26 mai 2010

LA TRAGIQUE DÉTRESSE DES HOMMES IGNORÉE PAR L’ÉTAT DU QUÉBEC…


Le Blogue de l'édito
Cyberpresse

Le Mercredi 26 mai 2010

La détresse, encore…

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Mario Roy

Denis Philippon avait vraisemblablement prémédité sa mort. Il avait cherché des témoins pour valider son nouveau testament et laissé entendre à la ronde qu’il était fortement déstabilisé par une rupture. D’où la question, toujours posée en ces cas-là : aurait-on pu prévenir une telle tragédie, celle de ce père qui tue son fils de quatre ans et deux inconnus en causant deux collisions ?

Et prévenir comment ?

Son entourage laisse entendre que l’homme paraissait en effet très déprimé (mais pas forcément suicidaire). Mais ensuite, que fait-on en ce cas-là ? On appelle le CLSC ? Ou la police ? En disant : Monsieur Untel ne va pas très bien ? Personne ne fait ça évidemment… Et un homme ne le fait pas pour lui-même non plus, on le sait bien aussi. Le voudrait-il qu’il n’aurait nulle part où vraiment aller. On l’a dit mille fois et il y a eu des études là-dessus (ah! le rapport Rondeau !) : le réseau de la santé n’est pas sympathique aux hommes et il n’existe à peu près pas de ressources spécialisées comme il en existe beaucoup pour les femmes… lesquelles ont en outre des réseaux personnels la  plupart du temps beaucoup plus élaborés que ceux des hommes.

Donc, les hommes se suicident. Beaucoup. Plus ou moins trois par jour au Québec (sans compter  un certain nombre d’accidents d’auto, justement, dont on n’est jamais sûr s’ils ont ou non été provoqués). Et les hommes le font en tuant parfois leurs proches -beaucoup plus rarement des inconnus. C’est alors l’horreur intégrale, doublée d’un vaste sentiment d”impuissance et, surtout, d’un déferlement de haine vis-à-vis l’homme qui est en cause (il faut parcourir le web depuis 24 heures pour comprendre l’intensité de ce sentiment à l’endroit de Denis Philippon).

Puis on oublie.

Et, bien entendu, personne ne fait rien, y compris dans ces besogneuses administrations que rien ne pousse à agir pour venir au secours des hommes mal pris : ce n’est pas vendeur, ni auprès de l’électorat, ni auprès des groupes de pression bien organisés, ni auprès des médias.

De sorte qu’il ne reste que  le système D. Et on se demande : porte-t-on suffisamment attention à l’humeur et au moral des hommes qui nous sont proches ? Que ferait-on, chacun de nous, si on redoutait un «accident» chez un de ceux-ci ?



 

À quand une campagne de sensibilisation sur cinq ans avec des budgets d’au moins 1,5 millions $ par année qui dira aux hommes en difficulté qu’il y a des ressources disponibles pour les aider 24 heures sur 24 partout au Québec et que ces ressources ne sont pas imprégnées de préjugés hostiles aux hommes ?                                                       

Quand on sera arrivé à ce point, les chiffres tragiques sur le suicide chez les hommes commenceront à se résorber.

Cependant, pour en arriver là, il faudra faire la démonstration que la hausse alarmante du suicide au Québec est fortement corrélée avec les fausses statistiques hostiles aux hommes colportées par les organisations féministes subventionnées qui ont façonné toute la culture des Services sociaux, y compris celle de la grande majorité des intervenants. Cette insidieuse culture a propagé l’idéologie que les hommes ne méritent pas d’aide quand ils ont des problèmes (même si ces problèmes ont été causés par le système de justice, à titre d’exemple) et que ce sont  EUX le problème. Jamais on n’a dit aux femmes au Québec que c’étaient ELLES le problème, on leur a dit que leurs problèmes étaient toujours causés par les hommes. Deux poids, deux mesures et d’autres événements tragiques sont à prévoir si l’État québécois continue de jouer à l’autruche avec la détresse des hommes. 

L’APRÈS-RUPTURE vient en aide aux hommes en détresse depuis de nombreuses années avec des moyens particulièrement limités. Nous avons participé à la publication d’un livre qui tente d’expliquer les causes profondes de cette détresse, détresse que les médias et nos gouvernements n’ont jamais véritablement analysée en profondeur. 

http://www.philo5.com/Librairie/300000FemmesBattuesYAvezVousCru.htm

Jean-Pierre Gagnon

Responsable de recherche

avec  l’équipe de L’APRÈS-RUPTURE