Féminisme et contrôle des armes à feu


26 août 2010

Lettre ouverte

L'après-rupture

Ateliers pour les liens père-enfants, Inc.

27 Août 2010

 MANON MONASTESSE TROMPE LE GOUVERNEMENT ET LA POPULATION

Dans un récent article du Journal de Québec, Mme Manon Monastesse, directrice de la Fédération des ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec affirme que 8000 femmes et enfants hébergés victimes de violence conjugale. C’est une énorme fausseté statistique…  

http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/politique/federale/archives/2010/08/20100822-224710.html

 

Il ne s’agit aucunement  de femmes et d’enfants, mais plutôt du total des inscriptions des femmes et des enfants, car il y a des femmes (et leurs enfants possiblement) qui ont recours plusieurs fois par année aux services d’hébergement. Les mêmes femmes et les mêmes enfants sont comptabilisés plusieurs fois. En moyenne, sur l’ensemble des femmes hébergées, chaque femme s’inscrit 1,6 fois par année dans une des maisons du réseau d’hébergement au Canada et cette proportion est à peu près comparable au Québec.

 

En outre, les femmes qui ont recours aux maisons d’hébergement ne sont pas toutes victimes de violence conjugale. Une proportion voisine de 40 % de ces femmes qui sont hébergées sont aux prises avec d’autres problématiques que la violence conjugale, par exemple il s’agit souvent de femmes sans domicile fixe suite à des problèmes d’assuétude (addiction) à la drogue ou à l’alcool. On ne peut blâmer les femmes itinérantes de recourir aux ressources pléthoriques des maisons d’hébergement. Cependant, les itinérants de sexe masculin, beaucoup plus nombreux que les itinérantes de sexe féminin, ne disposent d’aucune ressource de ce genre, sauf les dortoirs collectifs de refuges comme l’accueil  Bonneau. Enfin, il ya des femmes qui utilisent les maisons d’hébergement simplement parce qu’elles n’ont pas d’endroit où se loger.

 

Les règlements des maisons d’hébergement prévoient explicitement la possibilité d’accueillir ces personnes, « quand il y a de la place disponible ».

 

En somme, le chiffre de 8000 femmes et enfants cité par Mme Monastesse n’est aucunement indicatif du nombre de femmes victimes de violence conjugale qui ont recours aux maisons d’hébergement.  En citant des chiffres trompeurs sur la violence subie par les femmes, Mme Monastesse ne rend pas service à la cause qu’elle prétend aider. Elle tente plutôt d’utiliser le capital de sympathie dont jouit le registre des armes à feu comme prétexte pour véhiculer la désinformation habituelle diffusée par les maisons d’hébergement.

 

Si l’on veut contribuer à faire avancer le débat sur le registre des armes à feu, il faut dépolitiser cette question et informer la population des effets et des bénéfices réels de ce registre depuis sa création (y compris son utilisation sur une base quotidienne par les services de police du Québec et du Canada). L’intervention de Mme Monastesee vise au contraire à politiser ce débat et à le détourner au profit des intérêts du groupe de pression qu’elle dirige et qui se livre à la désinformation sur la question de la violence depuis sa création.  

 

Ce sont des abus de ce genre qui ont contribué à saper la crédibilité du registre dans certaines régions du Canada.

 

Tromper la population, les contribuables et le gouvernement avec de fausses statistiques est un acte criminel.  Il est temps qu’une enquête au criminel soit rapidement instituée pour faire la lumière au sujet des affirmations douteuses à répétition de la Fédération des ressources d’hébergement.  

 

L’ÉQUIPE DE L’APRÈS-RUPTURE