CALACS et
désinformation
Lettre ouverte
L'après-rupture
28 janvier 2011
CALACS…
L’ART DE LA DÉSINFORMATION!
|
«Les agressions
sexuelles envers les femmes de 50 ans et plus. Les statistiques
actuellement disponibles
sur le sujet sont rares, mais selon le regroupement Calacs
du Québec (Centre d'aide et de lutte contre les
agressions à caractère sexuel), le
problème est bel et bien présent, mais les tabous
empêchent les victimes de parler.
Anne-Marie
Turmel, intervenante au Calacs, dit qu'il est difficile de tracer un
portrait exact de la situation des aînées victimes de
violence sexuelle car seulement 10% d'entre elles
porteraient plaintes à la police».
Mme Turmel, Centre d'aide et de lutte contre les agressions à
caractère sexuel
Source:
http://monteregieweb.com/main+fr+01_300+Briser_le_silence.html?JournalID=24&ArticleID=682092 |
Les
affirmations de la représentante des CALACS sont basées
sur du vent. On
se demande quelle est la conception de l’information d’un journal comme
le Soleil de Chateauguay qui met les pages de son journal à la
disposition de groupes de pression comme les CALACS pour se livrer
à la
désinformation du public dans leurs tentatives permanentes
d’entretenir
la psychose victimaire et le stéréotype sexiste de la
femme victime et
de l’homme bourreau.
Mme
Turmel dit que les statistiques sur les agressions sexuelles sont
«rares». Une telle affirmation constitue une technique de
conditionnement bien connue préparant le lecteur à
accepter la
manipulation à laquelle elle va le soumettre. Il est
absolument et
rigoureusement inexact que les statistiques sur les agressions
sexuelles sont rares. Au contraire, les statistiques sont abondantes et
détaillées. En effet, le ministère de la
Sécurité public du Québec
publie à chaque année, une compilation exhaustive des
agressions
sexuelles rapportées à la police par les victimes
d’agression sexuelle.
Et les données policières sont ventilées selon les
groupes d’âge.
À
titre d’exemple, pour l’année 2008, les taux pour 100000 femmes
sont
les suivants au Québec, selon les différents groupes
d’âge :
Taux pour 100000 femmes
Moins de 18 ans
363,3
18-19
ans
253.3
20-24
ans
153.5
25-34
ans
82.5
35-44
ans
44.1
45-54
ans
26.7
55-64
ans
9.7
65 ans et
plus
7.0
Source : Statistiques 2008 sur les agressions
sexuelles au Québec, ministère de la
Sécurité publique du Québec, Tableau C, p. 47
[En ligne] : http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/agressions_sexuelles/2008/agressions_sexuelles_2008.pdf
Ce
même tableau présente l’évolution des taux des
agressions sexuelles
selon le groupe d’âge pour chaque année au cours de la
période
2001-2008. Si elle avait vraiment voulu informer honnêtement les
lecteurs du Soleil, Mme Turmel, représentante des CALACS
n’aurait pas
eu à faire de grands efforts pour présenter une image
véridique de la
tendance des agressions sexuelles dont sont victimes les femmes de 50
ans et plus au Québec. Au contraire, elle se contente de
spéculer et
laisse entendre que le «problème est plus important qu’il
ne le laisse
paraître». La réalité, c’est que le taux des
agressions sexuelles chez
les femmes de 65 ans et plus est 50 fois moins élevé que
chez les moins
de 18 ans.
Chez les femmes de 55-64 ans, le taux des agressions
sexuelles est de 9,7 femmes sur 100000 en 2008.
Chez les femmes de 65 ans et plus, le taux des agressions
sexuelles est de 7,0 femmes sur 100000 en 2008.
Selon l’Institut de la statistique du Québec, il y
avait environ 640
640 femmes de 65 ans et plus au Québec en 2008
([En ligne) : http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/struc_poplt/201_2008.htm).
Sur la base d’un taux de 7 femmes pour 100000, on peut extrapoler qu’il
y aurait eu environ 48 ou 49 femmes de 65 ans et plus victimes
d’agression sexuelle en 2008 au Québec dont la situation aurait
été
signalée à la police . Il est très probable que la
très grande
majorité, sinon la totalité, de ces personnes ont
été victimes
d’agression mineure, c’est-à-dire une agression sexuelle de
niveau I ou
un délit classé dans la catégorie des autres
infractions d’ordre sexuel
qui, chez les adultes, représentent respectivement 87,8% et
8,5 % du
total des infractions sexuelles au Québec en 2008 (Source :
Statistiques 2008 sur les agressions sexuelles au Québec,
tableau 5, p. 33).
On
peut se fermer les yeux et supposer avec complaisance que les CALACS
disent la vérité en prétendant que seulement 10%
des infractions sont
signalées à la police. Cependant, ce chiffre de 10%
constitue de la
désinformation de la part des CALACS, car une telle proportion
provient
de l’Enquête sur la violence envers les femmes de 1993 de
Statistique
Canada et inclut dans la définition des «agressions
sexuelles» les
incidents considérés par la victime comme de
l’exhibitionnisme (même si
un tel exhibitionnisme a pu être involontaire ou accidentel) ou
des
attouchements (même si de tels attouchements ont pu
être involontaires
ou accidentels dans certains cas, par exemple dans les moyens de
transport publics tels les wagons de métro qui sont
bondés aux heures
de pointe ou dans des lieux publics comme les bars et les
discothèques). De tels incidents, dont il est parfois difficile
de
déterminer la nature exacte, constituent la majorité des
«agressions
sexuelles». Si l’on ne tient pas compte des actes
considérés comme de
l’exhibitionnisme ou des attouchements (potentiellement volontaires ou
accidentels) et que l’on ne considère que les incidents
où il y a eu
véritablement agression en ayant recours de manière
délibérée à la
coercition ou à la force, le véritable taux de
déclaration à la police
est plus proche de 50% que de 10%.
En
outre, la représentante des CALACS devrait avoir
l’honnêteté minimale
d’ajouter que, si une forte proportion des incidents n’est pas
signalée
à la police, c’est que la «victime
présumée» considérait dans une très
forte proportion des cas non signalés que l’incident
n’était pas assez
important pour justifier un signalement à la police. La
façon dont la
représentante des CALACS torture les faits et omet de faire
mention de
toutes ces nuances importantes, qui sont pourtant bien
documentées
(elle induit la population en erreur en disant que les chiffres sont
rares; la vérité, c’est plutôt que les chiffres qui
pourraient soutenir
les prétentions alarmistes des CALACS sont très rares)
constitue une
manipulation cynique des faits et les insinuations alarmistes
auxquelles elle se livre constitue carrément de la
désinformation, dont le but final est l'obtention de fonds
gouvernementaux.
Fraude
380. (1)
Quiconque, par supercherie, mensonge ou autre moyen dolosif,
constituant ou non un faux semblant au sens de la présente loi,
frustre le public ou toute personne, déterminée ou non,
de quelque bien, service, argent ou valeur :
a) est coupable d’un acte
criminel et passible d’un
emprisonnement maximal de quatorze ans, si l’objet de l’infraction est
un titre testamentaire ou si la valeur de l’objet de l’infraction
dépasse cinq mille dollars ;
[...]
(Code Criminel du Canada )
|
<>Or,
même en faisant abstraction de toutes les nuances des
enquêtes sur la
victimisation quant aux motivations des victimes qui n’ont pas
signalé
un incident, et en supposant que cette proportion de 10% des agressions
sexuelles signalées à la police est réaliste, il y
aurait quand même eu
en tout et pour tout environ 490 femmes de 65 ans et plus victimes
d’agression sexuelle au Québec en 2008, soit un taux de 70
femmes pour
100000 femmes de 65 ans et plus. Mais, seule une très faible
proportion
de ces cas (environ 5%) aurait constitué des agressions de
niveau II ou
de niveau III (impliquant l’utilisation d’une arme ou susceptible
d’avoir causé des blessures).
On
se demande pourquoi le gouvernement du Québec persiste à
subventionner
inconditionnellement de tels organismes qui utilisent les fonds publics
pour désinformer systématiquement la population. On se
demande aussi
pourquoi les journaux continuent à véhiculer une telle
désinformation
(sans faire un minimum de vérifications quant à leur
véracité).
L’éthique journalistique est-elle en voie de disparition ?
L’ÉQUIPE
DE RECHERCHE DE L’APRÈS-RUPTURE