Avez-vous
remarqué comme certaines personnes restent accrochées
à une époque révolue ? Rien ne surpasse
à leurs yeux ce qui se faisait dans le bon vieux temps.
Prenez les mélomanes inconditionnels des disques vinyles.
Rien de ce qui se conçoit aujourd’hui en CD
remastérisés, pensent-ils, ne saurait rivaliser avec
leurs albums originaux enregistrés avec les techniques de
l’époque. Ces amateurs éprouvent un sentiment de
sacralisation de l’enregistrement initial qu’aucune innovation ne
saurait mettre en valeur sans trahir les intentions de l’auteur, la
magie de la première édition, voire l’authenticité
de l’œuvre. Retoucher, pensent-ils, c’est dénaturer.
Tant qu’on en reste au domaine subjectif de l’art, pas de
problème, affaire de goût.
Il en va autrement lorsqu’on
s’en remet à des enquêtes ou à des statistiques
calculées de façon biaisée, quand elles ne sont
pas forgées de toutes pièces, en vue d’obtenir des
résultats qui servent une idéologie, si valable fut-elle
à l’origine. L’un des principaux mérites du
féminisme a été d’ouvrir un œil sur la violence
conjugale, affirmait le psychologue Yvon Dallaire, à
l’émission Show Tard, sur le FM 98, le 13 septembre
dernier. L’ennui, ajoutait-il, c’est qu’il a gardé l’autre
fermé sur la violence subie par les hommes. Nul doute
qu’une majorité d’idéologues féministes
travaillant pour nos gouvernements reste irréductiblement
attachée aux perceptions d’une époque
consommée. Que la vie était simple quand la
violence n’était soi-disant subie que par les femmes et
exercée que par les hommes ! Aucun questionnement
nécessaire, par-delà le bien et le mâle.
Mais pourquoi dérangez-vous
notre univers ?
Qu’il
était doux, à ces féministes sectaires et à
leurs valets masculins, le temps des 300 000 femmes chroniquement
battues au Québec, inauguré en 1984, si sauvagement mis
à mal par les deux chercheurs de l’Après-Rupture qui en
ont démontré la fausseté ! Et que dire des
98 % de victimes féminines de la violence conjugale, brandies
tant par l’Institut de la statistique du Québec que par
Statistique Canada ? Il aura fallu attendre 1999 pour que soient
enfin compilés les signalements de violence rapportés par
les hommes et 2005 pour que Statistique Canada révèle que
546 000 d’entre eux étaient victimes de sévices
infligés par leur partenaire de vie au pays. Quelle fausse
note dans le concerto en lamento majeur de la violence faite aux femmes
!