Violence conjugale

Jeanette Bertrand
L'art de la désinformation


Lettre ouverte
L'après-rupture

18 novembre 2010

 Janette Bertrand… l’art de la désinformation  

 

Journal Métro
16 novembre 2010
Danièle L. Gauthier
Presse Canadienne
http://www.journalmetro.com/culture/article/693276--l-amour-qui-tue-en-rediffusion-est-d-actualite

MONTRÉAL - À l'occasion du 25 novembre, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, ARTV diffuse, le jeudi 25 novembre, 22h, la dramatique «Avec un grand A / L'amour qui tue», créée par Janette Bertrand, il y a une vingtaine d'années, celle qui n'a jamais craint de s'attaquer aux tabous.

Dans cet épisode, le couple formé par Ghyslain Tremblay et Sylvie Léonard, illustre bien la montée symptomatique de l'intention maladive de l'homme qui tente par tous les moyens de contrôler les faits et gestes de sa jeune épouse. Pourtant, elle, ne cherche qu'à lui plaire jusqu'à ce que la peur l'habite, peur de continuer à «survivre» à ses côtés, peur de fuir et d'exacerber la colère de cet enragé de pouvoir. Bien que cet épisode date de 1991, il est toujours d'actualité.

Parviendra-t-on, un jour, à neutraliser toute cette violence faite aux femmes qu'on identifie comme le crime le plus répandu et le moins puni? Aux États-Unis, une femme est battue toutes les 15 secondes; en Afrique du Sud, une femme est violée toutes les 23 secondes; au Bangladesh, près de la moitié des femmes ont subi des abus physiques de la part de leur conjoint.

 


 

Il est temps que Mme Bertrand parle des « vraies affaires »

 

Lors de diverses émissions de « Parler pour parler », diffusées sur Télé-Québec (anciennement Radio-Québec), au cours des années 1980, Mme Janette Bertrand a affirmé à plusieurs occasions que le chiffre de « 1 femme sur 10 battue par son mari ou conjoint de fait », une fausse statistique diffusée en 1980 par le Conseil consultatif canadien de la situation de la femme dans un rapport produit par Linda MacLeod et Andrée Cadieux, était une statistique O-F-F-I-C-I-E-L-L-E (en scandant distinctement avec emphase chaque syllabe de ce mot). En se livrant à une telle assertion, Janette Bertrand induisait en erreur la population québécoise.

 

Par ces interventions dans ses émissions télévisées sur Télé-Québec, Mme Bertrand a fait plus que quiconque au Québec pour accréditer les fausses statistiques produites par les groupes de pression féministes et répandre dans l’opinion publique, et plus particulièrement chez la gent féminine, le stéréotype sexiste de l’homme bourreau et de la femme victime sous-jacent à ces fausses statistiques. 

 

Il y aurait peut-être lieu de profiter de la rediffusion d’une dramatique de Mme Bertrand sur la violence conjugale à ARTV le 25 novembre 2010 pour lui demander de se rétracter publiquement, et d’admettre, ainsi que l’a fait Linda MacLeod lors du congrès de l’ACFAS tenu en 1994 à Montréal, que ce chiffre de 1 femme sur 10 battue par son mari ou conjoint de fait, n’avait aucune validité statistique, tel que le démontre le livre intitulé 300 000 femmes battues... Y avez-vous cru ? (voir p. 108-127).

 

Avant de se prévaloir de la tribune que lui offrait Télé-Québec pour clamer que cette imposture statistique gravement inflationniste constituait le chiffre O-F-F-I-C-I-E-L  de la violence conjugale, Mme Bertrand aurait du avoir l’élémentaire prudence et la sagesse de vérifier auprès de méthodologistes qualifiés en statistique si l’approche employée par Linda Macleod et Andrée Cadieux pour produire ce chiffre était valide au plan méthodologique. Comme l’a démontré L’après-rupture en citant plusieurs chercheurs canadiens, les extrapolations de Mme MacLeod n’avaient aucune validité au plan méthodologique et au plan statistique. Et tout méthodologiste qualifié serait parvenu à la même conclusion. De toute évidence, Mme Bertrand (et la direction de Télé-Québec) ont omis de prendre cette précaution indispensable et ont plutôt préféré ancrer dans l’esprit du public les stéréotypes sexistes sur la violence conjugale que le Conseil consultatif canadien de la situation de la femme s’activait à créer et à diffuser, avec la complicité des réseaux des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence. Mme Bertrand et Télé-Québec ont induit la population du Québec en erreur.

 

Quand on affirme parler des «vraies affaires» comme le prétendait Mme Bertrand dans ses émissions, on a la responsabilité sociale de s’assurer que les assertions et les affirmations auxquelles on se livre sur un réseau public comme Télé-Québec reposent sur des données valides et véridiques et qu’on ne se constitue pas en instrument de propagande pour des groupes d’intérêts aux visées idéologiques étroites et biaisées, teintées d’une misandrie à peine déguisée. « Parler des vraies affaires », c’est avoir le courage de rompre la loi de l’omerta imposée par les groupes de pression féministes sur la question de la violence conjugale exercée par les femmes. «Parler des vraies affaires», c’est renoncer une fois pour toutes à la « langue de bois » imposée par les groupes de pression féministes afin que seules aient droit de cité dans les médias les thèses visant à répandre la psychose victimaire et le stéréotype sexiste de l’homme bourreau et de la femme victime. L’immense corpus de la recherche empirique contredisant de manière irréfutable les postulats du féminisme victimaire est systématiquement écarté au profit de la langue de bois. C’est franchement malhonnête.   

 

Si Mme Bertrand est vraiment opposée aux stéréotypes sexistes et si elle croit vraiment au principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, elle va reconnaître publiquement que ce chiffre créé par le Conseil consultatif canadien de la situation de la femme à l’instigation des réseaux provinciaux des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence n’avait aucune validité statistique et qu’il n’était pas un chiffre officiel, contrairement à ce qu’elle a affirmé dans les émissions qu’elle animait. Elle a déjà attendu trop longtemps pour rétablir la vérité, car il y a plus de 16 ans déjà que Linda MacLeod a, quant à elle, reconnu que ce chiffre de 1 femme sur 10 n’avait aucune validité statistique. Il serait temps que Mme Bertrand répare l’erreur qu’elle a commise, peut-être à son insu, et qu’elle fasse sa part pour faire reculer les préjugés qu’elle a contribué à ancrer dans l’opinion publique.

 

Les statistiques officielles de la violence conjugale, notamment celles produites à l’aide de l’Enquête sociale générale de 1999 et de 2004 montrent que les taux annuels de prévalence de la violence conjugale sont nettement moins élevés que ceux que Mme Bertrand a contribué à répandre dans l’opinion publique du Québec. En outre, les données de l’ESG de 1999 et de 2004 montrent que les hommes sont victimes de violence conjugale en proportions comparables aux femmes.

 

Mme Bertrand s’est également employée à propager le principe de la «tolérance zéro» envers la violence conjugale subie par les femmes. Il serait bon que Mme Bertrand précise que le principe de la «tolérance zéro» envers la violence conjugale s’applique tout autant à la violence exercée par les femmes qu’à celle exercée par les hommes. La violence conjugale exercée par les femmes (et la violence envers les enfants qui lui est souvent associée) n’est pas plus acceptable que celle exercée par les hommes. Il est plus que temps que l’on cesse de fermer les yeux sur la violence conjugale perpétrée par les femmes et que l’on cesse de se livrer à toutes les contorsions intellectuelles imaginables pour minimiser ou occulter ce phénomène. Il serait grand temps que les féministes du Québec aient le courage, l’honnêteté et l’intégrité personnelle de commencer à parler sans faux-fuyants des «vraies affaires ».

 

L’équipe de L’APRÈS-RUPTURE       

 

P.S. Pour en savoir plus:
http://www.philo5.com/Librairie/300000FemmesBattuesYAvezVousCru.htm
http://www.youtube.com/watch?v=apFTRyspkvM
http://www.youtube.com/watch?v=hm3uLOGruX8