Voici le dernier rapport des statistiques
policières sur les infractions de violence conjugale au
Québec, portant
sur
l’année 2008 ?
Malgré l’ajout d’une nouvelle catégorie
d’infractions (les appels obscènes et l’intimidation de la part
du
conjoint, d’un ex-conjoint ou d’un ami intime), le nombre et le
taux des infractions de violence conjugale subies par les femmes a
diminué pour
la deuxième année consécutive au Québec,
alors que celui des hommes
continue
d’augmenter depuis sept années consécutives…
En somme, malgré des campagnes annuelles très
agressives menées
par le ministère de la Condition féminine du
Québec pour inciter les
femmes à
signaler la violence conjugale subie à la police, le taux des
infractions
subies par les femmes, signalées par les victimes
elles-mêmes ou par
une tierce
partie, ne présente aucune augmentation nette au cours des huit
dernières
années. Et malgré l’absence totale de toute campagne de
sensibilisation
du public au problème de la violence conjugale subie par les
hommes, ce
taux a
augmenté de 50 %, constituant la preuve irréfutable
que la violence
conjugale
subie par les hommes est nettement plus sous-déclarée que
celle subie
par les
femmes. En dépit de ces chiffres, il y a un déni agressif
par des
organismes
gouvernementaux noyautés par les féministes, par de
nombreux groupes de
pression féministes financés par les fonds publics et par
certaines
féministes
militantes des milieux académiques dont les salaires sont
payées par
les fonds
publics, que la violence conjugale subie par les hommes constitue un
problème
social significatif.
Si bien qu’il n’y a pour ainsi dire aucune ressource
digne de ce nom pour venir en aide aux hommes victimes de violence
conjugale,
qui se trouvent ainsi victimisés deux fois. Une première
fois par leur
conjointe et une deuxième fois par le lobby féministe qui
est incapable
d’admettre
que ces hommes puissent avoir besoin d’aide. Ils sont souvent
même
victimisés trois fois, car si une tierce partie signale leur
situation
à la
police, il y a de très fortes chances pour qu’ils soient mis en
état
d’arrestation et chassés de leur domicile par une ordonnance de
la cour
émise de manière expéditive et mécanique.
Les plus vulnérables d’entre
eux au plan psychologique choisiront souvent de se donner la mort; un
grand
nombre des autres sombreront dans la dépression ou la maladie
mentale
et iront
joindre les rangs des itinérants sans domicile.
Néanmoins, le ministère de la Condition
féminine s’obstine à
gaspiller année après année des sommes importantes
qu’il consacre
uniquement à inciter les femmes à déclarer
davantage la violence
conjugale
subie, alors qu’il omet systématiquement d’inciter les hommes
victimisés à en faire de même et à les
assurer que leur appel à l’aide
sera entendu au même titre que celui des femmes. Voilà un
exemple très
concret
et très réel de la discrimination sexiste
pratiquée par la ministre de
la
Condition féminine. Le plus navrant, c’est que cette situation
ne
constitue qu’un exemple maintenant patent d’une pratique qui se
répète de façon presque
généralisée dans un grand nombre de
ministères
et d’organismes
du gouvernement du Québec, en vertu de la laquelle les hommes
sont
traités
comme des citoyens de deuxième classe, les nouveaux ilotes
produits en
masse
par nos féministes institutionnelles.
Par ailleurs, ce rapport du ministère de la
Sécurité
publique
semble également montrer que la critique adressée
à Mme Pelchat par
L’après-rupture a atteint sa cible et que celle-ci n’ait pas
apprécié de se voir contredite à chaque
année par les publications
annuelles de
ce rapport, qui rappelait à chaque année en introduction
que les
données
policières ne présentent qu’un portrait partiel de la
situation
d’ensemble de la violence conjugale et que seules les données de
l’Enquête sociale générale permettent d’obtenir une
image plus
complète de l’ampleur de la violence conjugale au Québec,
y compris
celle
subie par les hommes.
Pour la première fois depuis près d’une
décennie, le
rapport
annuel du ministère de la Sécurité publique ne
fait aucunement mention
de
l’Enquête sociale générale. On fait comme s’il n’y
avait
qu’une seule source de données sur la violence conjugale (celle
que
préfère Mme Pelchat). On omet, pour la première
fois, de souligner les
distinctions méthodologiques entre les données
policières de la DUC2,
qui
donnent une vision très partielle de l’ampleur de la violence
conjugale
au Québec, et les données de l’Enquête sociale
générale qui permettent
d’en obtenir une évaluation plus complète.
Il semble que le ministère de la
Sécurité publique ait
décidé de
supprimer ces précisions méthodologiques essentielles
pour ne pas
heurter de
front les convictions idéologiques étroites de Mme Pelchat. Allant
à l’encontre de tous les experts en la matière, Mme
Pelchat a décrété
en
vertu des pouvoirs dont elle est investie en tant que présidente
du
Conseil du
statut de la femme que les données policières de la DUC2
s’opposent aux
résultats de l’ESG (Enquête sociale générale).
Et il faut que son ignorance absolue des questions
méthodologiques ait
force de
loi.
Voilà maintenant la seule raison d’être du
Conseil du statut
de la femme qui s’est constitué en tribunal d’Inquisition (comme
au
temps de Galilée) pour décider de ce qui reçoit
l’imprimatur de la
rectitude politique «scientifique» féministe et de
ce qui ne le reçoit
pas.
Voilà un exemple concret de l’obscurantisme moyenâgeux
auquel nous a
mené
le féminisme radical et institutionnel dont Mme Pelchat est
l’adepte
avouée. Comme au temps de la grande noirceur, la censure
effectue un
retour en
force au Québec. On ne veut pas que la population soit
contaminée avec
des
idées subversives comme le fait qu’il y a
autant d’hommes que de femmes victimes de violence conjugale ou que le
chiffre de 300 000 femmes battues à chaque année au
Québec était une pure
invention du Ministère de la Santé et des Services
sociaux en 1985.
Welcome to the Brave New World of feminist science...
Jean-Pierre
Gagnon, responsable de recherche
et
l’équipe de L’APRÈS-RUPTURE