| L'affaire DSK Un prétexte à la désinformation pour Les Centres d'Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel (CALACS) |
Karine Tremblay, porte-parole du Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, réagissait dernièrement dans La Presse ( et d'autres médias) suite à l’affaire DSK en affirmant que 90% des agressions sexuelles n’étaient pas dénoncées.
Québec Hebdo, 28 juillet 2011On
peut se fermer les yeux et supposer avec complaisance que les CALACS
disent la
vérité en prétendant que seulement 10% des
infractions sont signalées à la
police. Cependant, ce chiffre de 10% constitue de la
désinformation de la part
des CALACS, car une telle proportion provient de l’Enquête sur la
violence
envers les femmes de 1993 de Statistique Canada et inclut dans la
définition
des «agressions sexuelles» les incidents
considérés par la victime comme de
l’exhibitionnisme (même si un tel exhibitionnisme a pu être
involontaire ou
accidentel) ou des attouchements (même si de tels
attouchements ont pu
être involontaires ou accidentels dans certains cas, par exemple
dans les
moyens de transport publics tels les wagons de métro qui sont
bondés aux heures
de pointe ou dans des lieux publics comme les bars et les
discothèques). De
tels incidents, dont il est parfois difficile de déterminer la
nature exacte,
constituent la majorité des «agressions sexuelles».
Si l’on ne tient pas compte
des actes considérés comme de l’exhibitionnisme ou des
attouchements
(potentiellement volontaires ou accidentels) et que l’on ne
considère que les
incidents où il y a eu véritablement agression en ayant
recours de manière
délibérée à la coercition ou à la
force, le véritable taux de déclaration à la
police est plus proche de 50% que de 10%.
En
outre, la représentante des CALACS devrait avoir
l’honnêteté minimale d’ajouter
que, si une forte proportion des incidents n’est pas signalée
à la police,
c’est que la «victime présumée»
considérait dans une très forte proportion des
cas non signalés que l’incident n’était pas assez
important pour justifier un
signalement à la police. La façon dont la
représentante des CALACS torture les
faits et omet de faire mention de toutes ces nuances importantes qui
sont
pourtant bien documentées constitue une manipulation cynique des
faits et les
insinuations alarmistes auxquelles elle se livre constitue
carrément de la
désinformation.