| Violence conjugale: Interprétation
dramatique et biaisée Toujours les hommes coupables - les femmes victimes Prix Citron de L'après-rupture à Éric Thibault de l'agence QMI |
Lettre
ouverte
L'après-rupture
5 avril 2011
PRIX
CITRON DE
L’APRÈS-RUPTURE AU JOURNALISTE ÉRIC THIBAULT DE L'AGENCE
QMI…
Un
article trompeur sur la
violence conjugale, sur le site Canoe
En se référant au dernier rapport du
ministère de
En premier lieu, cet article affirme que « Les policiers de la province
ont enquêté sur un total de 18 180 infractions
criminelles commises dans
un contexte conjugal en 2009, un triste record depuis le début
des années 2000 ». Sur la base de
cette information, on pourrait penser que cette affirmation s’applique
tout
spécialement à la violence conjugale subie par les
femmes. Il n’en est rien. Le
journaliste n’a pas fait son travail convenablement.
En fait, l’affirmation voulant qu’il s’agisse d’un record
depuis
l’an 2000 est véridique en ce qui a trait aux infractions de
violence conjugale
subies par les hommes, mais pas en ce qui a trait aux infractions
subies par
les femmes. Les données de 2009 font état de 14 891
infractions subies par
les femmes, alors que les données de 2006 faisaient état
de 14 949
infractions, soit 58 infractions de plus qu’en 2009. De plus, si le
total des
infractions de 2009 est plus élevé, cela résulte
en grande partie de l’ajout de
deux nouvelles catégories d’infractions de violence conjugale
à compter de
2008, soit l’infraction « d’intimidation » et
celle « d’appels
téléphoniques indécents ou
harassants ». Si l’on soustrait les infractions
relatives à ces deux nouvelles catégories d’infractions
du grand total des
infractions observé en 2009 (afin de le rendre comparable
à ceux des années
antérieures à 2008), on constate que le total
ajusté ainsi obtenu pour l’année
2009 chez les femmes, soit 14 524 infractions, serait
inférieur à celui
enregistré en 2006 et à celui enregistré en 2005
(Source : Statistiques 2009 sur la criminalité
commise
dans un contexte conjugal au Québec, ministère
de
En matière de statistiques sur la violence conjugale,
il en va de
même que dans la plupart des autres domaines : c’est la
tendance à long
terme qui est révélatrice. Les fluctuations annuelles
sont souvent de faibles
ampleur et varient en général de manière
aléatoire, car elles dépendent d’une
multitude de facteurs. Si l’on examine
les données du tableau B (p. 19) du rapport du ministère
de
Ainsi, le dernier rapport du ministère de
Après avoir affirmé que la violence conjugale
a atteint en 2009 des
niveaux jamais atteint auparavant, le journaliste Eric Thibault
s’emploie à
dresser une liste d’infractions en mentionnant que celles-ci sont plus
élevées
en 2009 qu’en 2008 : « Les meurtres (17,
comparativement à 12 en 2008), les tentatives de meurtre (31 par
rapport à 22),
les agressions sexuelles (423), les séquestrations (474), les
appels harassants
(438), les menaces (2 615), le harcèlement criminel (1 962) et
les voies de
fait (12 124) sont autant d’infractions perpétrées plus
fréquemment en 2009 que
durant l’année précédente ». Une
telle liste peut être fort trompeuse, en laissant faussement
l’impression que
s’applique à chacune de ces infractions l’affirmation ayant
trait à l’ensemble
des infractions (c’est-à-dire l’atteinte d’un sommet encore
inégalé) Ce serait faire fausse route. Ce
qui est vrai
pour l’ensemble des infractions est également vrai pour chacune
d’entre elles.
L’important est la tendance à long terme, car les
résultats pour chacune des
infractions ne varient pas à l’unisson et ont
généralement tendance à varier de
façon aléatoire d’une année à l’autre.
Ainsi, quand on considère ces infractions sur
l’ensemble de la décennie
2000-2009, on constate que les résultats de 2009 ne constituent
pas un niveau
exceptionnellement élevé pour la grande majorité
de ces infractions. À titre
d’exemple, le nombre des homicides conjugaux en 2009 était moins
élevé que
celui de 2000, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2006 (Source : Statistiques 2009 sur la criminalité commise
dans un contexte conjugal au Québec, ministère de
En ce qui concerne les voies
de fait, il est vrai que cette catégorie est en augmentation
depuis l’an 2000,
particulièrement en ce qui a trait aux voies de fait de niveau 2
(« les
voies de fait de niveau 2 consistent à porter, à utiliser
ou à menacer d’utiliser
une arme ou une imitation d’arme en se livrant à des voies de
faits (art.
267.a.). Elles consistent aussi à infliger des lésions
corporelles en se
livrant à des voies de fait (art.267.b) »). La hausse
des voies de fait de
niveau
Par ailleurs, il faut savoir que les données
policières minimisent
très fortement l’ampleur de la violence conjugale en
général et
particulièrement l’ampleur de la violence conjugale subie par
les hommes, comme
le démontrent les résultats des enquêtes sociales
générale de Statistique
Canada de 1999, de 2004 et de 2009. Ces trois enquêtes montrent
que les taux de
prévalence de la violence conjugale subie de la part du conjoint
actuel ou d’un
ex-conjoint sont comparables chez les hommes et les femmes (tant les
taux de
prévalence annuelle que les taux de prévalence sur cinq
ans). Ces enquêtes
montrent également avec constance que les taux de
prévalence de la violence conjugale
subie de la part du conjoint actuel (en d’autres termes, la menace
toujours PRÉSENTE
de la violence conjugale) sont nettement plus élevés chez
les hommes que chez
les femmes (car ces dernières mettent fin beaucoup plus
rapidement que les
hommes à une relation où elles sont aux prises avec de la
violence).
Dans une bonne partie des cas, cette violence
présente subie par
les hommes est également subie par leurs enfants, car la
violence d’un conjoint
violent (qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme) prend souvent pour
cible tant
le conjoint que les enfants. Le fait de banaliser et de minimiser la
violence conjugale subie par les hommes a
souvent pour
effet de minimiser et de banaliser la violence également subie
par leurs
enfants et contribue à perpétuer le
phénomène de la transmission
intergénérationnelle de la violence. Cette attitude de
déni du gouvernement du Québec,
qui lui est dictée par les groupes de pression
féministes, est à proprement parler
tout à fait scandaleuse
Au reste, le nombre d’hommes victimes de violence conjugale
n’est
pas trivial. Il dépasse maintenant le nombre de 3000 victimes
annuellement,
même s’il demeure encore nettement inférieur à
celui du nombre des femmes
victimes de violence conjugale. Cependant, les hommes comptent
maintenant pour 18%
du total annuel des victimes de violence conjugale dont la situation a
été
signalée aux services policiers. Si les hommes victimes de
violence conjugale
recevaient un traitement comparable aux femmes victimes de violence
conjugale, ils
devraient pouvoir bénéficier d’un budget avoisinant les
13,5 millions de $
(soit un montant correspondant à 18% de l’enveloppe totale de 75
millions de $
accordée annuellement aux seules ressources en
hébergement pour femmes victimes
de violence). La triste réalité, c’est qu’il n’existe
présentement à peu près
aucun budget accordé par le gouvernement du Québec pour
venir en aide aux
hommes victimes de violence conjugale. Et s’ils s’adressent aux
services
sociaux, ils se voient souvent opposés une fin de non recevoir,
quand on en les
menace pas de faire venir la police La seule réponse officielle
du gouvernement
du Québec à l’endroit des hommes victimes de violence
conjugale, c’est le déni,
la minimisation et la banalisation de la violence conjugale qu’ils
subissent.
L’ÉQUIPE DE L’APRÈS-RUPTURE
Si le nombre
d’infractions augmente
sur cette période de dix ans, il faut savoir que la population
augmente aussi
pendant le même période. Si la population augmente
à un rythme plus rapide que
les infractions, alors le taux des infractions diminue. Si la
population
augmente au même rythme que les infractions, alors le taux des
infractions
reste constant. Pour s’assurer que l’on parle de choses
comparables,
si l’on veut comparer 2009 à 2000 par exemple, il faut s’assurer
que
les unités de mesures que l’on utilise sont comparables. La
seule façon
de s’assurer de la comparabilité des unités de mesure que
l’on
utilise, c’est d’utiliser des taux pour une tranche donnée
de la
population. Dans le cas des infractions de violence conjugale, le
ministère de
la sécurité publique utilise des taux par 100000
habitants. Pour vérifier si les
résultats de l’année 2009 en matière de violence
conjugale constituent
vraiment un record, il faut consulter les taux annuels de la violence
conjugale
subie par les hommes et les femmes et examiner comment ces taux
évoluent entre
2000 et 2009 (voir le tableau C, à la page 20 dans Statistiques 2009 sur la
criminalité commise dans un contexte conjugal
au Québec,
[En ligne] http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/statistiques/violence_conjugale/2009/violence_conjugale_2009.pdf.