Janette Bertrand… l’art de la
désinformation
| Journal Métro 16 novembre 2010 Danièle L. Gauthier Presse Canadienne http://www.journalmetro.com/culture/article/693276--l-amour-qui-tue-en-rediffusion-est-d-actualite MONTRÉAL - À l'occasion du 25 novembre, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, ARTV diffuse, le jeudi 25 novembre, 22h, la dramatique «Avec un grand A / L'amour qui tue», créée par Janette Bertrand, il y a une vingtaine d'années, celle qui n'a jamais craint de s'attaquer aux tabous. Dans cet épisode, le couple formé par Ghyslain Tremblay et Sylvie Léonard, illustre bien la montée symptomatique de l'intention maladive de l'homme qui tente par tous les moyens de contrôler les faits et gestes de sa jeune épouse. Pourtant, elle, ne cherche qu'à lui plaire jusqu'à ce que la peur l'habite, peur de continuer à «survivre» à ses côtés, peur de fuir et d'exacerber la colère de cet enragé de pouvoir. Bien que cet épisode date de 1991, il est toujours d'actualité. Parviendra-t-on, un jour, à neutraliser toute cette violence faite aux femmes qu'on identifie comme le crime le plus répandu et le moins puni? Aux États-Unis, une femme est battue toutes les 15 secondes; en Afrique du Sud, une femme est violée toutes les 23 secondes; au Bangladesh, près de la moitié des femmes ont subi des abus physiques de la part de leur conjoint. |
Il est temps que Mme Bertrand parle des
« vraies affaires »
Lors de diverses émissions de
« Parler pour parler », diffusées sur
Télé-Québec (anciennement
Radio-Québec), au cours des années 1980, Mme Janette
Bertrand a affirmé
à
plusieurs occasions que le chiffre de « 1 femme sur 10
battue par son
mari
ou conjoint de fait », une fausse statistique
diffusée en 1980 par le
Conseil consultatif canadien de la situation de la femme dans un
rapport
produit par Linda MacLeod et Andrée Cadieux, était une
statistique
O-F-F-I-C-I-E-L-L-E (en scandant distinctement avec emphase chaque
syllabe de
ce mot). En se livrant à une telle assertion, Janette Bertrand
induisait en
erreur la population québécoise.
Par ces interventions dans ses
émissions télévisées sur
Télé-Québec, Mme Bertrand a fait plus que
quiconque au
Québec pour accréditer les fausses statistiques produites
par les
groupes de
pression féministes et répandre dans l’opinion publique,
et plus
particulièrement chez la gent féminine, le
stéréotype sexiste de
l’homme
bourreau et de la femme victime sous-jacent à ces fausses
statistiques.
Il y aurait peut-être lieu de profiter
de la rediffusion d’une dramatique de Mme Bertrand sur la violence
conjugale à
ARTV le 25 novembre 2010 pour lui demander de se rétracter
publiquement, et
d’admettre, ainsi que l’a fait Linda MacLeod lors du congrès de
l’ACFAS
tenu en
1994 à Montréal, que ce chiffre de 1 femme sur 10 battue
par son mari
ou
conjoint de fait, n’avait aucune validité statistique, tel que
le
démontre le
livre intitulé 300 000 femmes battues... Y avez-vous
cru ?
(voir p.
108-127).
Avant de se prévaloir de la tribune que
lui offrait Télé-Québec pour clamer que cette
imposture statistique
gravement
inflationniste constituait le chiffre O-F-F-I-C-I-E-L de la
violence
conjugale, Mme Bertrand aurait du avoir l’élémentaire
prudence et la
sagesse de
vérifier auprès de méthodologistes
qualifiés en statistique si
l’approche
employée par Linda Macleod et Andrée Cadieux pour
produire ce chiffre
était
valide au plan méthodologique. Comme l’a démontré
L’après-rupture en
citant
plusieurs chercheurs canadiens, les extrapolations de Mme MacLeod
n’avaient
aucune validité au plan méthodologique et au plan
statistique. Et tout
méthodologiste qualifié serait parvenu à la
même conclusion. De toute
évidence,
Mme Bertrand (et la direction de Télé-Québec) ont
omis de prendre cette
précaution indispensable et ont plutôt
préféré ancrer dans l’esprit du
public
les stéréotypes sexistes sur la violence conjugale que le
Conseil
consultatif
canadien de la situation de la femme s’activait à créer
et à diffuser,
avec la
complicité des réseaux des maisons d’hébergement
pour femmes victimes
de
violence. Mme Bertrand et Télé-Québec ont induit
la population du
Québec en
erreur.
Quand on affirme parler des «vraies
affaires» comme le prétendait Mme Bertrand dans ses
émissions, on a la
responsabilité sociale de s’assurer que les assertions et les
affirmations
auxquelles on se livre sur un réseau public comme
Télé-Québec reposent
sur des
données valides et véridiques et qu’on ne se constitue
pas en
instrument de
propagande pour des groupes d’intérêts aux visées
idéologiques étroites
et
biaisées, teintées d’une misandrie à peine
déguisée. « Parler des
vraies
affaires », c’est avoir le courage de rompre la loi de
l’omerta imposée
par les groupes de pression féministes sur la question de la
violence
conjugale
exercée par les femmes. «Parler des vraies
affaires», c’est renoncer
une fois
pour toutes à la « langue de bois »
imposée par les groupes de
pression féministes afin que seules aient droit de cité
dans les médias
les
thèses visant à répandre la psychose victimaire et
le stéréotype
sexiste de
l’homme bourreau et de la femme victime. L’immense corpus de la
recherche
empirique contredisant de manière irréfutable les
postulats du
féminisme
victimaire est systématiquement écarté au profit
de la langue de bois.
C’est
franchement malhonnête.
Si Mme Bertrand est vraiment opposée
aux stéréotypes sexistes et si elle croit vraiment au
principe de
l’égalité
entre les hommes et les femmes, elle va reconnaître publiquement
que ce
chiffre
créé par le Conseil consultatif canadien de la situation
de la femme à
l’instigation
des réseaux provinciaux des maisons d’hébergement pour
femmes victimes
de
violence n’avait aucune validité statistique et qu’il
n’était pas un
chiffre
officiel, contrairement à ce qu’elle a affirmé dans les
émissions
qu’elle
animait. Elle a déjà attendu trop longtemps pour
rétablir la vérité,
car il y a
plus de 16 ans déjà que Linda MacLeod a, quant à
elle, reconnu que ce
chiffre
de 1 femme sur 10 n’avait aucune validité statistique. Il serait
temps
que Mme
Bertrand répare l’erreur qu’elle a commise, peut-être
à son insu, et
qu’elle
fasse sa part pour faire reculer les préjugés qu’elle a
contribué à
ancrer dans
l’opinion publique.
Les statistiques officielles de la
violence conjugale, notamment celles produites à l’aide de
l’Enquête
sociale générale
de 1999 et de 2004 montrent que les taux annuels de prévalence
de la
violence
conjugale sont nettement moins élevés que ceux que Mme
Bertrand a
contribué à
répandre dans l’opinion publique du Québec. En outre, les
données de
l’ESG de
1999 et de 2004 montrent que les hommes sont victimes de violence
conjugale en
proportions comparables aux femmes.
Mme Bertrand s’est également employée à
propager le principe de la «tolérance zéro»
envers la violence
conjugale subie
par les femmes. Il serait bon que Mme Bertrand précise que le
principe
de la
«tolérance zéro» envers la violence conjugale
s’applique tout autant à
la
violence exercée par les femmes qu’à celle exercée
par les hommes. La
violence
conjugale exercée par les femmes (et la violence envers les
enfants qui
lui est
souvent associée) n’est pas plus acceptable que celle
exercée par les
hommes.
Il est plus que temps que l’on cesse de fermer les yeux sur la violence
conjugale perpétrée par les femmes et que l’on cesse de
se livrer à
toutes les
contorsions intellectuelles imaginables pour minimiser ou occulter ce
phénomène. Il serait grand temps que les
féministes du Québec aient le
courage,
l’honnêteté et l’intégrité personnelle de
commencer à parler sans
faux-fuyants
des «vraies affaires ».
L’équipe de
L’APRÈS-RUPTURE