Lettre ouverte
L'après-rupture
16 novembre 2011
Violence conjugale: le
programme unidirectionnel du SPVM
Un programme pour prévenir
l'irréparable
Agence QMI
15-11-2011
La
police de Montréal ajoute un nouvel outil, unique en
Amérique du Nord, à son arsenal pour prévenir les
drames conjugaux.
S'ils y consentent, les
hommes écroués pour une plainte de violence conjugale
peuvent désormais être rencontrés par des
spécialistes lors de leur détention. Cette initiative du
SPVM se met en branle à l'intérieur même des
cellules où ils sont interrogés.
(...)
Les
hommes qui se font arrêter pour violence conjugale ont souvent
l'impression que leur arrestation est injuste et ne comprennent pas
pourquoi ils ont été arrêtés, selon Steven
Bélanger, qui travaille comme psychologue pour Pro-Gram.
(...)
En ligne: http://fr.canoe.ca/infos/regional/archives/2011/11/20111115-224912.html
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Si l’enfer est pavé de bonnes
intentions, il lui arrive plus souvent encore de se voir
assiégé de préceptes aussi erronés que
malencontreusement fantaisistes. Figurez-vous que, dans un
élan qui relève davantage de l’opération de
visibilité que de la prévention scientifique, le Service
de police de la Ville de Montréal (SPVM) vient de concocter un
étonnant programme de lutte à la violence
conjugale. Quel merveilleux timing que d’en faire l’annonce juste avant la
journée d’élimination de la violence faite aux femmes
! Fidèle à une vision du siècle dernier, les
« concepteurs» inspirés à l’origine de
cette utilisation douteuse de fonds publics considèrent que
seuls les hommes exercent de la violence envers leurs conjointes.
La réalité inverse n’est même pas
évoquée, ce qui n’étonnera personne.
Voilà qui s’appelle joindre la paresse d’esprit à
l’encroûtement idéologique.
Jusqu’à quand faudra-t-il
répéter à ces esprits ankylosés que trois
enquêtes sociales générales de Statistique Canada,
des études de l’Institut de la statistique du Québec,
sans compter l’enquête psychosociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean
et les quelque 282 études répertoriées par Martin
S. Fiebert, chercheur du département de psychologie de la
California State University, établissent sans conteste la
parité homme femme en violence conjugale ? Bien sûr,
la violence la plus lourde demeure attribuable à la force
physique masculine. Les concepteurs de ce programme
unidirectionnel seraient-ils affligés d’analphabétisme,
d’aveuglement volontaire, ou se sentent-ils terrorisés à
l’idée de contredire les dogmes de cette religion d’État
aussi occulte que puissante et toxique : le féminisme
radical ?
Ces plaintes que l’on prend pour des
agressions
« S’ils y consentent, nous apprend
le Journal de
Montréal, les
hommes écroués pour une plainte de violence conjugale
peuvent désormais être rencontrés par des
spécialistes lors de leur détention. »
Des « spécialistes »… Cette
stratégie semble faire très peu de cas d'une étude maintes fois citée dans ce
blog, intitulée Entre les attentes face à la
judiciarisation et l’issue des procédures, de Sonia Gauthier, de l’université
de Montréal, et de Danielle Laberge, de l’UQÀM,
révélant qu'à peine 31,4 % des arrestations
d'hommes pour violence conjugale menaient à un verdict de
culpabilité tandis que 68,4% débouchaient sur des remises
en liberté. Est-ce à dire que l’on relâche
autant de coupables ? Leurs accusatrices ne sont pas le moins du
monde interpellées, et encore moins accusées de
méfait public pour fausses allégations.
Un organisme appelé Pro-Gram,
appellation d’une finesse inouïe, se rend sur demande au centre
opérationnel du SPVM et « communique » avec les
hommes arrêtés. Normand Bourgeois, le directeur de
l’organisme en question, se confie candidement :
« C’est habituellement un bon moment pour essayer de rentrer
en dialogue avec cette personne-là, lui offrir des
références, lui montrer qu’il y a quelque chose à
faire. » Touchant, n’est-ce pas ? Imaginez un
pauvre homme, faussement accusé qui, non content de se voir
arrêté sans motif, doit affronter ce curieux
spécimen de thérapeute pour qui la présomption
d’innocence relève de la légende urbaine. Y a-t-il
une limite à ce qu’un homme doit endurer dans un tel contexte ?
Confrontés au précepte
« Avoue n’importe quoi si tu veux sortir »,
faut-il que ces gars séquestrés s’inventent un
passé de violence pour complaire à ces
« intervenants » chez qui, apparemment, la parole
féminine reste sacrée et ne saurait être remise en
cause ? C’est sûrement les yeux pétillants que
Stéphane Lemieux, assistant-directeur de SPVM,
renchérit : « On pense que ça va nous
aider beaucoup à prévenir la récidive, à
éviter que ces gens-là retombent dans le même
panneau. La récidive, souvent, peut se rendre
jusqu’à l’homicide. Ce n’est pas toujours le cas, mais une
fois est une fois de trop. » Louable intention
préventive, sans doute, mais moi, vivre à
Montréal, je songerais à déménager, de
crainte de tomber entre les mains de ces fanatiques jovialistes…
Et c’est pas fini…
Le Journal
cite aussi Steven Bélanger, psychologue au Pro-Gram :
« Les hommes qui se font arrêter pour violence
conjugale ont souvent l’impression que leur arrestation est injuste
(sic !) et ne comprennent pas pourquoi ils ont été
arrêtés (re-sic !). » Psychologue, le
mec… Il en rajoute : «{Ils se disent}
« Voyons donc, c’est une chicane de ménage ! On
s’est engueulés, c’est normal de se chicaner. »
En effet, M Bélanger, ça arrive même chez les
meilleurs couples de hausser le ton et de s’engueuler. On n’a pas
pour autant affaire à un cas de violence conjugale, c’est aussi
simple que ça. Autrement, il faudrait réaménager
le stade olympique en prison pour hommes… et pour femmes. Qui
plus est, de fausses allégations, c’est aussi de la violence
conjugale, et vous vous en rendez complice, par votre aveuglement
idéologique.
M Bélanger en rajoute encore :
« Et ils en veulent à leur conjointe d’avoir
appelé la police (pas possible !). Il y a un désir
de vengeance. » Il n’y aurait pas de
« désir de vengeance » chez moi, comme
chez la plupart des hommes vivant pareille situation, sans doute, mais
je crois bien que je serais furieux envers la conjointe qui m’aurait
faussement accusé, au point de rompre et d’effacer cette femme
de ma vie, non par la violence, mais par la distance. Mais
peut-être m’accuserait-on cette fois de violence psychologique,
et me retrouverais-je à nouveau entre les griffes misandres et
bon enfant de M Bélanger ? Au secours !
Qui a besoin d’une thérapie ?
C’est ainsi que nous apprenons, en fin
d’article du Journal,
que 40
hommes ont été « orientés »
vers une thérapie… Reste à savoir s’ils en avaient tous
vraiment besoin. Ces thérapeutes étant
manifestement incapables d’envisager le mensonge féminin, de
braves hommes sont probablement en train de perdre un temps
précieux sur un sofa. « Sur l’île de
Montréal, il y a trois ans, près de 40 % des homicides
étaient liés à un drame conjugal, nous
précise-t-on. Ce taux avoisine les 10 %
aujourd’hui. » N’allez pas croire que le programme
fantaisiste dont il est fait mention ici y soit pour quelque chose : il
vient tout juste d’être implanté…
Selon cette équipe de bons
samaritains, « les hommes aux prises avec des
problèmes de violence peinent à l’admettre (et il dit
ça sérieusement…) : 87 % de ceux qui se font
interroger en détention pour cette raison admettent n’avoir
jamais consulté.» Que doit-on penser de ceux qui
n’ont pas de problèmes de violence, aux prises avec cet
engrenage « thérapeutique » ?
N’est-il pas normal qu’ils ne consultent pas ? Faut-il le
rappeler : près de 70 %
des hommes arrêtés dans le cadre de la politique
d’intervention en violence conjugale le sont sans motif.
« Cesse de nier ton problème, méchant
garçon, si tu veux que mon oncle te laisse sortir »,
doivent-ils s’entendre dire.
Reste à espérer que ces
spécialistes, idéologiquement intoxiqués, tombent
de temps en temps sur un homme vraiment dangereux et évitent
effectivement une tragédie. Après tout, même une
montre arrêtée donne l’heure juste deux fois par jour...
Olivier Kaestlé
http://olivierkaestle.blogspot.com/2011/11/violence-conjugale-le-programme.html