Les textes qui suivent sont du domaine public. On peut les retrouver
sur "
LE SPGQ ET LE FÉMINISME
André Gélinas
Québec 4 Novembre 2004
On
pouvait croire que le jour ne viendrait jamais où des
Québécois se
rendraient compte qu'ils subissent, depuis plus de trente ans, la
domination de la doctrine féministe dans la manière
d'aborder divers
problèmes, notamment dans les relations de travail. Pierre-Louis
Lapointe, membre du SPGQ, mérite assurément de recevoir
un appui solide
de la part de ses collègues dans sa démarche visant à rayer des statuts de
son syndicat des dispositions qui accordent un traitement de faveur
aux femmes.
La Présidente de ce syndicat, Carole Roberge, considère
au
contraire «que les clauses visées par M.Lapointe sont plus
pertinentes
que jamais ». De toute évidence elle n'hésite pas
à mobiliser le
mouvement syndical pour promouvoir ses intérêts sexistes.
Elle qui a
été élue, peut-être grâce au Programme
«À égalité pour décider» (1
million/année du Secrétariat à la Condition
féminine pour faire élire
des femmes) et certainement grâce au support unanime des
syndiquées et
de plusieurs syndiqués naïfs, démontre que, comme
toutes les
féministes, elle est absolument incapable de concevoir
l'atteinte de
l'égalité autrement que par l'attribution de
privilèges aux femmes.
En fait, les privilèges syndicaux ne constituent qu'une
petite partie de la réalité. Les gouvernements en ont mis
en place une
quantité industrielle. Mme Laberge feint d'ignorer que les
femmes ont
bénéficié :
(a) dès les années 1970-1980, de
programmes de développement des
ressources humaines, dans la fonction publique, les organismes
gouvernementaux et les établissements publics de santé,
d'éducation et
de services sociaux qui avaient pour but de favoriser l'avancement des
femmes. Plusieurs secrétaires sont ainsi devenues
«professionnelles»
sans scolarité et examen;
(b) en 1978, d'un énoncé de politique, intitulé
«Égalité et
indépendance» qui ne concernait que les femmes dans la
fonction
publique lequel fût suivi, en 1980, de la «politique
d'égalité en
emploi pour les femmes»;
(c) de libérations «pour poursuivre des études aux
fins
d'assurer leur progression de carrière», (1654 ont obtenu
un diplôme
entre 1990 et 1995) et de concours ministériels et
interministériels
«aux conditions minimales d'admission», dans le cadre de la
politique
pour les femmes;
(d) de concours ministériels et interministériels de
promotion
pour les femmes seulement, dans certains corps d'emploi, en vertu des
programmes 1992-1997; et depuis 1996,de concours
réservés, dans des
conditions extrêmes, selon l'avis de la CDPDJ;
(e) depuis 1983, de «programmes d'accès à
l'égalité en
emploi» avec objectifs quantifiés par catégories et
niveaux d'emploi
(le seul groupe à avoir ces précisions) -
«préférence d'embauche à
compétence égale » - dans la fonction publique et,
depuis 2000, dans
l'ensemble des organismes publics avec imputabilité des
sous-ministres
et dirigeants d'organismes ;
(f) depuis 1987, d'interventions systémiques destinées
à
privilégier l'embauche de femmes dans des métiers
«non traditionnels »,
c'est-à-dire, à majorité masculine, et de
«programmes sous obligation
contractuelle» qui obligent les entreprises de plus de 100
employés qui
transigent avec le gouvernement à faire de même;
(g) de critères particuliers de sélection à
l'admission,
notamment: «une personne peut compenser de la scolarité
manquante par
une expérience de travail, on entend par expérience de
travail,
notamment la charge de famille ou le temps consacré par une
personne
aux soins ou à l'éducation d'une ou de plusieurs enfants
ou d'autres
personne à charge»; «la force n'est plus
nécessaire pour être
«gardienne de prison», «policière»,
«pompière» etc;
(h) de la préséance systématique des titres
d'emploi féminins
dans la publication des appels de candidatures du Conseil du
trésor
dans des quotidiens comme Le Soleil (ex: «agente ou agent»,
«ingénieure
forestière ou ingénieur forestier»,
«contremaîtresse ou contremaître en
travaux publics»)
Apparemment, il n'est pas encore assez satisfaisant :
(i) que, déjà en 2001, les femmes
formaient 54 % de tous les employés dans la fonction publique ;
(ii) qu'en 1998, tous les objectifs de représentation
féminine
fixés par les programmes antérieurs d'accès
à l'égalité à l'emploi
avaient été dépassés dans les diverses
catégories d'emplois;
(iii) de nombreux corps d'emplois sont maintenant à
prédominance (majorité) féminine ;
(iv) depuis les années 1990, en vertu de la Charte, et depuis
2001, en vertu de la Loi sur l'équité salariale les
femmes (LES) qui
sont dans des catégories d'emploi à prédominance
féminine bénéficient
de l'équité salariale, c'est-à-dire, d'un salaire
égal pour un travail
«équivalent»; une mesure qui fait en sorte que
certains hommes
syndiqués, dépendant de leur catégorie d'emploi,
sont moins bien payés
que les femmes exerçant des tâches équivalents,
sans aucun recours;
M. Lapointe, vous devez absolument demander à
Mme Roberge :
(1) quelle représentativité, selon
elle, les femmes devraient atteindre
par catégories, corps et niveaux d'emploi ( chiffres
précis) - et sur
un horizon de combien d'années;
(2)
comment croit-elle que ces objectifs peuvent être atteints sans
mettre
de côté le régime de mérite et sans
réduire d'autant l'accessibilité
des hommes à ces emplois ;
(3) qu'est-ce qu'elle entend faire
pour rétablir l'égalité entre les femmes et les
hommes dans les
catégories et corps d'emploi où manifestement les femmes
sont devenues
majoritaires
(4) qu'est-ce qu'elle entend faire pour corriger l'iniquité
engendrée par la LES.
Il serait peut-être temps que les syndiqués puissent
chanter
so-so-solidarité en sachant qu'ils ne se font pas floués
par une
ingénierie féministe, pseudo social-démocrate.
Référence:
Discrimination positive; Le SPGQ appelé à
débattre des articles "féministes" de son statut
Le mâle dans tous ses
états
(à propos d'une chronique du Soleil )
André Gélinas
1 février 2003
Invité à visiter le site www.lesmalesduquebec.org le
chroniqueur réfute l'allégation qu'on y trouve voulant
que "les femmes sont en position de pouvoir dans les entreprises et au
gouvernement, dans les médias, dans le système judiciaire
et dans le système d'éducation". Même si l'on sait
maintenant que le site était bidon et que c'est
délibérément que le texte ratissait très
large et pêchait par simplisme la réplique laisse
passablement songeur. En gros, le chroniqueur déclare: que selon
une étude récente les femmes sont de moins en moins
nombreuses dans les conseils d'administration des entreprises
cotées en bourse; qu'il ignore que les médias et les
tribunaux sont contrôlés par les femmes; qu'il n'y a rien
de mal à ce que les filles envahissent les métiers de
gars étant donné qu'il y a des hommes dans les garderies;
que les filles réussissent mieux parce qu'elles sont plus
brillantes; que les garçons décrochent non pas parce que
l'école n'est pas adaptée "au petit gars à maman"
mais parce qu'ils ne font pas d'effort ou veulent jouer au
vidéo; que si les filles sont majoritaires dans des
facultés universitaires rien n'empêche les garçons
de faire de même. Il en conclut que le québécois
d'aujourd'hui est un mollusque, un bigorneau.
Il m'est venu tout de suite à l'esprit qu'avec des hommes comme
çà les féministes peuvent faire une longue sieste.
On dirait que les québécois se divisent en quatre types
face au discours féministe qui domine depuis trente ans au
Québec. Il y a d'abord le québécois "rose bonbon";
il appuie ce discours sans réserve, il se croit coupable de tout
ce que les féministes reprochent à "son genre" et il
voudrait se faire pardonner. Il y a ensuite le québécois
"trois petits singes", il ne voit rien, n'entend rien, ne dit rien.
Puis il y a le québécois "fort et supérieur", il
ne pleure pas, ne demande rien, il peut tout régler par
lui-même tout seul. Il y a finalement le "québécois
caméléon" qui emprunte aux trois types
précédents dans des proportions variables et selon les
circonstances.
Manifestement le chroniqueur du Soleil se range dans la dernière
catégorie. Il n'a jamais cru bon d'écrire un texte sur
"la femelle dans tous ses états " même si chaque jour
amène son lot de complaintes de la part de la dizaine de groupes
féministes patentés et que les sites féministes
regorgent de revendications qui devraient aussi lui titiller la rate ou
irriter son gros nerf.
Il pourrait commencer par se demander comment, avec toutes ses
couilles, il pourrait changer quelque chose au fait:
" que la Loi sur l'accès à l'égalité en
emploi dans les organismes publics (art. 10 sv. 2000. L.Q. c.45) et la
Charte des droits et libertés (art.86 sv.-C-12) font en sorte
que tous les employeurs doivent élaborer des programmes en vertu
desquels "une femme doit être embauchée et promue de
préférence à un homme" lorsqu'elle est
sous-utilisée dans une catégorie d'emploi. Comme les
femmes sont associées dans cette matière aux autochtones
et aux membres des communautés culturelles qui ont tous
préséance sur les hommes de souche ceux-ci pourraient
peut-être commencer à s'inquiéter du sérieux
rétrécissement de l'emploi qui devrait normalement se
produire;
" qu'en vertu de ces lois le gouvernement a lancé des
interventions d'ordre systémique pour favoriser l'engagement de
femmes dans des secteurs réfractaires - les services
ambulanciers, de police et de pompiers, les métiers de la
construction, les prisons. Or, les femmes qui sont dans ces emplois ont
droit à un salaire égal même s'il y a des
tâches qu'elles ne peuvent pas remplir. Comment peut-on accepter
que les femmes représentent 38% des gardiens de prisons pour
hommes, sans compter qu'il y a quelques années on a violemment
dénoncé la présence de gardiens dans les prisons
de femmes ? Non seulement elles disparaissent quand le bingo se produit
mais elles sont même capables de le causer par leur comportement
erratique (Le Journal de Québec, 27 janvier 2003 p. 10). Il y a
à peine quelques jours la RTC était à la recherche
de femmes mécaniciennes dans ses garages; elles n'y sont que 5%,
quelle injustice. Gageons qu'elles vont demander aux gars de charger
les pneus et qu'ils vont dire oui ;
" que la Loi sur l'Équité salariale (E-12.001) fait en
sorte que le salaire et les avantages sociaux de catégories
d'emploi occupées majoritairement (60%) par des femmes vont
toujours être relevés au niveau de ceux de
catégories d'emploi occupées majoritairement par des
hommes, pour un "travail équivalent" (donc pas égal),
mais que le salaire des hommes dans certaines de ces catégories
d'emploi va continuer d'être inférieur à celui des
femmes. Or, à ce jour, cette iniquité n'a pas
été dénoncée ni par la Vérificatrice
générale, ni par la Protectrice du citoyen, ni par la
ministre des Finances ou ses deux ministres
déléguées, ni par la ministre de la
Solidarité sociale, ni par la ministre responsable de la Famille
et de la Condition féminine, ni par la Présidente du
Conseil du statut de la femme, ni par la Présidente du Conseil
de la famille, ni par la chef du cabinet du premier ministre, ni par la
députée de l'opposition chargée des finances
publiques. Bien sûr, les femmes ne contrôlent pas tout le
gouvernement mais elles ne sont certainement pas démunies.
Ajoutons que la CSN a élu une présidente pour mener
à terme cette politique;
" que dans le cadre de cette dernière loi, la définition
de catégorie d'emploi varie d'une entreprise à l'autre,
d'un organisme à l'autre, d'une période de temps à
l'autre; que l'exercice est conduit par des comités
composés majoritairement de femmes sous la direction d'un
organisme présidé par une femme très proactive
(parce que la précédente ne l'était pas assez au
goût de la FTQ) qui régit, en fait, l'ensemble des
rémunérations et avantages sociaux de tous les
travailleurs québécois mais, en bout de piste, pour le
seul bénéfice des femmes. Au gouvernement du
Québec, cette loi a amené le gouvernement à
instaurer un cadre uniforme et forcément rigide de
rémunération pour les 400 000 emplois et engendre des
dépenses de 5 à 600 millions de dollars par année.
Dans les entreprises, elle entraîne une augmentation de 8% de la
masse salariale, bien au dessus de l'augmentation annuelle du PIB. Pas
étonnant que les centrales pressent le gouvernement de
régler le dossier de l'équité salariale avant les
élections, il se pourrait que d'autres partis politiques
veuillent mettre un terme à cette mesure démentielle ;
" que, depuis des années, la publicité en matière
de réussite scolaire et le recrutement de plusieurs
facultés universitaires ciblent très
particulièrement les filles; que quelques bourses universitaires
sont spécialement réservées aux filles qui veulent
se diriger vers des professions d'hommes; que l'encadrement très
majoritairement féminin aux premiers niveaux d'enseignement est
animée par la pensée féministe (dixit la
Présidente de la Fédération des syndicats de
l'enseignement); que sous le couvert de la tolérance zéro
envers la violence on perfuse les garçons au ritalin alors
qu'ils demandent tout naturellement de pouvoir bouger comme des gars
normaux ;
" que le ministre de l'Éducation, tout récemment, alors
qu'il disait prendre des mesures pour contrer le décrochage
scolaire effarant des garçons n'a pu s'empêcher, dans le
même souffle, de lancer un appel aux filles pour qu'elles
envahissent les domaines occupés traditionnellement par les
gars. Le chroniqueur doit savoir qu'en 2002 le MEQ a donné le
coup d'envoi à la septième édition de son concours
"Chapeau les filles" et de son volet scientifique Excellence Science
aux niveaux secondaire et collégial. Rien de tel pour les
étudiants. On ne semble pas s'être rendu compte que c'est
la vie des garçons qui a été changée par la
mixité car les filles ont finalement toujours eu un encadrement
majoritairement féminin alors que les gars sont passés
d'un encadrement masculin à un encadrement majoritairement
féminin. Il est tout de même remarquable que là
où on a instauré les classes unisexes les garçons
ont retrouvé le goût de l'étude.
" la féminisation acharnée et exemplaire des emplois
devient nettement apparente lorsque, par exemple, la
Société Radio-Canada engage une femme qui a
été instructeur d'une équipe féminine de
hockey amateur pour commenter à la Soirée du hockey alors
qu'il n'y a pas une seule femme qui joue dans la Ligue nationale, qu'il
y a des centaines d'instructeurs et joueurs masculins qui auraient
été nettement supérieurs; une autre passe de la
météo aux nouvelles sportives sans coup férir.
Le chroniqueur devrait pouvoir expliquer pourquoi :
" il y a 100 maisons pour les femmes battues alors qu'il n'y a qu'une
seule maison connue pour les hommes violents qui sont pourtant, dit-on,
les seuls responsables du problème; pourquoi le rapport qui a
donné lieu à la politique québécoise en
matière de violence conjugale et cette politique nont pas
cherché à déterminer les traitements les plus
appropriés pour les auteurs de la violence mais ont plutôt
favorisé la judiciarisation des relations que l'on dit pourtant
vouloir égalitaires; pourquoi la très forte
majorité des actions retenues (y compris l'indemnisation par
L'IVAC) concernent les victimes et que celles qui sont alors
visées sont très majoritairement des femmes;
" les féministes qui n'ont à la bouche que les mots
"égalité et relations égalitaires"
défendent-elles aux hommes d'avoir même un soupçon
d'intérêt dans les questions qui touchent à la
procréation, à la naissance, à l'avortement;
" les tribunaux ont toujours très nettement favorisé les
femmes en matière de garde des enfants pour ensuite
déplorer que les hommes n'assumaient pas leurs
responsabilités. Récemment le gouvernement
fédéral a publié un document de consultation sur
le droit de garde et les pensions alimentaires (2002) dans lequel la
notion de "responsabilité parentale" - donc de partage entre ex-
époux - en matière de garde est rejetée sous
prétexte que les enfants ne doivent avoir qu'un seul fournisseur
principal de soins, sous-entendu la mère;
" les législateurs qui n'ont pas hésité à
partager en deux le patrimoine, y compris le régime de retraite
du mari, n'obligent pas la femme à contribuer davantage à
leur régime de retraite étant donné qu'elles
vivent plus longtemps alors que les hommes paient plus cher leur
assurance-vie justement parce qu'ils vivent moins longtemps.
" les sites qui prennent le parti des hommes se multiplient sur
l'internet (voir : lapresrupture.qc.ca, geocities.com/garscontent...)
si ce n'est parce que les médias, les journaux comme les autres,
leur sont réfractaires sinon fermés. Le Soleil, comme ses
concurrents, fait une large place à tous les communiqués
des collectifs de femmes (ex: la démocratie et le
féminisme, la marche des femmes etc…) mais il ne semble jamais y
avoir de contrepartie masculine. Bien plus, ses éditorialistes
et chroniqueuses épousent spontanément toutes les causes
des femmes mais, à ce jour, pas un seul chroniqueur n'a
été en mesure de commenter "Homme et fier de
l'être" ou "L'équité salariale et autres
dérives et dommages collatéraux du féminisme au
Québec".
Bref, les québécois ont été favorables
à l'épanouissement de la pensée féministe.
Il devrait leur être maintenant possible d'exiger, à leur
tour, la prise en compte de leurs propres intérêts afin de
vivre dans une société mieux équilibrée.
Encore conviendrait-il qu'au moins les hommes soient eux-mêmes
conscients des réalités qui les entourent.
Le procès du
féminisme selon la Gazette des femmes
André Gélinas
16 mars 2003
Dans l'édition de mars-avril de la Gazette des femmes,
publié par le Conseil du statut de la femme, on peut lire une
entrevue de Rosette Côté menée par Françoise
Guénette ainsi qu'une recension de mon ouvrage
"L'équité salariale et autres dérives et dommages
collatéraux du féminisme au Québec" (Les
Éditions Varia), sans doute par la même personne1.
J'ignorais ces faits quand j'ai accepté de participer à
un débat tenu au Musée de la civilisation sur le
thème "Le féminisme est-il allé trop loin ?" et
animé par la même Mme Guénette. Je comprends
maintenant pourquoi j'ai été empêché
à quelques reprises de parler de l'équité
salariale alors qu'à la toute fin la Présidente de la
Commission de l'équité salariale fût
autorisée à réfuter des arguments qu'elle
m'imputait sans que j'aie eu le temps d'expliquer les miens. Comme
éthique journalistique on a déjà vu mieux; je vais
avoir maintenant plus de mal à me fier à la revue de
presse qu'elle présente à l'émission matinale
Matino presto diffusée dans la région de Québec.
Examinons d'abord la recension de mon ouvrage. Finaude Mme
Guénette ne dit rien à propos de ma critique de
l'équité salariale préférant laisser parler
la Présidente de la CSE sur la page d'à
côté. Elle s'attaque à la deuxième partie de
l'ouvrage qui "enlève toute crédibilité à
l'ensemble" et elle se lance dans une petite série de citations
hors contexte ou tronquées. Elle n'explique pas pourquoi je
demande le retrait des lois proactives qui discriminent outrageusement
en faveur des femmes. Elle devrait pouvoir démontrer qu'il est
logique que de pareilles lois favorisent les femmes aux dépens
des hommes alors que les féministes ont toujours prétendu
que les femmes étaient les égales des hommes. Depuis que
le féminisme victimaire a été
dénoncé par quelques femmes, les féministes ont
plus de mal à s'aventurer sur ce terrain. Elle ne dit pas
pourquoi elle est favorable à un parti politique composé
uniquement de femmes et pourquoi, après avoir proclamé
que la femme est seule maîtresse de son corps, la femme
québécoise ne devrait pas être tenue au moins
grandement responsable du fait que le taux de natalité au
Québec a chuté au point de ne plus assurer la
régénération, ou dit autrement, responsable de
conduire la société à l'extinction.
Quant à Mme Côté, présidente de la
Commission sur l'équité salariale, " elle se fait
cinglante" à l'égard de mon analyse. "L'ensemble de ses
prémisses sont fausses puisqu'il nie toute discrimination au
départ". C'est assurément le cas mais Mme
Côté prend bien soin de ne pas révéler la
teneur du débat. La justification, la prémisse de
l'équité salariale repose sur un écart observable
de 15 à 25%, selon les périodes, entre le salaire moyen
des femmes et des hommes. Les féministes considèrent que
cet écart est attribuable au fait que: le marché
discrimine de manière systémique contre les emplois
traditionnellement féminins, que les employeurs,
forcément des hommes, sont sexistes et qu'ils utilisent des
critères d'évaluation des emplois qui sous-estiment le
travail féminin.
Mme Côté est tout à fait d'accord avec cette
proposition " Cette loi prend pour acquis l'existence d'une
discrimination systémique et renverse le poids de la preuve
lequel est dorénavant sur les épaules de l'employeur".
Donc, l'employeur est coupable de ne pas payer les femmes un salaire
égal non plus pour un travail égal mais un travail
féminin équivalent, une invention féministe.
Or, c'est cette prémisse des féministes qui est est
contestable et pour plusieurs raisons:
(1) Elle veut que les employeurs masculins qui sont en concurrence sur
le marché soient tous assez sexistes pour
rémunérer les femmes à un taux inférieur,
par surcroît, presque uniforme, mais pas assez sexistes pour ne
pas les embaucher par milliers. Comment expliquer alors que les Opera
Winfrey et Céline Dion, les sœurs Williams, Anika Sorenstam, ces
centaines de vedettes de la chanson, du cinéma et de la
télévision et les mannequins féminins, soient
payés plus cher que bien des hommes qui font le même
métier ? Le marché est bon seulement quand il avantage
les femmes ?
(2) Les analyses sérieuses indiquent que cet écart est
plutôt attribuable aux facteurs suivants :
-- la concentration des femmes qui travaillent dans certains secteurs
d'activités et types d'emplois, Même la Présidente
du Conseil du statut de la femme l'a reconnu récemment en
constatant que les filles choisissent le métier
d'esthéticienne moins payant que celui de mécanicien
--(Le Soleil, 10 avril 2002, p.A-8). Mais Mme Côté ne
comprend pourquoi il en est ainsi. Par contre, elle d'accord pour que
les gardiennes de prison gagnent le même salaire que les gardiens
de prison même si elles ne remplissent pas des tâches
identiques dans les prisons masculines.
-- la taille de l'entreprise (85% des entreprises de 10 à 49
employés sont non syndiquées; 80% des femmes travaillent
dans des entreprises de moins de 100 employés et 50% dans de
très petites entreprises de 0 à 19 employés);
--l'ancienneté, le temps travaillé ( voir Simon Langlois
dans "Québec 2003"), la formation, le degré de
syndicalisation (50% des femmes ne sont pas syndiquées). Et si
plusieurs femmes étaient satisfaites de la situation, du travail
à temps partiel ?
(3) Mme Côté n'explique pas pourquoi ce sont seulement les
femmes qui ont droit à l'équité salariale alors
que les autres groupes également "victimes de discrimination
systémique" (les membres des communautés culturelles, les
autochtones, les personnes handicapées) auxquelles les femmes
sont associées lorsqu'il est question de programmes
d'accès à l'égalité en emploi, n'y ont pas
droit.
(4) Dans les années 1960 une commission royale
(Laurendeau-Dunton) avait déterminé que les que les
québécois francophones étaient moins
rémunérés en moyenne que la presque
totalité des autres communautés sur le territoire
où ils étaient pourtant majoritaires. Il n'y a pas eu de
loi pour rehausser le salaire des francophones. En 2000 les gains
hebdomadaires moyens québécois étaient à
87% des gains des Ontariens. Il n'y a pas de loi canadienne
d'équité interprovinciale ?
Mais l'examen ne doit pas s'arrêter là. Les
mécanismes d'application de la loi sont particulièrement
nocifs. Non seulement le gouvernement québécois a-t-il
adopté une Loi sur l'équité salariale, ce que
plusieurs gouvernements n'ont pas fait, y compris le gouvernement
fédéral, mais il a mis en vigueur la loi la plus
chromée en Amérique du Nord et, jusqu'à preuve du
contraire, dans le monde.
Cette loi est grandement critiquable parce que:
" elle s'applique à toutes le entreprises, même aux PME
qui ont moins de 50 employés et qui représentent 95% de
toutes les entreprises québécoises (- de 10
employés = 80% ; 10-49 employés = 15%), et bien que la
moitié de ces dernières ait un taux de survie qui ne
dépasse pas cinq ans en moyenne. On inflige ainsi une
rigidité à des entreprises dont le principal atout est
une gestion souple. En 2002, la création de PME a
été en hausse de 3% ailleurs au Canada, au Québec
il y a eu décroissance. Mme Côté soutient que cette
loi tient compte du marché puisqu'elle module ses obligations
selon la taille des entreprises, elle prouve que la confusion
règne.
" elle s'applique au gouvernement qui est devenu, par l'effet de cette
loi, un seul et même employeur pour la fonction publique, les
organismes gouvernementaux, les établissements publics de
santé et de services sociaux et les établissements
publics d'éducation. Il s'agissait auparavant de quatre secteurs
distincts ce qui donnait une certaine marge de manœuvre. L'appareil
gouvernemental est devenu un bloc monolithique, un paradis syndical.
" elle s'applique à presque tous les emplois y compris aux
emplois de cadres ce que ne fait aucune loi au travail. Elle distingue
trois sortes de catégories d'emploi; celles qui sont à
prédominance féminine (composées à 60% de
femmes), celles qui sont à prédominance masculine (60%
d'hommes) et qui servent de comparateurs et la catégorie mixte
lorsqu'aucun sexe est majoritaire. Or, un grand nombre des
catégories féminines dont on parle maintenant n'ont rien
de traditionnellement féminines comme le voulait la proposition
initiale: Il peut s'agir, par exemple au gouvernement, des
catégories suivantes: agents de recherche et de planification
socio-économique, pharmacien, conseiller légal, agent
d'information, agent d'indemnisation classe nominale de bureau, agent
de gestion du personnel, bibliothécaire, commis senior à
la comptabilité, commis intermédiaire;
Bien plus, on a déterminé l'existence de la dominance
d'un sexe tantôt par rapport à une situation qui
prévalait il y a 10 ans tantôt au moment où
l'analyse a été menée. On comprend que : le
changement de sexe de quelques employés peut suffire à
modifier le caractère féminin ou masculin d'une
catégorie dans un temps assez court; que ce caractère
peut être différent d'une entreprise à l'autre;
qu'un seul employé peut constituer une catégorie
d'emploi. En somme, le salaire est versé non plus en fonction
des tâches mais du sexe d'un groupe de personnes qui à un
moment donné les remplissent. La question se pose de savoir
comment on peut fixer une date précise au début de cette
discrimination historique alors que manifestement la situation est en
constante évolution ? La position des féministes est
d'autant plus difficile à comprendre qu'elles prétendent
que la dégradation salariale commence à se produire
lorsque le taux de féminisation atteint 40% ;
" elle s'applique à toutes les rémunérations,
traitements et avantages sociaux, par surcroît
indépendamment de l'ancienneté des individus, comme si
les employeurs établissaient des avantages sociaux strictement
réservés aux hommes;
" elle compare les emplois masculins et féminins à partir
de critères d'évaluation propres et différents ce
qui en toute logique devrait constituer une lacune fatale. Au
gouvernement il y a pour le personnel syndiqué trois
systèmes comprenant un nombre variable de facteurs -7-22-16 et
maintenant 17 et il y a deux systèmes différents pour les
cadres.. Forcément on doit faire des compromis ce qui est
inadmissible en théorie. Mme Côté
révèle le fond de sa pensée lorsqu'elle exige que
le salaire des secrétaires soit égal à celui des
mécaniciens;
" elle accorde des ajustements de traitement à des
catégories d'emploi dites à prédominance
féminine de telle manière que certains hommes seront
dorénavant moins bien rémunérés (en bas de
la moyenne) que des femmes et qu'ils ne pourront jamais contester cette
situation (Jugement Evans). Au gouvernement du Québec, à
la suite d'un premier redressement complété le 21
novembre 2001 on a obtenu, dans le tiers supérieur des rangs (9
rangs) les plus élevés de la structure de
rémunération (qui en compte 25), 55% de catégories
féminines et 44% de catégories masculines, dans le
deuxième tiers moyen (8 rangs) 56% catégories masculines
et 44% féminines et dans le tiers le plus bas (8 rangs) 53 %
catégories masculines et 47% féminines. Comme le
gouvernement fixe déjà les traitements de ses
employés par relativité et fait abstraction du
marché cette équité salariale féministe
décroche doublement les salaires du marché mais, cette
fois, au bénéfice des femmes seulement. Comme elles
profitent également des hausses de salaires accordées aux
emplois à prédominance masculine elles gagnent sur les
deux tableaux C'est du beau travail. So so so. solidarité;
" elle assure la pérennité des ajustements de salaire aux
femmes (à une fréquence encore
indéterminée, annuellement, aux trois ans?). Plus besoin
de faire d'effort, on s'accroche à la locomotive et le tour est
joué. Il s'agit d'une Loi du salaire maximum pour les femmes
seulement;
Le bouquet, est que cette loi sera inapplicable, en fait, aux petites
entreprises dans lesquelles il n'y a pas de comparateurs masculins
à moins que la CES en détermine un - ex: une entreprise
de référence - une solution tout à fait
démentielle; donc cette loi ne bénéficiera pas
à celles dont on disait vouloir améliorer le sort mais
bien à celles qui sont déjà
privilégiées et qui ont un emploi dans le secteur public.
Convenir de cela c'est reconnaître que cette loi n'atteint pas
son objectif mais les féministes ne l'avoueront jamais
même sous la torture et ce n'est pas la Présidente de la
CSN qui va vendre la mèche. Mme Côté omet de dire
qu'en Ontario les entreprises ne sont pas soumises à des
comparateurs externes et que les hausses des ajustements salariaux sont
plafonnées contrairement à ce qui se passe au
Québec.
La CSE est une sorte de Régie des traitements et des avantages
sociaux de l'ensemble de la population mais au seul
bénéfice des femmes qui travaillent. Elle est au dessus
du régime de négociation collective. On se croirait en
temps de guerre ou sous un régime qui a implosé en 1989.
Avec un organisme pareil les syndicats sont devenus superflus.
À cet égard, il est très alarmant de lire dans la
Gazette des femmes les propos suivants de la Présidente de la
Commission de l'équité salariale: "Si on laisse le
marché se réguler les femmes vont s'appauvrir. Or, quand
elles sont pauvres, seules avec charge d'enfants, sans les moyens de
payer les garderies qui prend le relais ? L'État pourvoyeur".
Elle dit encore "Si vous pouvez offrir $50 000 a un jeune king de
l'informatique vous pouvez donner un $1.00 de plus l'heure à
votre secrétaire".
Cette façon d'aborder la détermination des salaires en
dit long sur l'esprit qui anime l'application de cette loi et les
connaissances que les féministes ont du fonctionnement de
l'économie. Pour Mme Côté le marché n'a pas
d'importance, ce sont ses propres valeurs (elle qui est si neutre) qui
vont déterminer les salaires des unes et des autres. L'argument
de la femme monoparentale pauvre revient comme la sauce brune, il
s'accorde à tous les plats. Un homme qui aurait dit une pareille
ânerie aurait été destitué le lendemain.
Quand est-ce que les femmes d'affaires vont la ramener à la
raison? Quand est-ce que la ministre des Finances, la
Vérificatrice générale, la Protectrice du citoyen,
la députée de l'opposition officielle chargée du
dossier, vont enfin trouver le temps de remettre en question ces lois
qui sont à la fois discriminatoires et inefficaces.
Enfin, cette correction du marché n'est pas gratuite pour le
contribuable. En novembre 2001 le Conseil du trésor a
déclaré avoir versé, de 1990 à 2001, 4,3
milliards de dollars en correctifs salariaux récurrents au seul
chapitre de l'équité salariale féministe, à
raison de 430 millions/ année en moyenne, pour 216
catégories féminines (Communiqué de presse du 22
novembre 2001). En décembre 2002, selon le Conseil du
trésor, la note de la seule l'équité salariale
(féministe) de 1990 à 2007 allait être de 8,8
milliards de dollars, à raison de 517 millions/ par année
en moyenne, pour 550 catégories féminines (Le Soleil, 4
décembre, 2002p. A-5). Pour les années 2000 à 2007
on obtient 4.5 milliards ou $643 millions /année. Le nombre de
catégories féminines et de femmes qui profitent d'un
redressement est forcément en hausse avec la féminisation
des emplois. Il faut ajouter le coût des libérations
syndicales pour les fins de la seule équité
féministe qui a été de 8 millions de dollars. En
2002 seulement. Il faudra aussi ajouter le coût du redressement
des avantages sociaux. Le gouvernement pourrait négocier un
faible montant à ce dernier chapitre (malgré la loi) pour
la simple raison que les femmes, vivant plus longtemps, sont nettement
avantagées au régime de retraite, le principal avantage
social. Cela supposerait qu'il fasse preuve de logique mais dans cette
matière, on le sait, il n'est pas du tout évident que
cela soit de mise.
Bref, nous ne faisons pas le procès du féminisme mais
nous remettons en cause ses dérives et dommages
collatéraux. Il semble bien que les féministes qui ont
été seules à parler depuis trente ans
tolèrent mal la réplique.
--------------
(1) Les mêmes textes (sauf la recension de mon ouvrage) se
retrouvent dans un supplément également publié par
la Conseil du statut de la femme et distribué par Le Soleil la
fin de semaine du 8 mars. Comme copinage et réseautage c'est
assez bien réussi.
La stratégie masculiniste
selon Pierrette Bouchard
André Gélinas
18 mars 2003
Mme Bouchard débute son analyse * par une recension de quelques
ouvrages, articles de journaux ou sites internet qui
malmèneraient le féminisme. Dans ce lot il y a les
contributions de deux femmes, Denise Bombardier et Sophie Torrent. Elle
aurait pu ajouter Élizabeth Badinter car les propos de Mme
Bouchard s'inscrivent parfaitement dans ce qu'il est maintenant convenu
d'appeler le féminisme victimaire. Elle considère que le
masculinisme n'est pas un simple mouvement de réaction mais bien
un "ressac, une volonté de resserrement du contrôle
patriarcal sur le féminisme, ce dernier étant l'obstacle
rencontré". Elle ajoute " Cette idée d'équivalence
entre les deux groupes de sexe est celle sur laquelle repose la
stratégie des masculinistes qui veulent faire croire que
l'égalité est atteinte". On comprend
l'intérêt de "l'auteure" à ce que cela ne soit pas
le cas, elle est titulaire de la chaire Claire Bonenfant sur la
Condition féminine à l'Université Laval; "pourvou
que ça doure", disait la mère de Napoléon. Mais
fondamentalement elle a bien raison l'égalité n'est pas
encore atteinte car il n'existe aucune chaire sur la Condition
masculine et nous n'entrevoyons pas le jour où une
université qui se respecte va créer une "patente" pour
consacrer une autre vision monoculaire de la société. Que
Mme Bouchard se rassure, le gouvernement fédéral du
Canada qui accorde $10 000 000 par année pour des recherches
différenciées selon le sexe, (féminin seulement),
n'est pas prêt d'accorder l'équivalent pour des recherches
sur la condition masculine. Incidemment ce montant est supérieur
de deux millions à la somme dont disposait, en 2001, la
Commission du prêt de droit public pour les 13 500 auteurs
canadiens, hommes et femmes confondus.
Mme Bouchard recense un ensemble de sites internet d'hommes, dont
quatre au Québec, comme s'ils étaient les seuls à
se servir de ce nouveau mode de communication. Pourtant sur son propre
site on compte 14 "liens amis" dont le "répertoire internet des
femmes canadiennes", "chiennes de garde" et "cybbersolidaires". On
apprend par les communiqués que L'Alliance canadienne
féministe pour l'action internationale et L'Association
nationale de la femme et du droit sont toutes bien branchées sur
le Comité sur l'élimination de la discrimination à
l'égard des femmes des Nations-Unies, tout comme notre propre
Commission de la protection des droits de la personne et des droits de
la Jeunesse, et ces instances se chargent de relayer les messages vers
nos chaumières monoparentales.
Elle adopte ensuite une classification des groupes masculinistes mise
de l'avant par des australiens: les groupes de défense ou de
promotion des droits des hommes, les groupes de thérapie de la
masculinité, les groupes pro-féministes et contre le
sexisme, et les groupes conservateurs. Comme le deuxième et le
troisième groupe, n'ont rien de menaçant il n'en reste
plus que deux dont elle doit s'occuper. Le groupe des droits de l'homme
commet l'erreur de prétendre que certains
phénomènes (la violence sous ses diverses formes) touche
autant les hommes que les femmes, ou encore, de soutenir que les hommes
sont plus atteints que les femmes par divers autres
phénomène sociaux (le décrochage scolaire, la mise
à l'écart de la paternité par les tribunaux, le
suicide, les accidents, les drogues, et la durée de vie plus
brève…). Il est inadmissible que les femmes fassent moins
pitié que les hommes. Elle refuse donc que les hommes puissent
recourir à la même stratégie que les femmes, la
complainte de la victime.
Mais c'est évidemment le groupe conservateur qui reçoit
la plus belle raclée; il est associé à
l'extrême droite, aux racistes, suprématistes,
hétérosexistes. "Une analyse du contenu de ces sites
Internet montre qu'ils diffusent de la propagande contre les femmes et
incitent à la haine. Ils invitent au harcèlement,
s'attaquent à la crédibilité et à
l'intégrité des féministes et manipulent les
données et les statistiques dont ils font état pour
appuyer leurs démonstrations". Mme Bouchard devrait lire les
messages diffusés par les groupes féministes. C'est parce
que les hommes en ont eu marre de se faire traiter de phallocrates et
autres épithètes du même acabit qu'ils ont
élargi leur vocabulaire en parlant des vaginocrates et autres
épithètes du même genre. Ils n'ont rien
inventé, ils ont simplement inversé les signes. C'est
comme pour la journée de l'homme et le congrès
international de la condition masculine. Pourquoi est-ce que les
féministes détestent tant ces initiatives si ce n'est
parce qu'elles montrent le ridicule de leur contrepartie?
En terminant, Mme Bouchard reprend la litanie des
inégalités dont les femmes - et seulement les femmes -
souffrent encore: "les écarts persistants de salaires entre les
hommes et les femmes, la pauvreté plus marquée chez ces
dernières, les ghettos d'emplois féminins, la
détresse psychologique des filles ou encore les filières
de formation qui leur sont présentées, le partage
inégal des tâches domestiques, la quasi-absence des femmes
dans les institutions civiles, politiques et religieuses et, en finale,
les deux tiers des enfants dans le monde qui ne vont pas à
l'école sont des filles." Elle poursuit: "Le ressac c'est une
offensive patriarcale pour affaiblir ou faire perdre aux femmes
certains acquis maintenant garantis par des politiques et auxquels ont
été consacrées des ressources: les programmes
d'accès à l'égalité en emploi, les
politiques contre le harcèlement sexuel, les maisons
d'hébergement pour femmes violentées, la loi sur les
pensions alimentaires, la loi sur la garde des enfants, la
mixité scolaire.
Il est remarquable qu'à propos de la plupart de ces questions
les féministes ont d'abord fait ce qu'elles reprochent
aujourd'hui aux masculinistes, manipuler les données. Les
écarts salariaux s'expliquent par une foule de facteurs autres
que ceux qu'invoquent les féministes, le sexisme des employeurs
masculins et leur discrimination systémique contre les femmes,
mais que les féministes écartent
délibérément. Les 100 maisons d'hébergement
des femmes violentées et les 120 centres de femmes ont
reçu du gouvernement du Québec seulement $193 000 000, de
1996 à 2001, même si 17% des femmes
hébergées n'habitaient pas avec le conjoint violent et
que 4.4% n'avaient pas subi de violence. Pour leur part, les organismes
qui s'occupent des hommes impulsifs, que l'on dit à l'origine du
problème, ont reçu $13 000 000. Lorsqu'il est question de
répartir les sommes un peu plus équitablement les
féministes protestent et il se trouve même des hommes
(qui, comme par hasard, travaillent dans les maisons pour femmes) pour
faire de même. Pourtant Martin S, Fiebert de l'Université
de la Californie a publié une bibliographie de 122 études
universitaires qui démontrent que les femmes sont aussi sinon
plus agressives que les hommes dans leurs rapports conjugaux.
Curieusement, il y n'y a aucune enquête sur la violence conjugale
au Québec depuis 1977, c'est-à-dire, depuis que les
maisons d'hébergement sont subventionnées.
Comment peut-on insister seulement sur la détresse psychologique
des filles quand 80% des personnes qui se suicident sont des hommes; on
peut bien se contenter dans leur cas d'une ligne
téléphonique et d'une semaine de la prévention,
comme par hasard immédiatement récupérée
dans nos médias au profit des femmes par la présidente du
Conseil du statut de la femme..
Il est vrai que la Commission Parent a proposé en 1964 la
mixité pour rehausser le niveau des écoles de filles mais
maintenant que ce sont les gars qui ont des problèmes pour
quelle raison s'objecter à des classes unisexes qui, projets
pilotes à l'appui, ont démontré qu'elles avaient
pour effet de contrer le décrochage des garçons. Comment
peut-on accepter les propos de la Présidente de la
Fédération des syndicats de l'enseignement du
Québec qui a louangé le féminisme pour avoir
permis aux filles de se libérer de leur
stéréotype, ce qui a été rendu possible par
l'encadrement très majoritairement féminin aux deux
premiers niveaux, et ne pas comprendre que cet encadrement puisse ne
pas convenir aux garçons? De quel droit les filles
devraient-elles avoir un accès privilégié aux
emplois alors qu'elles ont accès au même système
d'éducation que les garçons lequel, par surcroît,
leur accorde des avantages particuliers comme des prix et bourses
d'études réservés ? De quelle filières
étroites parle-t-on quand 60% des étudiants en
médecine et en droit sont des filles ? Il est fascinant de
constater qu'après avoir décrié l'absence de sens
de responsabilité chez les pères les féministes
s'opposent à la garde partagée parce que cela aurait pour
effet de réduire la pension alimentaire. Et même si
c'était le cas, pourquoi est-ce que les hommes seulement
devraient être des pourvoyeurs alors que les féministes
prétendent qu'elles n'ont plus besoin de ce type d'homme. Il
doit bien y avoir une limite à jouer toujours sur les deux
tableaux.
En conclusion, Mme Bouchard souhaite soit que les hommes se taisent
soit qu'ils appuient le mouvement féministe. Les
féministes n'ont vraiment pas l'habitude du dialogue car elles
verraient que le discours masculiniste est franchement plus inclusif
que le leur.
* Source: "La stratégie masculiniste, une offensive contre le
féminisme "
vendredi 7 mars 2003
Les hommes
braillards !
15 avril 2003
M. Nuovo
Il m'est arrivé très
souvent dans le passé d'être en parfaite harmonie avec vos
propos et
quelque fois de vous le faire savoir. Vous détestez la langue de
bois
utilisée par la plupart des éditorialistes et
chroniqueurs. C'est très
rafraichissant. Vos deux derniers papiers sur les «aoye,
mâles » m'ont
décu parce qu'ils démontrent que certaines
réalités vous ont échappé.
(1) Ce n'est pas pour rien qu' Elizabeth Badinter a écrit le
«féminisme victimaire» . Cela fait quarante ans
qu'il sévit et vous ne
l'avez jamais dénoncé. Or, c'est une recette qui a
très bien réussi
puisque voici quelques victoires féministes :
(2) une loi a été adoptée (Loi sur l'accès
à l'égalité à
l'emploi dans les organismes publics) qui fait en sorte que les femmes
doivent être embauchées de préférence aux
hommes (à compétence
égale,bien entendu, mais n'es-ce pas la moindre des choses)
(3)L'université de Montréal maintient un programme
d'accès à
l'égalité qui oblige les départements qui n'ont
pas une féminisation à
50% de mettre en place un plan à cet effet. Un tel plan
prévoit
qu'entre deux candidats à qualité égale, la
préférence doit être
accordée à la femme . M Simonet,vice-recteur à la
planification ;«Cela
permis de sensibiliser les doyens à cette question". Des
programmes
ciblés pour les étudiantes du secondaire et du
collégial (Chapeau les
filles, Excelle science), stages, quelques bourses d'études
réservées
(Irma Levasseur par le Secrétariat à la condition
féminine, les Chaires
CRSNG/Alcan et Marianne Mareschal Polytechnique) ont été
établies de
manière à accroître l'inscription des filles
à des disciplines à
prépondérance masculine.
(4) une loi a été adoptée (La Loi sur
l'équité salariale -
qui n'a rien à voir avec l'égalité salariale) qui
fait en sorte que les
femmes travaillant dans des catégories d'emploi à
prédominance féminine
seront payées plus cher que des hommes appartenant à des
catégories à
prépondérence masculine qui auront été
comparées aux premières; dans le
seul secteur public cette folie aura coûté 8 milliards de
dollars de
plus aux contribuables. Or, à l'origine de cette loi il y a la
fausse
observation que le salaire moyen des femmes est moins
élevé que celui
des hommes «à cause du sexisme des employeurs ». La
vraie raison de
l'écart est tout simplement que le temps travaillé des
hommes est plus
élevé que celui des femmes. Mais si les hommes ne doivent
pas se
plaindre de cette fumistrie que peuvent-ils faire? .
(5) le gouvernement a, de 1996 à 2001, dépensé
$193,026,942
pour la centaine de maison d'hébergement «pour femmes
battues) et
$13,694,436 pour les services aux «conjoints violents »
Source : Comité
nterministériel de coordination en matière de violence
conjugale,
familiale et sexuelle.:" Politique d'intervention en matière de
violence conjugale" Rapport de mise en œuvre Québec, 2003, p.
23-24
(6) peut-on expliquer pourquoi les sages-femmes qui ont
maintenant le droit de faire des accouchements dans les hôpitaux
ne
sont pas soumises au comité médical de ces
hôpitaux?
(7) l'agence de développement des services de santé et
des
services sociaux de la région de la Capitale nationale a
dévoilé le 8
mars 2004 (journée de la femme) un «Plan de santé
pour les femmes »-
car, contrairement à ce que vous pensez, la santé des
femmes ne semble
pas être la même que celle hommes. Il n'y a pas de plan de
santé pour
les hommes.
C'est en découvrant l'une après l'autre des situations
aussi insensées que je me suis dis qu'il fallait les
dénoncer.
Malheureusement, plusieurs hommes sont inconscients ou
préfèrent s'en
laver les mains. Pourtant il ne se passe pas une semaine sans que l'une
de vos consoeurs se fasse un devoir de dénoncer les soi-disants
inéquités dont les femmes sont censées être
victimes. Personne ne les
rabroue. Par contre, les hommes sont les premiers à ridiculiser
ceux
qui, pour une fois, osent dire qu'ils en ont marre de ces
stupidités
féministes. Ce serait assez extraordinaire si un vrai
journaliste avait
tout à coup le courage de temps à autre de fouiller
certains dossiers
qui intéressent les hommes (simplement hétéros) et
d'en parler.
Sincèrement
André Gélinas
Reférence Journal de
Montréal vendredi le 9 avril
"Le discours féministe de
ces dernières années a plus fait, par ses excès et
sa violence, pour la désaffection des pères de leur
fonction que des décennies de toutes les autres options."
ALDO NAOURI, médecin pédiatre
|
Un nouveau plan d'action en
matière de violence conjugale … identique à l'ancien
19 janvier 2005
Le 8 décembre 2004, (dans la foulée de la
commémoration de Poly, un vrai hasard ) la ministre des
Relations avec les citoyens et de l'Immigration, accompagnée de
trois autres ministres, a rendu public un nouveau Plan d'action contre
la violence conjugale, 2004-2009 comportant 72 engagements au
coût de $65 millions. Comme ni le communiqué ni le plan ne
répartissent les sommes consacrées à ces diverses
mesures nous devons nous fier aux quotidiens. L'un deux rappelle que le
gouvernement s'était engagé en période
électorale à doubler le financement des maisons
d'hébergement (de 30 à $60 millions). Il a
décidé d'étaler cette progression sur cinq ans; le
financement est passé à $42 millions en 2004. Il indique
aussi qu'un million et demi sera consacré à une campagne
de sensibilisation d'une durée de trois ans. Enfin, le
gouvernement «serait en réflexion» quant à
l'opportunité de permettre à un victime de violence
conjugale de pouvoir mettre fin à son bail sans recours possible
du propriétaire.
Cela dit, il ressort à l'analyse que ce Plan :
a) a été rédigé par un comité
interministériel composé de 3 hommes et … de 14 femmes;
b) a été précédé de consultations
auprès de 32 groupes ou instances publiques dont un seul ayant
une clientèle masculine (À Cœur d'homme, Réseau
d'aide aux hommes pour une société sans violence - une
coïncidence ) mais une dizaine ayant une clientèle
féminine dont deux fédérations de maisons
d'hébergement;
c) ignore complètement l'étude de Denis Laroche tout en
citant 16 études dont une seule porte sur la
problématique des hommes (celle de M. Turcotte de à Cœur
d'homme, ho! la la, ho la la, une autre coïncidence);
d) ne retient que les statistiques produites par le ministère de
la Sécurité publique selon lequel 14 200 femmes et 2 500
hommes auraient été victimes d'un acte criminel dans un
contexte de violence conjugale et entend produire et diffuser des
statistiques policières en matière de violence conjugale
(no. 64) ainsi que celles produites par le ministère de la
Justice (no. 65) - Or, on sait pertinemment que les données
policières indiquent un taux de violence commise contre les
femmes six fois plus élevé que celui que
révèlent les enquêtes spécialisées
tout simplement parce que les hommes ne dénoncent pas à
la police les actes de violence dont ils sont victimes, par crainte du
ridicule.
e) répartit les types de mesures d'intervention gouvernementale
ainsi: 14 mesures de prévention, 3 mesures de dépistage,
29 mesures d'intervention sociojudiciaire, 16 mesures d'adaptation aux
réalités particulières (femmes autochtones,
immigrantes et de communautés culturelles - doublement
discriminées -, âgées, handicapées). Or, de
ces 72 mesures une seule, (no. 31), porte sur «les
agresseurs». Elle consiste à «Évaluer les
personnes condamnées à une sentence de probation avec
suivi, d'emprisonnement avec sursis ou d'incarcération pour des
délits liés à la violence conjugale » ET
à « Orienter celles-ci vers une ressource
spécialisée, le cas échéant »;
f) va soutenir des projets de recherche portant sur l'intervention
auprès des personnes âgées (no.49), des enfants
exposés à la violence, des adolescents et des conjoints
ayant des comportements violents, des femmes victimes de violence
conjugale et présentant plusieurs problématiques (no.
53)- rien, apparemment, sur les conjointes violentes ;
g) entend soutenir les partenaires du loisir et du sport qui
présentent des projets visant la prévention et
l'élimination de la violence (dans le sport) (no. 11) ;
h) est axé essentiellement sur «la sécurité
et la protection des victimes et de leurs proches» (no. 25
à 46- 56 à 62- 66-67-71);
g) a pour objectif majeur de «promouvoir l'établissement
de rapports égalitaires entre les hommes et les femmes et entre
les garçons et les filles » (no.1 à 14- 55) ;
i) établit que 83.0% des sommes que le gouvernement entend
consacrer à la violence conjugale (60 des $65 millions de
dollars) seront donc dépensés dans les seuls centres
d'hébergement pour «femmes violentées. Or, il est
difficile de croire que les 14 000 femmes violentées aient
nécessité un hébergement - en 2001, 2 840 avaient
été hébergées dans les 44 maisons du
Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de
transition pour femmes victimes de violence conjugale -. De toute
manière, elles sont déjà en meilleure posture que
les hommes qui ne disposent certainement pas d'établissements
équivalents. En fait, il ne nous a pas été
possible de déterminer les sommes exactes que le gouvernement
entend consacrer au traitement des conjoints violents qui sont les
seuls à être toujours tenus publiquement responsables de
la violence conjugale.
En bref, ce Plan d'action est tout à fait dans la lignée
de la politique précédente et ne fait que confirmer le
mode d'approche féministe lequel devrait pourtant commencer
à être remis en cause puisque le phénomène
de la violence conjugale est, à leurs dires, toujours aussi
grave.
André Gélinas
Bénévole, L'Après-Rupture