Comment
le
patriarcat a frappé son propre iceberg
Barbara Kay
Texte
original, en ligne:
2 Mars 2010
Le Titanic a
coulé en 1912
suite à une collision avec un iceberg. Des
2 200 personnes à bord, 1 517
moururent. Le Lusitania a coulé en 1915 atteint par une torpille
d’un U-boat
Allemand. De près de 2000 personne à son bord, 1 200
périrent. En plus du
nombre semblable de passagers à leurs bords, la composition
démographique des
deux navires – adultes, enfants, hommes, femmes, vieux, jeunes –
était également
semblable.
Deux
différences majeures
distinguent cependant les deux tragédies. La première est
que le Lusitania a
coulé très rapidement, quelques minutes après
avoir été frappé, alors que le
Titanic prit quatre heures pour disparaître sous les flots.
L’autre différence
est que dans le cas du Titanic, la plupart des survivants furent des
femmes et
des enfants : 75% des femmes et la presque totalité des
enfants
survécurent contre seulement 20% des hommes, alors que sur le
Lusitania, pour les 639 survivants ce fut
une question
de « sauve qui peut » (en français dans le
texte). Les mieux adaptés,
hommes ou femmes, eurent le plus de chance de survivre.
Selon une nouvelle
étude (http://www.theglobeandmail.com/news/technology/science/time-crunch-fuels-me-first-survival-instinct-study/article1486354/published
) dans les Proceedings
of the
National Academy of Sciences, l’altruisme du Titanic et la durée
en temps du naufrage
sont liés par causalité. Benno Torgler, auteur de
l’étude et professeur
d’économie à l’Université de Technologie du
Queenland en Australie, explique
que les circonstances dictent le niveau d’altruisme.
Selon cette étude, comme les passagers du
Titanic ont eu quelques heures pour prendre en compte leurs options,
« il
y a eu suffisamment de temps pour que les options sociales
déterminées fassent
surface ».
Le
facteur temps dans la détermination de l’égoïsme ou
l’altruisme nous frappe
comme une vision intérieure raisonnable. La panique amène
les instincts
ataviques du combat aveugle; plus de
temps permet à l’intelligence, aux émotions et aux sens – nommez-les comme vous le désirez, du
devoir,
de l’honneur, de la moralité -- de
faire
surface et de supplanter la terreur.
Maintenant,
considérons les « modèles de comportement
déterminé » qui ont permis
à tant de femmes et d’enfants du Titanic de survivre.
Le
naufrage du Titanic a eu lieu en 1912, bien avant l’émancipation
de la femme.
En fait, 1912 avant que les « lumières ne
s’éteignent en Europe »
avec la Première Guerre Mondiale, pourrait être
considéré comme le dernier
moment où le patriarcat demeurait encore presque intact et
dominait la vie des
femmes. Après la guerre, une pénurie d’hommes liée
à l’aventure des femmes en
autonomie dans la force du travail et dans leur domaine domestique, conjuguée à la disparition de
«
l’honneur » comme idéal valable causée par les
horreurs insensés d’une
guerre d’honneur, le patriarcat était sur son déclin,
l’égalité des sexes sur
sa lancée.
Ces
héros qui avaient volontairement sacrifié leur vie pour
des femmes et des
enfants avaient été éduqués dans le cœur
même d’un patriarcat robuste que les
féministes, aujourd’hui, utilisent comme mot d’ordre pour
effrayer les jeunes
filles. Selon la mystique féministe, ces hommes ont du
être contrôlants,
égocentriques, manipulateurs, et pour eux les femmes
n’étaient rien de plus que
des utilités sexuelles et domestiques, presque des esclaves. Ils
auraient été
des candidats à la gestion de la violence, et non pas
généreux à en couper le
souffle au point que ces hommes partirent vers leur tombeau liquide
pour que de
complètes étrangères puissent vivre, simplement
à cause de leur sexe.
C’est
justement pendant les crises que souvent nous apprenons beaucoup sur
nos
propres valeurs. Ainsi, cet exemple d’héroïsme masculin
lors d’une situation
existentielle aussi incontestable que l’imagination pourrait la
concevoir, et placé dans une
situation idéale pour
réfléchir sur leurs convictions les plus profondes avant
d’agir, il me semble,
reste à l’avant- plan de notre conscience collective. Parce que
ces hommes
étaient le produit d’une culture particulière, une
culture qui percevait la
chevalerie et l’honneur et le devoir comme les plus grandes valeurs.
L’expression
des ces grandes valeurs fut de privilégier la vie des femmes et
des enfants
par-dessus la leur. Et ils ont agi en fonction de cette perception.
Oui,
les femmes étaient infantilisées de plusieurs
façons par le patriarcat, et un
cynique pourrait dire que ce fut l’impulsion des hommes du Titanic. Au
moment
le plus opportun, c’est la notion que l’homme doit avant tout agir
comme
protecteur des individus vulnérables en période de danger
pour tous, s’engager
jusqu’à la mort au service des autres. Y a-t-il un acte plus
noble ou plus
généreux?
Cette
étude nous rappelle que l’héroïsme du Titanic fut un
phénomène réfléchi, et un
dont les féministes refusent de discuter (j’ai essayé).
Au
lieu de faire de la fixation sur la victimisation des femmes aux mains
des
hommes et sur la déviance des normes culturels que Marc
Lépine représentait
avec des hymnes de démonisation des hommes dans tout le pays
chaque 6 décembre,
ne serait-il pas plus sensé – et ne serait-ce pas plus
acceptable éthiquement
et unifiant socialement – de célébrer la virilité
plus représentative des
hommes chaque 15 avril, la date du naufrage du Titanic? Encore 6
semaines pour
le planifier.
Traduction:
JCB