Dans
l’édition du 31 mai dernier du PLACOTEUX, M.Odilon Hudon,
président de
l’Entraide au masculin, affirme qu’un homme sur quatre est violent dans
un
contexte conjugal. L’APRÈS-RUPTURE
se
demande bien où M.Hudon
a pêché une telle
proportion apocalyptique de violence masculine. Si M,Hudon avait pris
le temps
de bien s’informer, il aurait consulté, entre autres, les
trois Enquêtes
sociales générales de Statistique Canada qui,
lorsqu’elles analysent le degré de
violence conjugale au Canada, confirment que les hommes sont autant
victimes de
violence conjugale que les femmes. De plus, on ne retrouve aucune trace
du
fameux un homme sur quatre violent dans toutes les statistiques du
Ministère de
la sécurité publique et de celles de Statistique Canada.
31 mai 2011 à 17h0020 ans d’Entraide au masculin
Par Ariane Perron Langlois(...)Déjà en place à Rivière-du-Loup et Rimouski, le programme permet de « prévenir, se situer en amont plutôt que d’attendre les grandes difficultés », selon M. Hudon. Entraide au masculin estime qu’un homme sur quatre est violent. En ligne: http://www.leplacoteux.com/index.asp?s=detail_actualite&id=134241 |
Il est
regrettable que des organismes financés avec l’argent des
contribuables lancent
sur la place publique toutes sortes de chiffres farfelus concernant la
violence
conjugale. En utilisant un tel procédé, l’Entraide au masculin va rejoindre les
nombreux organismes
féministes grassement subventionnés qui colportent de
pures faussetés
statistiques depuis des années sans que nos élus
politiques et responsables des
Agences de la santé interviennent. Ce
qui est aussi
inquiétant, c’est qu’un organisme masculin dénigre le
quart des hommes à partir
de statistiques farfelues. L’Entraide au masculin a probablement
compris que
pour être grassement subventionné il s’agit tout
simplement d’adhérer à
l’évangile féministe qui prétend que seuls les
hommes sont les agresseurs dans
un contexte de violence conjugale.
Notons que l'Entraide au masculin reçoit 123 448$
du Ministère de la Santé chaque année.
En ligne: http://142.213.167.138/bd_recherche/portrait/ResultatRepOrg.asp?LstRegion=0&LstCirconscription=0&txtNom=Entraide+au+masculin&LstMissionMin=0&Rechercher=Rechercher
L’aide aux
individus aux prises avec un problème de violence familiale doit
être effectuée
par de vrais professionnels de la santé, des intervenants
compétents dont les interventions
auprès des victimes sont basées sur du matériel
scientifique irréprochable. Il
est grand temps que l’État fasse le ménage dans nos
multiples organismes
communautaires comme l’a déjà suggéré le
Vérificateur général du Québec…
Nous
tenons à préciser que nous avons demandé à
deux reprises à M.Hudon de nous
préciser sur quelles enquêtes sérieuses il appuyait
son affirmation… Nous
attendons toujours sa réponse!
http://www.leplacoteux.com/index.asp?s=detail_actualite&id=134241
L’ÉQUIPE
DE
L’APRÈS-RUPTURE
Les
résultats de l'EVEF de 1993 vieux de près de 19 ans
que vous utilisez
pour démontrer qu’un homme sur quatre serait violent dans un
contexte
conjugal contiennent une contradiction majeure en regard de la mesure
du taux de prévalence à vie. Si l'on suppose un instant
que la violence
conjugale demeurait stable à travers le temps (ce qui pourrait
justifier que l'on présente comme actuels les
résultats de l'EVEF de
1993, vieux de près de 19 ans), les taux de prévalence
à vie devraient
augmenter avec l'âge, car certaines femmes deviennent victimes
pour la
première fois à trente ans, d'autres à quarante
ans et d'autres à
cinquante ans, et ainsi de suite. Donc comme la
prévalence à vie
mesure l'expérience cumulée par toutes les femmes
ayant eu un conjoint,
il en résulte que si la méthodologie de la mesure de la
prévalence à
vie de la violence conjugale était valide, il en
résulterait
nécessairement que les taux de prévalence à vie
serait les plus élevés
chez les femmes les plus âgées. Or ce n'est pas ce
que l'on observe
quand on analyse les résultats de l'EVEF de 1993. La
prévalence à vie
de la violence conjugale est sensiblement moins forte chez les
femmes
de 65 ans et plus que chez les femmes appartenant à des groupes
d'âge
plus jeunes. C'est une contradiction majeure de l'EVEF de 1993.
D’après
mes informations,
Statistique Canada a abandonné complètement la mesure de
la prévalence
à vie de la violence conjugale dans les trois enquêtes
subséquentes à
celle de 1993, qu'elle a menées en 1999, 2004 et 2009 sur
la violence
conjugale .
Les données de l'EVEF de 1993 conduisaient à des
résultats incohérents. Vous pouvez vérifier
auprès de Statistique Canada.
Cette
enquête de 1993 a été conduite uniquement
auprès d'un échantillon
féminin et mesure la VICTIMISATION subie par les femmes. Elle ne
mesure
aucunement l'utilisation de la violence conjugale par l'ensemble des
hommes. Ce ne sont pas toutes les femmes de 18 ans et plus qui ont
eu
un conjoint ou un ex-conjoint. Une proportion supérieure
à 10% des
femmes de 18 ans et plus ne fait état d'aucun conjoint ou
ex-conjoint
en 1993. M. Bernier, vous n’avez qu'à penser aux
religieuses ou au
fait que bien des femmes de 18, de 19 ou de 20 ans n'ont jamais eu de
conjoint. Et même une bonne proportion des femmes
âgées de 20 à 30 ans.
Le
résultat de l'EVEF de 1993 voulant qu'une femme sur quatre avec
un
conjoint ou un ex-conjoint rapporte avoir été victime de
violence
conjugale au cours de sa vie pour affirmer qu'un homme sur quatre
utilisera la violence conjugale au cours de sa vie, vous partez
du
postulat implicite et erroné que toutes les femmes de 18 ans ou
plus
ont rapporté avoir un conjoint ou un ex-conjoint en 1993. Ce
postulat
est tout à fait faux. Le taux de prévalence sur
cinq ans de la violence conjugale a diminué de plus de 50% entre
1993 et 2009 au Québec.
Enfin,
M. Bernier, vous vous référez à la Trousse
Média pour soutenir vos
affirmations. Parmi les personnes responsables de la conception de la
Trousse Média, on ne trouve personne possédant la moindre
expertise sur
la méthodologie des enquêtes sur la violence conjugale.
Prenez le temps
de vérifier. On y retrouve surtout des personnes comme Mme Diane
Prud'homme qui est à l'emploi du Regroupement
provincial des maisons
d'hébergement du Québec, organisme de pression qui a
diffusé
pendant près de trente ans des fausses statistiques
sur la violence
conjugale, comme le chiffre aberrant de 300 000 femmes battues à
chaque
année par son mari ou conjoint de fait au Québec ou le
chiffre dénué de
crédibilité scientifique disant «qu'une femme sur
dix est battue à
chaque année par son mari ou conjoint de fait». Ces
faussetés
statistiques ont été révélés en 2004
grâce à la Loi d’accès à
l’information. La Trousse Média est un site très peu
crédible, car il
repose en entier sur la désinformation diffusée
par les groupes de
pression comme le Regroupement provincial et la
Fédération des
ressources d'hébergement. La Trousse Média déforme
toute la recherche
scientifique menée sur la prévalence de la violence
conjugale par les
chercheurs de divers pays.
J’estime,
monsieur, qu’il en va de la crédibilité de votre
organisme de bien
informer la population au sujet de la violence conjugale et
particulièrement de la réalité scientifique de la
violence au
masculin.
Cordialement
M.Bernier
ENTRAIDE AU MASCULIN
OBJET : un homme sur quatre violent
Les
récents résultats de l’Enquête sociale
générale de Statistique Canada
montrent que la tendance à la baisse de la prévalence sur
cinq ans de
la violence conjugale, déjà observée entre 1993 et
2004 chez les
femmes, s’est poursuivie en 2009, notamment en ce qui a trait aux
formes de violence les plus graves (comprenant les formes suivantes de
violence ou items suivant des Conflict Tactics Scales :
battus,
étranglés, menacé ou agressé à
l’aide d’un couteau ou d’une arme à feu,
agressé sexuellement). L’analyse Statistique Canada ne
précise pas
l’ampleur de la réduction des formes de violence les plus
graves, mais
on peut l’extrapoler à partir des résultats
divulgués :
Voici comment :
1993
1999
2004
2009
Taux de prévalence sur cinq ans de la violence subie
par les femmes
12%
8%
7%
6,4%
Proportion de la violence la plus grave chez les femmes
parmi l’ensemble des victimes féminines
50%
43%
39%
34%
Taux de prévalence sur cinq ans de la violence la
plus grave chez les femmes
6%
3,44%
2,73%
2,18%
En
d’autres termes, le taux sur cinq ans de la violence la plus grave
subie par les femmes est passé de 6% ne 1993 à 2,18% en
2009, soit une
diminution de 64% entre 1993 et 2009. La proportion du total des
victimes féminines qui a subi l’une ou l’autre (souvent
plusieurs de
ces formes) des quatre formes les plus graves de violence est
passé de
50% du total des victimes de sexe féminin à 34%
En
somme, la proportion des victimes diminue et le taux de
prévalence sur
cinq ans diminue également. Lorsque l’on combine ces
deux effets, il en
résulte une diminution spectaculaire des formes les plus graves
de
violence subie par les femmes de la part du conjoint actuel ou d’un
ex-conjoint (Quand il y a violence grave, une union est
généralement
dissoute rapidement dans la grande majorité des cas).
En
somme, entre 1993 et 2009, le taux sur cinq ans de prévalence de
la
violence conjugale subie par les femmes au Canada est passé de
12% à
6,4%, soit une diminution de 46,7% (au cours de la période
1993-2004,
la diminution avait été de 41 %). La diminution
approche donc les 50%
chez les femmes, au cours des 16 dernières années.
En
outre, encore plus encourageant, les formes les plus graves de violence
conjugale ont diminué encore plus rapidement au Canada. Ainsi,
le taux
de prévalence sur cinq ans des formes les plus graves de
violence
(telle que définie par Statistique Canada) est passé de
6% en 1993 à
2,18% en 2009, soit une réduction de 64% au cours de la
période
1993-2009.
Enfin, le rapport de Statistique Canada (La violence
familiale au Canada Un profil statistique) qui vient d’être
publié
montre que la prévalence de la violence conjugale est nettement
moins
élevée au Québec que dans l’ensemble du Canada,
comme c’était également
le cas en 1993, en 1999, en 2004. De sorte que l’on peut croire que le
taux de prévalence sur cinq de la violence conjugale la plus
grave se
situerait à moins de 2% au Québec. Il en
résulterait que le taux de la
prévalence ANNUELLE de la violence la plus grave (telle que
définie par
Statistique Canada) se situerait aux environs de 0,5% (un demi de 1%)
au Québec. En d’autres termes, la proportion des femmes battues
par
leur conjoint actuel ou par un ex-conjoint) se situerait aux environs
de 0,5% (un demi de 1%).
En 2009, le taux annuel de prévalence
des femmes victimes des formes les plus graves de violence conjugale se
situe approximativement à 0,5% au Québec, en se basant
sur les
résultats de l’Enquête sociale générale de
2009 de Statistique Canada.
Nous
sommes très loin du fait qu’un homme sur quatre serait violent
dans un
contexte conjugal, comme le prétend votre organisme, si l’on
se fie à une enquête récente et non à une
enquête de 1993 que vous
utilisez. Il serait souhaitable à mon avis que votre organisme
rectifie
les faits dans les médias afin de bien informer la population.
Cordialement