Lettre ouverte
L'après-rupture
Ateliers pour les liens père-enfants, Inc.
27 Août 2010
MANON MONASTESSE TROMPE LE GOUVERNEMENT ET LA POPULATION
Dans un récent article du
Journal de
Québec, Mme Manon Monastesse, directrice de la
Fédération
des ressources d’hébergement pour femmes violentées et en
difficulté du
Québec affirme que 8000 femmes et enfants
hébergés
victimes de violence conjugale. C’est une énorme fausseté
statistique…
Il ne s’agit aucunement
de
femmes et d’enfants, mais plutôt du total des inscriptions des
femmes
et des enfants, car il y a des femmes (et leurs enfants possiblement)
qui ont recours plusieurs fois par année aux services
d’hébergement.
Les mêmes femmes et les mêmes enfants sont
comptabilisés plusieurs
fois. En moyenne, sur l’ensemble des femmes hébergées,
chaque femme
s’inscrit 1,6 fois par année dans une des maisons du
réseau
d’hébergement au Canada et cette proportion est à peu
près comparable
au Québec.
En outre, les femmes qui ont
recours aux maisons d’hébergement ne sont pas toutes victimes de
violence conjugale. Une proportion voisine de 40 % de ces femmes
qui
sont hébergées sont aux prises avec d’autres
problématiques que la
violence conjugale, par exemple il s’agit souvent de femmes sans
domicile fixe suite à des problèmes d’assuétude (addiction)
à la
drogue ou à l’alcool. On ne peut blâmer les femmes
itinérantes de
recourir aux ressources pléthoriques des maisons
d’hébergement.
Cependant, les itinérants de sexe masculin, beaucoup plus
nombreux que
les itinérantes de sexe féminin, ne disposent d’aucune
ressource de ce
genre, sauf les dortoirs collectifs de refuges comme l’accueil
Bonneau. Enfin, il ya des femmes qui utilisent les maisons
d’hébergement simplement parce qu’elles n’ont pas d’endroit
où se
loger.
Les règlements des
maisons
d’hébergement prévoient explicitement la
possibilité d’accueillir ces
personnes, « quand il y a de la place disponible ».
En somme, le chiffre de 8000
femmes et enfants cité par Mme Monastesse n’est aucunement
indicatif du
nombre de femmes victimes de violence conjugale qui ont recours aux
maisons d’hébergement. En citant des chiffres trompeurs
sur la
violence subie par les femmes, Mme Monastesse ne rend pas service
à la
cause qu’elle prétend aider. Elle tente plutôt d’utiliser
le capital de
sympathie dont jouit le registre des armes à feu comme
prétexte pour
véhiculer la désinformation habituelle diffusée
par les maisons
d’hébergement.
Si l’on veut contribuer
à
faire avancer le débat sur le registre des armes à feu,
il faut
dépolitiser cette question et informer la population des effets
et des
bénéfices réels de ce registre depuis sa
création (y compris son
utilisation sur une base quotidienne par les services de police du
Québec et du Canada). L’intervention de Mme Monastesee vise au
contraire à politiser ce débat et à le
détourner au profit des intérêts
du groupe de pression qu’elle dirige et qui se livre à la
désinformation sur la question de la violence depuis sa
création.
Ce sont des abus de ce genre
qui ont contribué à saper la crédibilité du
registre dans certaines
régions du Canada.
Tromper la population, les
contribuables et le gouvernement avec de fausses statistiques est un
acte criminel. Il est temps qu’une enquête au criminel soit
rapidement
instituée pour faire la lumière au sujet des affirmations
douteuses à
répétition de la Fédération des ressources
d’hébergement.
L’ÉQUIPE DE
L’APRÈS-RUPTURE