir.

Le chroniqueur devrait pouvoir expliquer pourquoi :
" il y a 100 maisons pour les femmes battues alors qu'il n'y a qu'une seule maison connue pour les hommes violents qui sont pourtant, dit-on, les seuls responsables du problème; pourquoi le rapport qui a donné lieu à la politique québécoise en matière de violence conjugale et cette politique nont pas cherché à déterminer les traitements les plus appropriés pour les auteurs de la violence mais ont plutôt favorisé la judiciarisation des relations que l'on dit pourtant vouloir égalitaires; pourquoi la très forte majorité des actions retenues (y compris l'indemnisation par L'IVAC) concernent les victimes et que celles qui sont alors visées sont très majoritairement des femmes;
" les féministes qui n'ont à la bouche que les mots "égalité et relations égalitaires" défendent-elles aux hommes d'avoir même un soupçon d'intérêt dans les questions qui touchent à la procréation, à la naissance, à l'avortement;
" les tribunaux ont toujours très nettement favorisé les femmes en matière de garde des enfants pour ensuite déplorer que les hommes n'assumaient pas leurs responsabilités. Récemment le gouvernement fédéral a publié un document de consultation sur le droit de garde et les pensions alimentaires (2002) dans lequel la notion de "responsabilité parentale" - donc de partage entre ex- époux - en matière de garde est rejetée sous prétexte que les enfants ne doivent avoir qu'un seul fournisseur principal de soins, sous-entendu la mère;
" les législateurs qui n'ont pas hésité à partager en deux le patrimoine, y compris le régime de retraite du mari, n'obligent pas la femme à contribuer davantage à leur régime de retraite étant donné qu'elles vivent plus longtemps alors que les hommes paient plus cher leur assurance-vie justement parce qu'ils vivent moins longtemps.
" les sites qui prennent le parti des hommes se multiplient sur l'internet (voir : lapresrupture.qc.ca, geocities.com/garscontent...) si ce n'est parce que les médias, les journaux comme les autres, leur sont réfractaires sinon fermés. Le Soleil, comme ses concurrents, fait une large place à tous les communiqués des collectifs de femmes (ex: la démocratie et le féminisme, la marche des femmes etc…) mais il ne semble jamais y avoir de contrepartie masculine. Bien plus, ses éditorialistes et chroniqueuses épousent spontanément toutes les causes des femmes mais, à ce jour, pas un seul chroniqueur n'a été en mesure de commenter "Homme et fier de l'être" ou "L'équité salariale et autres dérives et dommages collatéraux du féminisme au Québec".

Bref, les québécois ont été favorables à l'épanouissement de la pensée féministe. Il devrait leur être maintenant possible d'exiger, à leur tour, la prise en compte de leurs propres intérêts afin de vivre dans une société mieux équilibrée. Encore conviendrait-il qu'au moins les hommes soient eux-mêmes conscients des réalités qui les entourent.





Le procès du féminisme selon la Gazette des femmes

André Gélinas
16 mars 2003

Dans l'édition de mars-avril de la Gazette des femmes, publié par le Conseil du statut de la femme, on peut lire une entrevue de Rosette Côté menée par Françoise Guénette ainsi qu'une recension de mon ouvrage "L'équité salariale et autres dérives et dommages collatéraux du féminisme au Québec" (Les Éditions Varia), sans doute par la même personne1. J'ignorais ces faits quand j'ai accepté de participer à un débat tenu au Musée de la civilisation sur le thème "Le féminisme est-il allé trop loin ?" et animé par la même Mme Guénette. Je comprends maintenant pourquoi j'ai été empêché à quelques reprises de parler de l'équité salariale alors qu'à la toute fin la Présidente de la Commission de l'équité salariale fût autorisée à réfuter des arguments qu'elle m'imputait sans que j'aie eu le temps d'expliquer les miens. Comme éthique journalistique on a déjà vu mieux; je vais avoir maintenant plus de mal à me fier à la revue de presse qu'elle présente à l'émission matinale Matino presto diffusée dans la région de Québec.

Examinons d'abord la recension de mon ouvrage. Finaude Mme Guénette ne dit rien à propos de ma critique de l'équité salariale préférant laisser parler la Présidente de la CSE sur la page d'à côté. Elle s'attaque à la deuxième partie de l'ouvrage qui "enlève toute crédibilité à l'ensemble" et elle se lance dans une petite série de citations hors contexte ou tronquées. Elle n'explique pas pourquoi je demande le retrait des lois proactives qui discriminent outrageusement en faveur des femmes. Elle devrait pouvoir démontrer qu'il est logique que de pareilles lois favorisent les femmes aux dépens des hommes alors que les féministes ont toujours prétendu que les femmes étaient les égales des hommes. Depuis que le féminisme victimaire a été dénoncé par quelques femmes, les féministes ont plus de mal à s'aventurer sur ce terrain. Elle ne dit pas pourquoi elle est favorable à un parti politique composé uniquement de femmes et pourquoi, après avoir proclamé que la femme est seule maîtresse de son corps, la femme québécoise ne devrait pas être tenue au moins grandement responsable du fait que le taux de natalité au Québec a chuté au point de ne plus assurer la régénération, ou dit autrement, responsable de conduire la société à l'extinction.

Quant à Mme Côté, présidente de la Commission sur l'équité salariale, " elle se fait cinglante" à l'égard de mon analyse. "L'ensemble de ses prémisses sont fausses puisqu'il nie toute discrimination au départ". C'est assurément le cas mais Mme Côté prend bien soin de ne pas révéler la teneur du débat. La justification, la prémisse de l'équité salariale repose sur un écart observable de 15 à 25%, selon les périodes, entre le salaire moyen des femmes et des hommes. Les féministes considèrent que cet écart est attribuable au fait que: le marché discrimine de manière systémique contre les emplois traditionnellement féminins, que les employeurs, forcément des hommes, sont sexistes et qu'ils utilisent des critères d'évaluation des emplois qui sous-estiment le travail féminin.

Mme Côté est tout à fait d'accord avec cette proposition " Cette loi prend pour acquis l'existence d'une discrimination systémique et renverse le poids de la preuve lequel est dorénavant sur les épaules de l'employeur". Donc, l'employeur est coupable de ne pas payer les femmes un salaire égal non plus pour un travail égal mais un travail féminin équivalent, une invention féministe.

Or, c'est cette prémisse des féministes qui est est contestable et pour plusieurs raisons:

(1) Elle veut que les employeurs masculins qui sont en concurrence sur le marché soient tous assez sexistes pour rémunérer les femmes à un taux inférieur, par surcroît, presque uniforme, mais pas assez sexistes pour ne pas les embaucher par milliers. Comment expliquer alors que les Opera Winfrey et Céline Dion, les sœurs Williams, Anika Sorenstam, ces centaines de vedettes de la chanson, du cinéma et de la télévision et les mannequins féminins, soient payés plus cher que bien des hommes qui font le même métier ? Le marché est bon seulement quand il avantage les femmes ?

(2) Les analyses sérieuses indiquent que cet écart est plutôt attribuable aux facteurs suivants :

-- la concentration des femmes qui travaillent dans certains secteurs d'activités et types d'emplois, Même la Présidente du Conseil du statut de la femme l'a reconnu récemment en constatant que les filles choisissent le métier d'esthéticienne moins payant que celui de mécanicien --(Le Soleil, 10 avril 2002, p.A-8). Mais Mme Côté ne comprend pourquoi il en est ainsi. Par contre, elle d'accord pour que les gardiennes de prison gagnent le même salaire que les gardiens de prison même si elles ne remplissent pas des tâches identiques dans les prisons masculines.

-- la taille de l'entreprise (85% des entreprises de 10 à 49 employés sont non syndiquées; 80% des femmes travaillent dans des entreprises de moins de 100 employés et 50% dans de très petites entreprises de 0 à 19 employés);

--l'ancienneté, le temps travaillé ( voir Simon Langlois dans "Québec 2003"), la formation, le degré de syndicalisation (50% des femmes ne sont pas syndiquées). Et si plusieurs femmes étaient satisfaites de la situation, du travail à temps partiel ?

(3) Mme Côté n'explique pas pourquoi ce sont seulement les femmes qui ont droit à l'équité salariale alors que les autres groupes également "victimes de discrimination systémique" (les membres des communautés culturelles, les autochtones, les personnes handicapées) auxquelles les femmes sont associées lorsqu'il est question de programmes d'accès à l'égalité en emploi, n'y ont pas droit.

(4) Dans les années 1960 une commission royale (Laurendeau-Dunton) avait déterminé que les que les québécois francophones étaient moins rémunérés en moyenne que la presque totalité des autres communautés sur le territoire où ils étaient pourtant majoritaires. Il n'y a pas eu de loi pour rehausser le salaire des francophones. En 2000 les gains hebdomadaires moyens québécois étaient à 87% des gains des Ontariens. Il n'y a pas de loi canadienne d'équité interprovinciale ?

Mais l'examen ne doit pas s'arrêter là. Les mécanismes d'application de la loi sont particulièrement nocifs. Non seulement le gouvernement québécois a-t-il adopté une Loi sur l'équité salariale, ce que plusieurs gouvernements n'ont pas fait, y compris le gouvernement fédéral, mais il a mis en vigueur la loi la plus chromée en Amérique du Nord et, jusqu'à preuve du contraire, dans le monde.

Cette loi est grandement critiquable parce que:

" elle s'applique à toutes le entreprises, même aux PME qui ont moins de 50 employés et qui représentent 95% de toutes les entreprises québécoises (- de 10 employés = 80% ; 10-49 employés = 15%), et bien que la moitié de ces dernières ait un taux de survie qui ne dépasse pas cinq ans en moyenne. On inflige ainsi une rigidité à des entreprises dont le principal atout est une gestion souple. En 2002, la création de PME a été en hausse de 3% ailleurs au Canada, au Québec il y a eu décroissance. Mme Côté soutient que cette loi tient compte du marché puisqu'elle module ses obligations selon la taille des entreprises, elle prouve que la confusion règne.

" elle s'applique au gouvernement qui est devenu, par l'effet de cette loi, un seul et même employeur pour la fonction publique, les organismes gouvernementaux, les établissements publics de santé et de services sociaux et les établissements publics d'éducation. Il s'agissait auparavant de quatre secteurs distincts ce qui donnait une certaine marge de manœuvre. L'appareil gouvernemental est devenu un bloc monolithique, un paradis syndical.

" elle s'applique à presque tous les emplois y compris aux emplois de cadres ce que ne fait aucune loi au travail. Elle distingue trois sortes de catégories d'emploi; celles qui sont à prédominance féminine (composées à 60% de femmes), celles qui sont à prédominance masculine (60% d'hommes) et qui servent de comparateurs et la catégorie mixte lorsqu'aucun sexe est majoritaire. Or, un grand nombre des catégories féminines dont on parle maintenant n'ont rien de traditionnellement féminines comme le voulait la proposition initiale: Il peut s'agir, par exemple au gouvernement, des catégories suivantes: agents de recherche et de planification socio-économique, pharmacien, conseiller légal, agent d'information, agent d'indemnisation classe nominale de bureau, agent de gestion du personnel, bibliothécaire, commis senior à la comptabilité, commis intermédiaire;

Bien plus, on a déterminé l'existence de la dominance d'un sexe tantôt par rapport à une situation qui prévalait il y a 10 ans tantôt au moment où l'analyse a été menée. On comprend que : le changement de sexe de quelques employés peut suffire à modifier le caractère féminin ou masculin d'une catégorie dans un temps assez court; que ce caractère peut être différent d'une entreprise à l'autre; qu'un seul employé peut constituer une catégorie d'emploi. En somme, le salaire est versé non plus en fonction des tâches mais du sexe d'un groupe de personnes qui à un moment donné les remplissent. La question se pose de savoir comment on peut fixer une date précise au début de cette discrimination historique alors que manifestement la situation est en constante évolution ? La position des féministes est d'autant plus difficile à comprendre qu'elles prétendent que la dégradation salariale commence à se produire lorsque le taux de féminisation atteint 40% ;

" elle s'applique à toutes les rémunérations, traitements et avantages sociaux, par surcroît indépendamment de l'ancienneté des individus, comme si les employeurs établissaient des avantages sociaux strictement réservés aux hommes;

" elle compare les emplois masculins et féminins à partir de critères d'évaluation propres et différents ce qui en toute logique devrait constituer une lacune fatale. Au gouvernement il y a pour le personnel syndiqué trois systèmes comprenant un nombre variable de facteurs -7-22-16 et maintenant 17 et il y a deux systèmes différents pour les cadres.. Forcément on doit faire des compromis ce qui est inadmissible en théorie. Mme Côté révèle le fond de sa pensée lorsqu'elle exige que le salaire des secrétaires soit égal à celui des mécaniciens;

" elle accorde des ajustements de traitement à des catégories d'emploi dites à prédominance féminine de telle manière que certains hommes seront dorénavant moins bien rémunérés (en bas de la moyenne) que des femmes et qu'ils ne pourront jamais contester cette situation (Jugement Evans). Au gouvernement du Québec, à la suite d'un premier redressement complété le 21 novembre 2001 on a obtenu, dans le tiers supérieur des rangs (9 rangs) les plus élevés de la structure de rémunération (qui en compte 25), 55% de catégories féminines et 44% de catégories masculines, dans le deuxième tiers moyen (8 rangs) 56% catégories masculines et 44% féminines et dans le tiers le plus bas (8 rangs) 53 % catégories masculines et 47% féminines. Comme le gouvernement fixe déjà les traitements de ses employés par relativité et fait abstraction du marché cette équité salariale féministe décroche doublement les salaires du marché mais, cette fois, au bénéfice des femmes seulement. Comme elles profitent également des hausses de salaires accordées aux emplois à prédominance masculine elles gagnent sur les deux tableaux C'est du beau travail. So so so. solidarité;

" elle assure la pérennité des ajustements de salaire aux femmes (à une fréquence encore indéterminée, annuellement, aux trois ans?). Plus besoin de faire d'effort, on s'accroche à la locomotive et le tour est joué. Il s'agit d'une Loi du salaire maximum pour les femmes seulement;

Le bouquet, est que cette loi sera inapplicable, en fait, aux petites entreprises dans lesquelles il n'y a pas de comparateurs masculins à moins que la CES en détermine un - ex: une entreprise de référence - une solution tout à fait démentielle; donc cette loi ne bénéficiera pas à celles dont on disait vouloir améliorer le sort mais bien à celles qui sont déjà privilégiées et qui ont un emploi dans le secteur public. Convenir de cela c'est reconnaître que cette loi n'atteint pas son objectif mais les féministes ne l'avoueront jamais même sous la torture et ce n'est pas la Présidente de la CSN qui va vendre la mèche. Mme Côté omet de dire qu'en Ontario les entreprises ne sont pas soumises à des comparateurs externes et que les hausses des ajustements salariaux sont plafonnées contrairement à ce qui se passe au Québec.

La CSE est une sorte de Régie des traitements et des avantages sociaux de l'ensemble de la population mais au seul bénéfice des femmes qui travaillent. Elle est au dessus du régime de négociation collective. On se croirait en temps de guerre ou sous un régime qui a implosé en 1989. Avec un organisme pareil les syndicats sont devenus superflus.

À cet égard, il est très alarmant de lire dans la Gazette des femmes les propos suivants de la Présidente de la Commission de l'équité salariale: "Si on laisse le marché se réguler les femmes vont s'appauvrir. Or, quand elles sont pauvres, seules avec charge d'enfants, sans les moyens de payer les garderies qui prend le relais ? L'État pourvoyeur". Elle dit encore "Si vous pouvez offrir $50 000 a un jeune king de l'informatique vous pouvez donner un $1.00 de plus l'heure à votre secrétaire".

Cette façon d'aborder la détermination des salaires en dit long sur l'esprit qui anime l'application de cette loi et les connaissances que les féministes ont du fonctionnement de l'économie. Pour Mme Côté le marché n'a pas d'importance, ce sont ses propres valeurs (elle qui est si neutre) qui vont déterminer les salaires des unes et des autres. L'argument de la femme monoparentale pauvre revient comme la sauce brune, il s'accorde à tous les plats. Un homme qui aurait dit une pareille ânerie aurait été destitué le lendemain. Quand est-ce que les femmes d'affaires vont la ramener à la raison? Quand est-ce que la ministre des Finances, la Vérificatrice générale, la Protectrice du citoyen, la députée de l'opposition officielle chargée du dossier, vont enfin trouver le temps de remettre en question ces lois qui sont à la fois discriminatoires et inefficaces.

Enfin, cette correction du marché n'est pas gratuite pour le contribuable. En novembre 2001 le Conseil du trésor a déclaré avoir versé, de 1990 à 2001, 4,3 milliards de dollars en correctifs salariaux récurrents au seul chapitre de l'équité salariale féministe, à raison de 430 millions/ année en moyenne, pour 216 catégories féminines (Communiqué de presse du 22 novembre 2001). En décembre 2002, selon le Conseil du trésor, la note de la seule l'équité salariale (féministe) de 1990 à 2007 allait être de 8,8 milliards de dollars, à raison de 517 millions/ par année en moyenne, pour 550 catégories féminines (Le Soleil, 4 décembre, 2002p. A-5). Pour les années 2000 à 2007 on obtient 4.5 milliards ou $643 millions /année. Le nombre de catégories féminines et de femmes qui profitent d'un redressement est forcément en hausse avec la féminisation des emplois. Il faut ajouter le coût des libérations syndicales pour les fins de la seule équité féministe qui a été de 8 millions de dollars. En 2002 seulement. Il faudra aussi ajouter le coût du redressement des avantages sociaux. Le gouvernement pourrait négocier un faible montant à ce dernier chapitre (malgré la loi) pour la simple raison que les femmes, vivant plus longtemps, sont nettement avantagées au régime de retraite, le principal avantage social. Cela supposerait qu'il fasse preuve de logique mais dans cette matière, on le sait, il n'est pas du tout évident que cela soit de mise.

Bref, nous ne faisons pas le procès du féminisme mais nous remettons en cause ses dérives et dommages collatéraux. Il semble bien que les féministes qui ont été seules à parler depuis trente ans tolèrent mal la réplique.

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(1) Les mêmes textes (sauf la recension de mon ouvrage) se retrouvent dans un supplément également publié par la Conseil du statut de la femme et distribué par Le Soleil la fin de semaine du 8 mars. Comme copinage et réseautage c'est assez bien réussi.



La stratégie masculiniste selon Pierrette Bouchard

André Gélinas
18 mars 2003

Mme Bouchard débute son analyse * par une recension de quelques ouvrages, articles de journaux ou sites internet qui malmèneraient le féminisme. Dans ce lot il y a les contributions de deux femmes, Denise Bombardier et Sophie Torrent. Elle aurait pu ajouter Élizabeth Badinter car les propos de Mme Bouchard s'inscrivent parfaitement dans ce qu'il est maintenant convenu d'appeler le féminisme victimaire. Elle considère que le masculinisme n'est pas un simple mouvement de réaction mais bien un "ressac, une volonté de resserrement du contrôle patriarcal sur le féminisme, ce dernier étant l'obstacle rencontré". Elle ajoute " Cette idée d'équivalence entre les deux groupes de sexe est celle sur laquelle repose la stratégie des masculinistes qui veulent faire croire que l'égalité est atteinte". On comprend l'intérêt de "l'auteure" à ce que cela ne soit pas le cas, elle est titulaire de la chaire Claire Bonenfant sur la Condition féminine à l'Université Laval; "pourvou que ça doure", disait la mère de Napoléon. Mais fondamentalement elle a bien raison l'égalité n'est pas encore atteinte car il n'existe aucune chaire sur la Condition masculine et nous n'entrevoyons pas le jour où une université qui se respecte va créer une "patente" pour consacrer une autre vision monoculaire de la société. Que Mme Bouchard se rassure, le gouvernement fédéral du Canada qui accorde $10 000 000 par année pour des recherches différenciées selon le sexe, (féminin seulement), n'est pas prêt d'accorder l'équivalent pour des recherches sur la condition masculine. Incidemment ce montant est supérieur de deux millions à la somme dont disposait, en 2001, la Commission du prêt de droit public pour les 13 500 auteurs canadiens, hommes et femmes confondus.

Mme Bouchard recense un ensemble de sites internet d'hommes, dont quatre au Québec, comme s'ils étaient les seuls à se servir de ce nouveau mode de communication. Pourtant sur son propre site on compte 14 "liens amis" dont le "répertoire internet des femmes canadiennes", "chiennes de garde" et "cybbersolidaires". On apprend par les communiqués que L'Alliance canadienne féministe pour l'action internationale et L'Association nationale de la femme et du droit sont toutes bien branchées sur le Comité sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes des Nations-Unies, tout comme notre propre Commission de la protection des droits de la personne et des droits de la Jeunesse, et ces instances se chargent de relayer les messages vers nos chaumières monoparentales.

Elle adopte ensuite une classification des groupes masculinistes mise de l'avant par des australiens: les groupes de défense ou de promotion des droits des hommes, les groupes de thérapie de la masculinité, les groupes pro-féministes et contre le sexisme, et les groupes conservateurs. Comme le deuxième et le troisième groupe, n'ont rien de menaçant il n'en reste plus que deux dont elle doit s'occuper. Le groupe des droits de l'homme commet l'erreur de prétendre que certains phénomènes (la violence sous ses diverses formes) touche autant les hommes que les femmes, ou encore, de soutenir que les hommes sont plus atteints que les femmes par divers autres phénomène sociaux (le décrochage scolaire, la mise à l'écart de la paternité par les tribunaux, le suicide, les accidents, les drogues, et la durée de vie plus brève…). Il est inadmissible que les femmes fassent moins pitié que les hommes. Elle refuse donc que les hommes puissent recourir à la même stratégie que les femmes, la complainte de la victime.

Mais c'est évidemment le groupe conservateur qui reçoit la plus belle raclée; il est associé à l'extrême droite, aux racistes, suprématistes, hétérosexistes. "Une analyse du contenu de ces sites Internet montre qu'ils diffusent de la propagande contre les femmes et incitent à la haine. Ils invitent au harcèlement, s'attaquent à la crédibilité et à l'intégrité des féministes et manipulent les données et les statistiques dont ils font état pour appuyer leurs démonstrations". Mme Bouchard devrait lire les messages diffusés par les groupes féministes. C'est parce que les hommes en ont eu marre de se faire traiter de phallocrates et autres épithètes du même acabit qu'ils ont élargi leur vocabulaire en parlant des vaginocrates et autres épithètes du même genre. Ils n'ont rien inventé, ils ont simplement inversé les signes. C'est comme pour la journée de l'homme et le congrès international de la condition masculine. Pourquoi est-ce que les féministes détestent tant ces initiatives si ce n'est parce qu'elles montrent le ridicule de leur contrepartie?

En terminant, Mme Bouchard reprend la litanie des inégalités dont les femmes - et seulement les femmes - souffrent encore: "les écarts persistants de salaires entre les hommes et les femmes, la pauvreté plus marquée chez ces dernières, les ghettos d'emplois féminins, la détresse psychologique des filles ou encore les filières de formation qui leur sont présentées, le partage inégal des tâches domestiques, la quasi-absence des femmes dans les institutions civiles, politiques et religieuses et, en finale, les deux tiers des enfants dans le monde qui ne vont pas à l'école sont des filles." Elle poursuit: "Le ressac c'est une offensive patriarcale pour affaiblir ou faire perdre aux femmes certains acquis maintenant garantis par des politiques et auxquels ont été consacrées des ressources: les programmes d'accès à l'égalité en emploi, les politiques contre le harcèlement sexuel, les maisons d'hébergement pour femmes violentées, la loi sur les pensions alimentaires, la loi sur la garde des enfants, la mixité scolaire.

Il est remarquable qu'à propos de la plupart de ces questions les féministes ont d'abord fait ce qu'elles reprochent aujourd'hui aux masculinistes, manipuler les données. Les écarts salariaux s'expliquent par une foule de facteurs autres que ceux qu'invoquent les féministes, le sexisme des employeurs masculins et leur discrimination systémique contre les femmes, mais que les féministes écartent délibérément. Les 100 maisons d'hébergement des femmes violentées et les 120 centres de femmes ont reçu du gouvernement du Québec seulement $193 000 000, de 1996 à 2001, même si 17% des femmes hébergées n'habitaient pas avec le conjoint violent et que 4.4% n'avaient pas subi de violence. Pour leur part, les organismes qui s'occupent des hommes impulsifs, que l'on dit à l'origine du problème, ont reçu $13 000 000. Lorsqu'il est question de répartir les sommes un peu plus équitablement les féministes protestent et il se trouve même des hommes (qui, comme par hasard, travaillent dans les maisons pour femmes) pour faire de même. Pourtant Martin S, Fiebert de l'Université de la Californie a publié une bibliographie de 122 études universitaires qui démontrent que les femmes sont aussi sinon plus agressives que les hommes dans leurs rapports conjugaux. Curieusement, il y n'y a aucune enquête sur la violence conjugale au Québec depuis 1977, c'est-à-dire, depuis que les maisons d'hébergement sont subventionnées.

Comment peut-on insister seulement sur la détresse psychologique des filles quand 80% des personnes qui se suicident sont des hommes; on peut bien se contenter dans leur cas d'une ligne téléphonique et d'une semaine de la prévention, comme par hasard immédiatement récupérée dans nos médias au profit des femmes par la présidente du Conseil du statut de la femme..

Il est vrai que la Commission Parent a proposé en 1964 la mixité pour rehausser le niveau des écoles de filles mais maintenant que ce sont les gars qui ont des problèmes pour quelle raison s'objecter à des classes unisexes qui, projets pilotes à l'appui, ont démontré qu'elles avaient pour effet de contrer le décrochage des garçons. Comment peut-on accepter les propos de la Présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement du Québec qui a louangé le féminisme pour avoir permis aux filles de se libérer de leur stéréotype, ce qui a été rendu possible par l'encadrement très majoritairement féminin aux deux premiers niveaux, et ne pas comprendre que cet encadrement puisse ne pas convenir aux garçons? De quel droit les filles devraient-elles avoir un accès privilégié aux emplois alors qu'elles ont accès au même système d'éducation que les garçons lequel, par surcroît, leur accorde des avantages particuliers comme des prix et bourses d'études réservés ? De quelle filières étroites parle-t-on quand 60% des étudiants en médecine et en droit sont des filles ? Il est fascinant de constater qu'après avoir décrié l'absence de sens de responsabilité chez les pères les féministes s'opposent à la garde partagée parce que cela aurait pour effet de réduire la pension alimentaire. Et même si c'était le cas, pourquoi est-ce que les hommes seulement devraient être des pourvoyeurs alors que les féministes prétendent qu'elles n'ont plus besoin de ce type d'homme. Il doit bien y avoir une limite à jouer toujours sur les deux tableaux.

En conclusion, Mme Bouchard souhaite soit que les hommes se taisent soit qu'ils appuient le mouvement féministe. Les féministes n'ont vraiment pas l'habitude du dialogue car elles verraient que le discours masculiniste est franchement plus inclusif que le leur.



* Source: "La stratégie masculiniste, une offensive contre le féminisme "
vendredi 7 mars 2003



Les hommes braillards !
15 avril 2003

M. Nuovo
Il m'est arrivé très souvent dans le passé d'être en parfaite harmonie avec vos propos et quelque fois de vous le faire savoir. Vous détestez la langue de bois utilisée par la plupart des éditorialistes et chroniqueurs. C'est très rafraichissant. Vos deux derniers papiers sur les «aoye, mâles » m'ont décu parce qu'ils démontrent que certaines réalités vous ont échappé.

(1) Ce n'est pas pour rien qu' Elizabeth Badinter a écrit le «féminisme victimaire» . Cela fait quarante ans qu'il sévit et vous ne l'avez jamais dénoncé. Or, c'est une recette qui a très bien réussi puisque voici quelques victoires féministes :

(2) une loi a été adoptée (Loi sur l'accès à l'égalité à l'emploi dans les organismes publics) qui fait en sorte que les femmes doivent être embauchées de préférence aux hommes (à compétence égale,bien entendu, mais n'es-ce pas la moindre des choses)

(3)L'université de Montréal maintient un programme d'accès à l'égalité qui oblige les départements qui n'ont pas une féminisation à 50% de mettre en place un plan à cet effet. Un tel plan prévoit qu'entre deux candidats à qualité égale, la préférence doit être accordée à la femme . M Simonet,vice-recteur à la planification ;«Cela permis de sensibiliser les doyens à cette question". Des programmes ciblés pour les étudiantes du secondaire et du collégial (Chapeau les filles, Excelle science), stages, quelques bourses d'études réservées (Irma Levasseur par le Secrétariat à la condition féminine, les Chaires CRSNG/Alcan et Marianne Mareschal Polytechnique) ont été établies de manière à accroître l'inscription des filles à des disciplines à prépondérance masculine.

(4) une loi a été adoptée (La Loi sur l'équité salariale - qui n'a rien à voir avec l'égalité salariale) qui fait en sorte que les femmes travaillant dans des catégories d'emploi à prédominance féminine seront payées plus cher que des hommes appartenant à des catégories à prépondérence masculine qui auront été comparées aux premières; dans le seul secteur public cette folie aura coûté 8 milliards de dollars de plus aux contribuables. Or, à l'origine de cette loi il y a la fausse observation que le salaire moyen des femmes est moins élevé que celui des hommes «à cause du sexisme des employeurs ». La vraie raison de l'écart est tout simplement que le temps travaillé des hommes est plus élevé que celui des femmes. Mais si les hommes ne doivent pas se plaindre de cette fumistrie que peuvent-ils faire? .

(5) le gouvernement a, de 1996 à 2001, dépensé $193,026,942 pour la centaine de maison d'hébergement «pour femmes battues) et $13,694,436 pour les services aux «conjoints violents » Source : Comité nterministériel de coordination en matière de violence conjugale, familiale et sexuelle.:" Politique d'intervention en matière de violence conjugale" Rapport de mise en œuvre Québec, 2003, p. 23-24

(6) peut-on expliquer pourquoi les sages-femmes qui ont maintenant le droit de faire des accouchements dans les hôpitaux ne sont pas soumises au comité médical de ces hôpitaux?

(7) l'agence de développement des services de santé et des services sociaux de la région de la Capitale nationale a dévoilé le 8 mars 2004 (journée de la femme) un «Plan de santé pour les femmes »- car, contrairement à ce que vous pensez, la santé des femmes ne semble pas être la même que celle hommes. Il n'y a pas de plan de santé pour les hommes.

C'est en découvrant l'une après l'autre des situations aussi insensées que je me suis dis qu'il fallait les dénoncer. Malheureusement, plusieurs hommes sont inconscients ou préfèrent s'en laver les mains. Pourtant il ne se passe pas une semaine sans que l'une de vos consoeurs se fasse un devoir de dénoncer les soi-disants inéquités dont les femmes sont censées être victimes. Personne ne les rabroue. Par contre, les hommes sont les premiers à ridiculiser ceux qui, pour une fois, osent dire qu'ils en ont marre de ces stupidités féministes. Ce serait assez extraordinaire si un vrai journaliste avait tout à coup le courage de temps à autre de fouiller certains dossiers qui intéressent les hommes (simplement hétéros) et d'en parler.

Sincèrement

André Gélinas

Reférence Journal de Montréal vendredi le 9 avril




"Le discours féministe de ces dernières années a plus fait, par ses excès et sa violence, pour la désaffection des pères de leur fonction que des décennies de toutes les autres options."
ALDO NAOURI, médecin pédiatre

Un nouveau plan d'action en matière de violence conjugale … identique à l'ancien
19 janvier 2005

Le 8 décembre 2004, (dans la foulée de la commémoration de Poly, un vrai hasard ) la ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, accompagnée de trois autres ministres, a rendu public un nouveau Plan d'action contre la violence conjugale, 2004-2009 comportant 72 engagements au coût de $65 millions. Comme ni le communiqué ni le plan ne répartissent les sommes consacrées à ces diverses mesures nous devons nous fier aux quotidiens. L'un deux rappelle que le gouvernement s'était engagé en période électorale à doubler le financement des maisons d'hébergement (de 30 à $60 millions). Il a décidé d'étaler cette progression sur cinq ans; le financement est passé à $42 millions en 2004. Il indique aussi qu'un million et demi sera consacré à une campagne de sensibilisation d'une durée de trois ans. Enfin, le gouvernement «serait en réflexion» quant à l'opportunité de permettre à un victime de violence conjugale de pouvoir mettre fin à son bail sans recours possible du propriétaire.

Cela dit, il ressort à l'analyse que ce Plan :

a) a été rédigé par un comité interministériel composé de 3 hommes et … de 14 femmes;

b) a été précédé de consultations auprès de 32 groupes ou instances publiques dont un seul ayant une clientèle masculine (À Cœur d'homme, Réseau d'aide aux hommes pour une société sans violence - une coïncidence ) mais une dizaine ayant une clientèle féminine dont deux fédérations de maisons d'hébergement;

c) ignore complètement l'étude de Denis Laroche tout en citant 16 études dont une seule porte sur la problématique des hommes (celle de M. Turcotte de à Cœur d'homme, ho! la la, ho la la, une autre coïncidence);

d) ne retient que les statistiques produites par le ministère de la Sécurité publique selon lequel 14 200 femmes et 2 500 hommes auraient été victimes d'un acte criminel dans un contexte de violence conjugale et entend produire et diffuser des statistiques policières en matière de violence conjugale (no. 64) ainsi que celles produites par le ministère de la Justice (no. 65) - Or, on sait pertinemment que les données policières indiquent un taux de violence commise contre les femmes six fois plus élevé que celui que révèlent les enquêtes spécialisées tout simplement parce que les hommes ne dénoncent pas à la police les actes de violence dont ils sont victimes, par crainte du ridicule.

e) répartit les types de mesures d'intervention gouvernementale ainsi: 14 mesures de prévention, 3 mesures de dépistage, 29 mesures d'intervention sociojudiciaire, 16 mesures d'adaptation aux réalités particulières (femmes autochtones, immigrantes et de communautés culturelles - doublement discriminées -, âgées, handicapées). Or, de ces 72 mesures une seule, (no. 31), porte sur «les agresseurs». Elle consiste à «Évaluer les personnes condamnées à une sentence de probation avec suivi, d'emprisonnement avec sursis ou d'incarcération pour des délits liés à la violence conjugale » ET à « Orienter celles-ci vers une ressource spécialisée, le cas échéant »;

f) va soutenir des projets de recherche portant sur l'intervention auprès des personnes âgées (no.49), des enfants exposés à la violence, des adolescents et des conjoints ayant des comportements violents, des femmes victimes de violence conjugale et présentant plusieurs problématiques (no. 53)- rien, apparemment, sur les conjointes violentes ;

g) entend soutenir les partenaires du loisir et du sport qui présentent des projets visant la prévention et l'élimination de la violence (dans le sport) (no. 11) ;

h) est axé essentiellement sur «la sécurité et la protection des victimes et de leurs proches» (no. 25 à 46- 56 à 62- 66-67-71);

g) a pour objectif majeur de «promouvoir l'établissement de rapports égalitaires entre les hommes et les femmes et entre les garçons et les filles » (no.1 à 14- 55) ;

i) établit que 83.0% des sommes que le gouvernement entend consacrer à la violence conjugale (60 des $65 millions de dollars) seront donc dépensés dans les seuls centres d'hébergement pour «femmes violentées. Or, il est difficile de croire que les 14 000 femmes violentées aient nécessité un hébergement - en 2001, 2 840 avaient été hébergées dans les 44 maisons du Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale -. De toute manière, elles sont déjà en meilleure posture que les hommes qui ne disposent certainement pas d'établissements équivalents. En fait, il ne nous a pas été possible de déterminer les sommes exactes que le gouvernement entend consacrer au traitement des conjoints violents qui sont les seuls à être toujours tenus publiquement responsables de la violence conjugale.

En bref, ce Plan d'action est tout à fait dans la lignée de la politique précédente et ne fait que confirmer le mode d'approche féministe lequel devrait pourtant commencer à être remis en cause puisque le phénomène de la violence conjugale est, à leurs dires, toujours aussi grave.

André Gélinas
Bénévole, L'Après-Rupture