Dr Nadia Gagnier, prix citron de L'après-rupture

Avril 2010

L'après-rupture est heureuse de décerner un nouveau prix citron au Dr Nadia Gagné pour les inexactitudes statistiques et sa foi en l'évangile féministe, contribuant à répandre des faussetés dans la population et pour le mépris qu'elle démontre quant à la vérité et les hommes du Québec en général.

L'article qui suit a été publié dans le quotidien LeSoleil du 12 avril dernier...

Publié le 11 avril 2010 à 05h00 | Mis à jour le 11 avril 2010 à 05h00

Les effets de la violence conjugale sur les enfants...


 

Dre Nadia Gagnier, psychologue
Le Soleil

(Québec) Mélanie enseigne la deuxième année à l'école primaire de son quartier. Récemment, elle a observé un changement de comportement chez Alexis, un des élèves de sa classe. Il est replié sur lui-même, il semble préoccupé et, la semaine dernière, il s'est battu avec un autre élève, chose qu'il n'aurait jamais faite auparavant. Quelques jours plus tard, lors de la réunion avec les parents, Mélanie apprend que la mère d'Alexis est victime de violence conjugale et que l'enfant est témoin de plusieurs conflits violents. Elle voit cette confidence de la part de cette maman comme une marque de confiance, mais également comme un appel à l'aide. Elle aimerait pouvoir l'aider à se sortir de cette situation, mais elle ne sait pas trop comment l'aider... Elle se demande ce qu'elle peut faire pour eux.

La violence conjugale peut toucher les gens de tous les niveaux socioéconomiques et n'est pas toujours apparente aux yeux de l'entourage des victimes. Pour donner quelques chiffres, notons qu'en 2000, on dénombrait au Québec près de 16 000 victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal et 85 % des victimes étaient des femmes (ministère de la Sécurité publique; la violence conjugale : statistiques 2000).

Vous pouvez sûrement vous douter des conséquences négatives de la violence conjugale sur les femmes (et les hommes) qui en sont victimes. Mais aujourd'hui, j'aimerais vous informer des conséquences de la violence conjugale sur les enfants parce que des études indiquent que la majorité des enfants des femmes victimes d'agression sont présents lorsque le conjoint inflige des blessures et des souffrances à leur mère. En effet, il semble que 75 % d'entre eux sont témoins, 20 % y participent et 11 % subissent des agressions physiques (Larouche, 1987; Sudermann et Jaffe, 1999).

Si le simple fait d'être témoin de conflits non violents entre ses parents peut être très difficile pour un enfant alors imaginez à quel point être témoin de violence conjugale sera dévastateur pour son développement et son bien être.

Comme Mélanie, les gens qui travaillent auprès des jeunes peuvent parfois être témoins de changements d'attitude ou de comportement chez un enfant, sans nécessairement pouvoir déterminer qu'il s'agit d'une réaction à la violence qui se vit en famille. Certains enfants parleront de ce qui se passe à la maison, mais d'autres voudront garder le secret, sentant que leur sécurité et celle de leur parent-victime sont menacées.

Il faut donc lire entre les lignes et se montrer à l'écoute de tout enfant qui manifeste un ou plusieurs des signes suivants :

> agressivité, agitation, impulsivité;

> irritabilité, réactions violentes lors de conflits;

> opposition face à l'autorité;

> difficulté sur le plan scolaire (faibles résultats scolaires, difficulté à se concentrer);

> comportements délinquants (mensonges, vandalisme, décrochage scolaire, fugues...);

> état dépressif, anxiété, idées suicidaires;

> difficultés dans les relations sociales, tendance à s'isoler.

Je donne ces signes à titre indicateur seulement, car il est important de comprendre que les réactions à la violence conjugale peuvent varier d'un enfant à l'autre, et il y a même des enfants, particulièrement résilients, qui ne développeront aucun de ces signes. Quand un enfant présente une ou plusieurs des caractéristiques de la liste ci-dessus, le fait de créer un climat de confiance avec lui pourrait l'encourager à se confier, ce qui lui ferait le plus grand bien, même si cela n'implique pas nécessairement une amélioration de sa situation familiale. Il est également important de comprendre qu'un enfant qui manifeste ces signes peut le faire pour toutes sortes d'autres raisons que la violence entre ses parents. Toutefois, il s'agit probablement d'un enfant qui vit une autre forme de problème et qui a tout autant besoin de votre écoute.

Dans le cas où l'adulte victime de violence conjugale vous confie ce qu'il vit, il peut être normal de ne pas savoir comment l'aider et même d'hésiter à s'en mêler... Plusieurs se diront : «Ce n'est pas de mes affaires.» Pourtant, de simples gestes comme écouter et faire connaître les ressources qui existent pour les victimes sont des gestes qui peuvent faire une grande différence.

Si vous voulez en savoir plus sur la violence conjugale et sur les ressources qui existent pour les familles qui vivent cette réalité, je vous conseille de visiter les sites suivants :

- www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sociaux/violenceconjugale.php

- www.violenceconjugale.gouv.qc.ca

- www.sosviolenceconjugale.ca

Note: Les caractères en gras ont été mis en évidence par nous


LES INEXACTITUDES DU DR NADIA GAGNIER… 

Le message du Dr Nadia Gagnier paru dans Le Soleil du 12 avril dernier concernant les effets de la violence conjugale sur les enfants est une copie quasi conforme du message véhiculé par les réseaux des maisons d’hébergement du Québec. Les auteurs (comme Ginette Larouche, Sudermann et Jaffe qui sont associés aux maisons d’hébergement de London, Ontario) qu’elle cite, sont des auteurs associés aux maisons d’hébergement et leurs vues sont maintenant complètement dépassées au plan scientifique. De même que sa façon insistante de citer les statistiques policières du Québec en mentionnant la proportion de 85% de femmes victimes de violence. 

 Tout docteur en médecine doit savoir qu’un groupe de type clinique,  comme c’est le cas pour les signalements faits à la police, ne constitue pas un échantillon qui se conforme aux critères d’un échantillon représentatif. On ne peut donc pas généraliser les paramètres d’un tel échantillon à l’ensemble de la population. Tous les médecins savent que les échantillons dits cliniques sont caractérisés par une multitude de biais de sélection. Apparemment, le Dr Gagnier ne saisit pas cette distinction. Le Dr Nadia Gagnier reprend textuellement le stéréotype sexiste de l’homme violent et de la femme victime véhiculé depuis près de 40 ans par les maisons d’hébergement du Québec, alors que la réalité de la violence conjugale et familiale est beaucoup plus complexe que ce schéma simpliste et misandre.
 

Le portrait de la violence conjugale que dépeint le Dr Gagnier est un tissu de clichés simplistes et correspond à l’image caricaturale qu’en présentent les réseaux des maisons d’hébergement du Québec. C’est loin d’être une référence, car ces réseaux ont diffusé depuis des décennies des fausses statistiques sur l’ampleur réelle de la violence conjugale et la plupart des thèses qu’elles véhiculent sur la violence conjugale ont été invalidées par la recherche empirique. Le Dr Gagné devrait mettre à jour ses connaissances sur la violence conjugale en commençant par se familiariser avec les résultats de la recherche empirique publiés au cours des 20 dernières années et qui invalident catégoriquement les thèses de l’approche féministe de la violence conjugale que le Dr Gagnier reprend à son compte sans la moindre distance ou nuance critique. Si l’on prend au mot ce texte du Dr Nadia Gagnier, tous les pères de famille du Québec risquent d’être soupçonnés de violence conjugale dès que leur enfant présentera le moindre changement d’humeur à l’école. Elle n’est peut-être pas mal intentionnée, mais ce texte démontre que le Dr Gagnier s’est contentée de faire une recherche très superficielle sur la question délicate et émotive qu’elle aborde. 

Jean-Pierre Gagnon

Responsable de recherche

L’APRÈS-RUPTURE

Ateliers pour les liens pères-enfants

  Pour en savoir plus:

« 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? »

 Enquête du Saguenay

Pourquoi Nadia Gagnier mérite le Prix Citron/l'après-rupture




  Lettre à Dr Gagnier suite à son article intitulé Les effets de la violence conjugale sur les enfants paru dans LeSoleil de Québec le 1 avril dernier.

12 avril 2010

Bonjour Mme Gagnier, 

J’ai lu avec attention votre récent article portant sur les effets sournois de la violence conjugale sur les enfants. 

«Pour donner quelques chiffres, notons qu'en 2000, on dénombrait au Québec près de 16 000 victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal et 85 % des victimes étaient des femmes (ministère de la Sécurité publique; la violence conjugale : statistiques 2000). »

 
Cette citation représente le summum de la désinformation journalistique. Les 16000 supposées victimes ne représentent en réalité que la somme des mises en accusation. Dans notre société, les accusés ont encore le droit à la présomption d’innocence, n’est-ce pas ? De ces 16000 supposées victimes, plus des 2/3 verront leur dossier se conclure par un arrêt de procédure, faute de fait à démontrer, ou encore des acquittements purs et simples car en réalité aucune agression n’a jamais eu lieu. De plus ce chiffre est trompeur car les policiers refusent systématiquement de prendre une plainte de violence conjugale lorsque le plaignant est un homme.

 Mais il y a encore pire en ce domaine. Selon une enquête psychosociale rigoureuse réalisée en 2000 par la Direction de la santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, 5,4 pourcent des hommes ayant vécu avec une partenaire au cours des douze mois précédant la recherche auraient subi de la violence physique. Un taux dépassant largement les 2,4 pourcent de femmes qui auraient été victimes de ce genre de sévices, lors de cette même période. Or, les résultats cette enquête furent littéralement dissimulés du regard public car ils contredisaient radicalement l’évangile féministe. Par contre, ces résultats surprenants sont corroborés par d’autres études scientifiques menées entre autre par Denis Laroche, chercheur à l’institut de statistiques du Québec qui confirme que « 3,9 pourcent des hommes québécois et 2,9 pourcent des femmes ont été victimes de violence conjugale de la part de leur conjoint actuel (en 1999). » Avant de balancer des chiffres à tout vent, il faudrait apprendre à vérifier vos sources.
 

Vous poursuivez : «…la majorité des enfants des femmes victimes d'agression sont présents lorsque le conjoint inflige des blessures et des souffrances à leur mère. » Encore une fois, il s’agit d’une présentation tendancieuse de la nouvelle. La violence n’a pas de sexe. Par contre, les propagandistes à la solde du féminisme déviant sont légions. Dommage que vous ayez pris le parti de laisser au vestiaire votre faculté de discernement avant d’entreprendre la rédaction de votre article haineux envers la moitié de la population. 

En guise de conclusion, je vous suggère la lecture de l’ouvrage collectif intitulé « 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? » publié récemment par les éditions Café Crème. Vous y apprendrez comment notre bon gouvernement a menti à toute la population pendant plus de 30 ans dans le but de faire adopter une politique sexiste autorisant les mesures arbitraires, les détentions illégales et les procès staliniens. Maintenant que nous sommes informés que le roi est nu, qu’attendons-nous pour exiger de ce même gouvernement la répudiation de cette politique absurde où tolérance zéro rime trop souvent avec intelligence zéro ?

Cordialement,

Hermil LeBel

Bisbille 101